Interdiction d’exporter le bétail : un allègement de la mesure


Publié le
30.06.2022 à 16h18
par
Fatoumata Maguiraga

Le ministère de l’économie a levé la mesure d’interdiction d’exporter le bétail malien dans la sous région, en vigueur depuis janvier 2022. Pour la période du 27 juin au 9 juillet 2022, cet allègement est « un soulagement » pour les exportateurs et ne devrait pas contribuer à renchérir davantage les coûts en cette veille de Tabaski pour les clients maliens.

 Ce sont au total 11 000 têtes d’ovins et 600 bovins qui seront autorisés à être exportés vers la Côte d’Ivoire et le Sénégal. 

Un nombre peu  important qui ne devrait pas créer de pénurie, estime Aboubacar Bah, le président de la filière bétail viande du Mali (FEBEVIM). « Mais c’est difficile que les prix soient accessibles », s’empresse t-il d’ajouter. Si l’Etat ne  s’implique pas  par exemple pour trouver des solutions aux problèmes dans les zones de ravitaillement de Bamako.  Parce que cette année, jusque là il y a encore peu de mouvement vers Bamako à partir de Bankass où «  il y a un mouvement d’humeur » et de Boni où il y a un blocus imposé par les terroristes.

 

 

Dans ce contexte, c’est la région de Kayes qui est devenue la grande région de production.  Habituellement, les Mauritaniens amenaient leurs animaux au Mali pour être vendus. «  Le Mali exporte en partie le cheptel mauritanien, même si nous avons un cheptel plus important », précise M. Bah. En fait nous partageons à la fois les pâturages et certains marchés.  Difficile donc souvent de faire la différence entre les 2 cheptels. « De part et d’autre les animaux vont et viennent indifféremment ». 

Déplorant l’absence de pâturage, le président de la FEBEVIM rappelle que « l’élevage répond à des critères ».  Il nous faut donc en disposer si nous voulons être «  un pays d’élevage ». 

Des prix peu  abordables

Si le marché des moutons commence à être fourni, les prix ne risquent pas d’être aussi abordables que les clients le souhaitent. 

Même si le directeur national des productions et industries animales (DNPIA), M.Kalifa Dembélé explique que « cette année nous n’avons pas connu une flambée des prix  et de  baisse des flux », le marché qui n’a pas encore atteint son top niveau, poursuivra dans sa dynamique.

Mais quelques facteurs peuvent expliquer ces prix qui restent peu accessibles pour le consommateur moyen.  Il s’agit notamment de l’insuffisance d’aliment bétail sur le marché, la production nationale ne couvrant  pas les besoins. 

 

Selon le relevé hebdomadaire  du 20 au 26 juin 2022 des prix de la DNPIA, les prix moyens pour les moutons étaient de 72 500 FCFA à Kayes, 97 500 FCFA à Sikasso et 107 500 à Bamako. 

Pour palier le problème d’aliment bétail destiné à l’évolution que l’Etat subventionne chaque année, les responsables invitent les éleveurs à « s’investir dans les cultures fourragères pour amoindrir le coût de l’alimentation et donner des produits de meilleure qualité ».

Pour contribuer davantage à la stabilisation des prix, un espace de vente promotionnelle est aussi prévu du 2 au 8 juillet 2022.

 Fatoumata Maguiraga



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