la motion de censure de la Nupes contre le gouvernement sera débattue à l’Assemblée nationale lundi à 16 heures


Lors de son intervention devant les sénateurs hier soir, Elisabeth Borne a loué la « force d’apaisement et d’équilibre » de la chambre haute

« Je n’imagine pas la République sans le Sénat », a affirmé Elisabeth Borne dans sa déclaration de politique générale mercredi soir devant la chambre haute, en appelant à « s’inspirer » de « l’expérience » des sénateurs et en promettant d’agir « en lien étroit » avec les élus locaux.

« Vous êtes à la fois les relais des préoccupations des Français, la voix des élus locaux et des territoires, la force d’équilibre et d’apaisement de nos institutions », a salué la cheffe du gouvernement, qui avait prononcé une autre déclaration quelques heures auparavant devant l’Assemblée, lue simultanément devant le Sénat par le ministre de l’économie, Bruno Le Maire.

La locataire de Matignon a de nouveau défendu la nécessité de « bâtir ensemble » des compromis, faute d’avoir une majorité absolue à l’Assemblée, tandis que le camp présidentiel est minoritaire au Sénat, dominé par la droite. Elle a affirmé que, « dans certains domaines et pour certains textes, au-delà de ce que la Constitution prévoit, le travail parlementaire pourra[it] commencer dans cet hémicycle avant de se prolonger à l’Assemblée ».

Mme Borne a aussi promis d’agir « en lien étroit avec les élus locaux » auxquels elle a rendu « hommage » notamment pour le rôle qu’ils ont joué contre le Covid-19, avant de décliner son programme en faveur du pouvoir d’achat, du plein-emploi, de l’écologie, de l’égalité et des souverainetés.

Dans une atmosphère plus apaisée qu’au Palais-Bourbon, les présidents des différents groupes de sénateurs ont insisté, dans la foulée, sur la nécessité de changer de méthode face à « un moment charnière de [l’]histoire », comme l’a noté le président du groupe du Rassemblement démocratique et social européen, à majorité radicale, Jean-Claude Requier.

Premier orateur, le président du groupe Les Républicains, Bruno Retailleau, a déploré une fracturation du pays « qui s’est aggravée », estimant que « Jupiter s’est transformé en Gulliver pris dans les fils de ses propres contradictions ». « Si vous souhaitez retrouver la confiance des Français, renoncez à l’“en-même-temps”. Faites des choix clairs », a-t-il lancé à Elisabeth Borne, invitant aussi l’exécutif à « respecter » le Parlement.

La situation, « si inquiétante soit-elle, peut-être le ferment d’un renouveau institutionnel », a estimé, pour sa part, le chef des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, tandis que la présidente du groupe CRCE (pour « communiste, républicain, citoyen et écologiste »), à majorité communiste, Eliane Assassi, a plaidé pour « imaginer un régime parlementaire véritablement ouvert ». Le chef de file des écologistes, Guillaume Gontard, a invité à prendre « le temps de faire moins de lois et de meilleures lois ».

« Majorité et opposition républicaines sont condamnées à se supporter », a jugé Claude Malhuret, président du groupe Indépendants, notant que, en entrant à Matignon, Elisabeth Borne a accepté le rôle de « démineuse en chef ». Dernier orateur, le sénateur RN Stéphane Ravier a dénoncé dans le « contexte d’hypercrise », un choix de la continuité fait par le gouvernement.

En réponse aux interventions, Elisabeth Borne a estimé que, « dans la situation inédite que connaît [le] pays, le Sénat sera plus que jamais un pôle d’équilibre et de stabilité », ajoutant que « vouloir construire des compromis, ça ne veut pas dire être d’accord sur tout ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Releated