une polémique, des failles, des intérêts et beaucoup de manipulations


 Abdoulaye Dione, ses combats et les intérêts de ses souteneurs
Le Coordonnateur du Collectif pour la défense et la sauvegarde de l’hôpital Le Dantec (CDSD), qui pilote depuis plusieurs mois les actions syndicales visant à mettre la pression aux autorités pour que le marché de la reconstruction soit confié au Sénégalais Malick Mbow, a donc profité du désarroi de plusieurs malades qui ne sont pas encore transportés vers d’autres établissements sanitaires, pour orienter l’opinion. Il a abusé du degré élevé d’empathie des Sénégalais à l’endroit des malades et joué sur les failles notées dans les dispositions de redéploiement.
  A souligner surtout que la situation des nombreux contractuels et prestataires, qui étaient engagés et payés par l’administration de l’hôpital Le Dantec et qui craignent de se retrouver au chômage après la fermeture temporaire de cet établissement fait partie de ses préoccupations majeures. D’après Dione toujours, ces contractuels représentent 90% du personnel de l’hôpital. 

Une anomalie, selon le Docteur Mohamadou Mansour Diouf. « Un hôpital dont 90% du personnel est composé de contractuels et de prestataires (certains totalisant une quinzaine d’années parfois) dont les salaires sont supportés par l’hôpital : cherchez l’erreur ! Voilà une anomalie inadmissible qui dure depuis trop longtemps et naturellement lorsque l’occasion se présente d’en finir définitivement vous comprendrez les vociférations de certains« , a déclaré le Médecin Anesthésiste-Réanimateur qui exerce actuellement à Bordeaux, mais qui a fait tout son cursus de formation à Dantec comme étudiant et Interne des hôpitaux.

« Certains ont traîné les pieds dans une mauvaise volonté manifeste pour faire obstruction au déménagement »

Le Pr Mouhamadou Mansour Diouf donne les détails d’une rencontre qui s’est tenue le 19 avril 2022, au Palais de la République entre le Président Macky Sall et les acteurs qui tournent autour du projet de reconstruction. Il s’agissait de « ​la réunion de présentation du projet de reconstruction du Centre Hospitalier À. Le Dantec dont les acteurs ne cessaient de décrier la vétusté et l’obsolescence du plateau technique ».

Monsieur Diouf d’affirmer que le ministre de la Santé et de l’Action sociale et ses services, le PCA et le Directeur de l’hôpital de le Dantec, le Président de la Commission Médicale d’Etablissement (CME), le Directeur général du FONSIS étaient présents à ladite réunion. Le chef de l’Etat qui présidait la rencontre avait instruit de finaliser les études techniques et financières en Septembre 2022, de démarrer immédiatement les travaux de construction à cette date et respecter scrupuleusement les délais de construction d’une durée maximale de 20 mois.

Selon le Dr Diouf, un plan de déménagement avec les différentes structures sanitaires d’accueil retenues a été présenté par la Directrice générale des Établissements de santé et approuvé, lors de cette réunion du 19 avril 2022.

Le Médecin Anesthésiste-Réanimateur va jusqu’à accuser certains de ses collègues d’avoir sciemment traîné le pied pour saboter le plan de redéploiement des malades. « Pourquoi certains ont traîné les pieds dans une mauvaise volonté manifeste pour faire obstruction au déménagement qui a été parfaitement bien planifié ? La vérité, c’est qu’il y a une volonté de sabotage qui ne dit pas son nom avec des desseins inavoués. Il faut savoir qu’il existe un projet de reconstruction antérieur à celui-ci. Lorsque des syndicalistes soutenus par des médecins qui se réfugient derrière les écrans réclament la « reconstruction de l’hôpital sur la base de l’ancien projet », on comprend aisément la volonté de sabotage et les desseins inavoués« .

