Réintégrer les soignants non vaccinés : combien et comment ?


Lors d’une manifestation devant le CHU de Bordeaux, le 9 août 2021.

« Quand on ne sera plus en phase aiguë [de l’épidémie], on le fera. » Comprendre : on les réintégrera. Le 29 avril, le président de la République, Emmanuel Macron, réouvrait la porte aux soignants non vaccinés, mis au ban des hôpitaux en septembre 2021. Deux semaines plus tard, c’était au tour d’Olivier Véran d’évoquer une saisie de la Haute Autorité de santé (HAS) à leur sujet. Deux arguments circulent pour leur réintégration : la phase descendante de l’épidémie (environ 22 000 nouveaux cas au 21 mai), et la nécessité de bras dans un hôpital en manque de soignants.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Hôpital : la crise ne cesse d’enfler aux urgences

« On ne peut pas se passer des 15 000 personnes suspendues, même si elles ont fait une erreur, déclarait ainsi le 17 mai le président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France, Patrick Pelloux, au Parisien. Il faut une amnistie. » Un doute demeure sur leur nombre. Et leur réintégration nécessitera davantage qu’un avis de la HAS.

43 sur 16 010 à Toulouse

Mi-octobre 2021, le ministère de la santé avait avancé le pourcentage de 0,6 % de suspension des 2,7 millions de professionnels de santé soumis à la vaccination obligatoire. Etaient concernés les salariés des hôpitaux, cliniques et maisons de retraite, ainsi que les soignants libéraux, aides à domicile, pompiers et ambulanciers.

Les mois passent, sans autre chiffre officiel, et il est probable que le nombre de suspensions ait diminué. A l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, 17 suspensions demeurent aujourd’hui sur les 12 000 agents (contre 57 au plus haut). Au centre hospitalier universitaire de Toulouse, ils sont 43 sur 16 010. A Roubaix, 8 personnes sont concernées sur les 3 300 employées par le centre hospitalier. Pour l’hôpital Bichat de Paris, ils ne dépassent pas une vingtaine. Des chiffres qui mélangent soignants et personnels administratif, et qui ne tiennent pas compte des personnes en arrêt de travail depuis l’obligation.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Au SAMU de Bordeaux, répondre aux appels quand les urgences fonctionnent au ralenti

Selon les remontées des établissements de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui ne dispose pas non plus de chiffres précis, le phénomène des suspensions demeure « très marginal », d’après son président Frédéric Valletoux. Son homologue Maxime Morin, référent affaires médicales à la Conférence nationale des directeurs de centres hospitaliers, partage ce constat. « Ce sont des cas isolés, explique-t-il. L’impact sur nos services est plutôt faible au regard de nos autres problèmes de recrutement. »

Un long parcours juridique en vue

L’obligation de vaccination, Frédéric Valletoux estime nécessaire de la maintenir : « C’est une question de principe, ça donnerait un très mauvais exemple à ceux qui ne le souhaitaient pas mais se sont vaccinés pour respecter la règle. »

Il vous reste 22.27% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Releated