L’attaque au couteau contre Salman Rushdie était « préméditée », selon le procureur


Le romancier et essayiste américain Salman Rushdie, à Paris, en septembre 2018.

L’attaque au couteau dont a été victime l’écrivain Salman Rushdie, vendredi, lors d’une conférence dans l’Etat de New York, était « préméditée », a déclaré au juge, samedi 13 août, Jason Schmidt, procureur du comté de Chautauqua, où a lieu l’agression.

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Inculpé pour agression et tentative de meurtre, le suspect – identifié sous le nom d’Hadi Matar – a plaidé non coupable lors de l’audience de mise en accusation. Il comparaîtra une nouvelle fois le 19 août. Le juge a ordonné sa détention sans caution après que M. Schmidt a expliqué que l’homme de 24 ans avait préparé son assaut contre Salman Rushdie, en obtenant notamment par avance un laissez-passer pour l’événement public où le romancier devait intervenir, et en arrivant un jour plus tôt, sous une fausse identité.

« Il s’agissait d’une attaque ciblée, non provoquée et préméditée contre M. Rushdie », a déclaré Jason Schmidt.

Le suspect n’a pas dit un mot

Le procureur a fait allusion à la fatwa de l’Iran dont l’auteur des Versets sataniques fait l’objet depuis trente-trois ans pour s’opposer à la libération sous caution du suspect. « Même si ce tribunal devait fixer une caution d’un million de dollars, nous courons le risque que la somme puisse être récoltée », a-t-il déclaré.

« Ses propres revenus ne comptent pas pour moi. Nous voyons que le plan qui a été exécuté hier est quelque chose qui a été justifié par des groupes et des organisations dont l’importance dépasse largement les frontières juridictionnelles du comté de Chautauqua », a ajouté le procureur.

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Le suspect a comparu devant le tribunal vêtu d’une combinaison noire et blanche et d’un masque blanc sur le bas du visage, les mains menottées devant lui. Il n’a pas dit un mot, d’après le New York Times. L’avocat commis d’office, Nathaniel Barone, s’est plaint du délai que les autorités ont mis à présenter son client devant le juge, tout en le laissant « accroché à un banc des locaux de la police d’Etat ». « Il a le droit constitutionnel à la présomption d’innocence », a-t-il déclaré.

M. Barone a expliqué après l’audience qu’Hadi Matar échangeait avec lui et qu’il allait chercher à en savoir plus sur son client, notamment sur d’éventuels problèmes psychologiques ou de dépendance à des substances.

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Un tweet rassurant sur sa santé

Lors de l’attaque, Salman Rushdie, 75 ans, a été poignardé au moins à dix reprises au cou et à l’abdomen alors qu’il s’apprêtait à prendre la parole. Il a été soigné en urgence et placé sous assistance respiratoire dans un hôpital d’Erié, en Pennsylvanie, au bord du lac qui sépare les Etats-Unis du Canada.

Peu de choses ont filtré, samedi, sur son état de santé, mais l’auteur britannique Aatish Taseer a tweeté dans la soirée : « Je viens d’avoir la nouvelle la plus excitante : Salman n’est plus sous respirateur artificiel et il parle (et plaisante). » L’agent de Salman Rushdie, Andrew Wylie, a confirmé l’information sans donner plus de détails. Le tweet de M. Taseer a ensuite été effacé.

Andrew Wylie avait expliqué, vendredi, que M. Rushdie était sous assistance respiratoire après avoir subi des blessures au foie et avoir eu des nerfs sectionnés dans un bras, et qu’il risquait de perdre un œil.

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Le Monde avec AP

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