Des failles énormes dans la la communication et la mise en exécution des dispositions prises pour déployer les malades 
Une source très proche du dossier assure qu’il y a bel et bien un plan de redéploiement des malades, avec une continuité des soins. « La communication sera faite dans les détails aux intéressés afin qu’ils ne soient pas déboussolés. Ensuite, une régulation des Urgences sera faite et gérée par le SAMU National avec les sapeurs-pompiers et les différentes structures sanitaires. L’unité de Dialyse a été déjà désinstallée et réinstallée au hangar des Pèlerins. Elle est fonctionnelle. Enfin, un Numéro Vert sera mis en place pour informer tous les patients et les rediriger où les spécialistes ont été déployés« , confie notre source.

Mais le fait est que pour un hôpital de la capacité d’accueil de Le Dantec, qui doit être fermé le 15 août, c’est-à-dire, dans moins de 5 jours, un plan de déménagement des malades et services devait être opérationnel depuis plusieurs semaines pour permettre aux principaux impactés d’être réorientés à temps. « C’est très compliqué. On parle de réunions. Mais on peut faire mille et une réunions, si les choses ne sont pas bien planifiées… avec mes collègues médecins, nous avons proposé des sites pour accueillir la chimiothérapie, mais pour qu’il y ait une continuité, comme je l’ai dit, nous faisons entre 40 et 60 chimiothérapies par jour. Donc, si on les éclate… Vous avez posé le problème des dossiers. Le dossier médical est très important. Si on avait bien préparé les choses, on aurait archivé numériquement les dossiers. C’est des dossiers partagés où on marque les protocoles, les effets secondaires, le compte-rendu opératoire… Tout ceci devait être préparé« , a déploré le Professeur Diop de l’Hôpital Le Dantec.

Qui ajoute: « Ce que je ne comprends pas, c’est cette précipitation dans le déménagement. Nous ne sommes pas contre la reconstruction. L’Etat a décidé de reconstruire, nous sommes les premiers à applaudir. Je me suis réuni avec les Chirurgiens séniors. On est en train d’identifier les meilleurs sites. Mais le problème, c’est les malades qui sont déjà programmés dans le temps. Il faut pouvoir les recontacter, les expliquer. Prenez la Radiothérapie, par exemple, j’ai discuté avec le Pr Moustapha Dieng de l’Hôpital Dalal Jamm avec ses machines qui tombent en panne. Et si ces machines fonctionnaient même, il y aurait un problème pour absorber l’ensemble des malades venus de Dantec. Et c’est un problème aussi a niveau de Touba (Hôpital) qui ne sera fonctionnel qu’en octobre. Pour contenir cela, il va falloir mettre en place une unité pour centraliser tout ça« .

Selon le Pr Diouf qui dit ne pas être contre le déménagement et la reconstruction, « si on veut vraiment réussir cette reconstruction de l’Hôpital Le Dantec, il fallait (Sic) laisser Le Dantec continuer à fonctionner tel qu’il est, construire un hôpital beaucoup plus proche des populations, parce que tout le monde sait que Le Dantec, à la pointe de Cap Manuel st inaccessible. Comme ça il n’y aurait pas tous ces problèmes de déménagement et l’entreprise de construction n’aurait de problème d’espace« .

C’est seulement hier dans la soirée de mercredi qu’un communiqué a été publié par le ministère de la Santé sur le schéma de redéploiement des services et du personnel
 

Il y a également eu un énorme déficit dans la communication de ce projet de reconstruction de l’hôpital. Pourtant annoncé depuis le 20 avril 2022 dans le communiqué du Conseil des ministres. L’opinion ne connaissant pas tous les détails, les pourfendeurs du projet ont engagé une bataille médiatique axée sur le « bradage foncier ». Un domaine qui attire particulièrement l’attention des Sénégalais. Compte tenu des nombreux scandales enregistrés sous ce régime.

De plus, il n’y a pas assez de transparence dans le processus de mise en vente des 3 hectares de terrain restants de la surface de l’hôpital Le Dantec.



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