Eric Coquerel reste soutenu à gauche malgré une plainte contre lui pour « harcèlement sexuel »


Eric Coquerel a continué de bénéficier du soutien de figures de gauche après la plainte pour harcèlement sexuel déposée contre lui par Sophie Tissier, lundi 4 juillet. La militante de gauche y évoque des faits « pouvant s’apparenter à une agression sexuelle ». Le mis en cause, député (La France insoumise, LFI) de Seine-Saint-Denis et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, conteste ces accusations.

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Invitée sur BFM-TV lors de ce week-end, Mme Tissier avait dénoncé « des gestes déplacés, des mains baladeuses », lors d’une soirée organisée par LFI à Grenoble en août 2014, évoquant « un regard salace, gluant », « une drague lourdingue » et un comportement « outrancier, offensant, harcelant » de la part du député. Selon elle, Eric Coquerel lui aurait, en outre, adressé des textos dans lesquels il lui proposait de l’emmener à son hôtel. Sophie Tissier a aussi affirmé, dimanche, avoir effectué un signalement au comité de suivi des violences sexuelles de La France insoumise.

Invité d’Europe 1 mardi matin, le député (LFI) des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, a soutenu Eric Coquerel, qui a selon lui « toute légitimité à continuer son travail ». « Personne n’a jamais défendu l’idée que toute personne, quelle que soit la nature des accusations, devait démissionner de son mandat politique » en cas d’accusations visant un comportement sexuel répréhensible, a-t-il souligné. « D’abord, il faut regarder s’il y a des témoignages, deuxièmement s’ils sont circonstanciés, troisièmement si la nature des faits en question s’apparente, par exemple, à des viols, des harcèlements sexuels ou des agressions sexuelles », a-t-il poursuivi, avant de juger que « la justice fera son travail » puisqu’elle est saisie.

« Vous ne pouvez pas tout mélanger »

Le député a également refusé de faire un parallèle entre le cas de Damien Abad, l’ex-ministre des solidarités écarté du gouvernement après l’ouverture d’une enquête préliminaire pour tentative de viol, et celui d’Eric Coquerel. A ses yeux, « toutes celles et ceux qui essaient de mettre sur le même plan ces deux cas de figure sont d’une mauvaise foi criante et totale ».

Son collègue Adrien Quatennens, député (LFI) du Nord, avait dit peu ou prou la même chose lundi soir, sur LCI. Il avait appelé à ne pas « dresser de signe égal » entre les deux affaires, jugeant incomparables les accusations contre Damien Abad, selon lesquelles il a « potentiellement drogué et violé », et celles contre Eric Coquerel, visant une « drague insistante il y a huit ans », venant d’une plaignante ayant elle-même déclaré ne rien y voir de « pénalement répréhensible ». « Vous ne pouvez pas tout mélanger et faire un pot commun avec tout cela », a estimé M. Quatennens.

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Il a appelé à « regarder précisément aussi qui sont les personnes qui se font les relais de rumeurs, quelles sont leurs intentions politiques », car « on peut aussi ne pas être naïf » – ce qui ne « remet pas en cause le mouvement MeToo ni la juste cause des femmes », a-t-il précisé. La droite et le Rassemblement national avaient tout fait, au cours de la semaine dernière, pour empêcher l’élection d’Eric Coquerel à la tête d’une des commissions de l’Assemblée les plus influentes, dont le président est habilité à recevoir des informations fiscales confidentielles.

Un temps candidate à l’investiture pour le poste, contre M. Coquerel, la socialiste Valérie Rabault a appelé lundi soir dans l’émission « Audition publique » de LCP, Public Sénat et Le Figaro, au respect de la présomption d’innocence, un « principe très important ». « Puisqu’il y a eu un dépôt de plainte, je souhaite que la justice puisse traiter rapidement cette affaire », a-t-elle poursuivi, ajoutant avoir été « sidérée que la journée d’hier [dimanche] ne se soit concentrée que sur cette question-là, alors même que personne ne parle des déficits de l’Etat, qu’on a des matières premières pour lesquelles on n’arrive pas à s’approvisionner ». « J’aimerais bien qu’on parle des vrais sujets », a-t-elle ajouté.

Le Monde



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