UNE COLONNE DU TEMPLE S’EFFONDRE. MARIE JOSEPHINE DIALLO N’EST PLUS


Rarement j’ai été ainsi contrarié. Entre respecter ton légendaire silence, ce silence que tu as toujours adulé et  qui faisait singulièrement ton identité et laisser parler mon cœur, te dire un dernier au-revoir, mon cœur balance. 

Je prends le pari de parler. Je choisis de te parler, tata, pour une dernière fois, en ce jour où tu entres, pour l’éternité, au cimetière catholique de Bel air, dans la demeure du Silence. 

J’entends encore résonner ta douce voix me dire… mon cher neveu. Durant tes Vingt-six longues et exaltantes années à la tête de l’Administration de l’assemblée nationale du Sénégal, j’ai eu la chance de te côtoyer. Pour certains, c’est peut-être le temps d’un soupir, mais pour moi, ce fut une période au cours de laquelle je ne me suis pas gêné de m’abreuver à la source de ta science de l’administration et des procédures. 

Il fallait s’appeler Marie Joséphine, il fallait avoir ta   dimension, ta carrure pour, en même temps, faire œuvre de fermeté, de courtoisie, de sagesse, de professionnalisme et d’impartialité. Il fallait être toi et rien que toi pour porter sur tes épaules les exigences de cinq Présidents de l’Assemblée Nationale. 

Tu as été la demeure du silence dans un temple où la parole se démocratise, pour porter au pinacle de sa beauté l’administration parlementaire. Respect !

Aujourd’hui, mon cœur saigne. Car, en effet, lors de notre notre dernière rencontre, quand le diocèse de Dakar, parmi un cercle restreint de laïcs, honorait ton engagement en te  décorant, je dormais dans les abysses de la caverne de l’homme impotent. Jamais je n’aurai imaginé que ma tata s’en irait si furtivement. 

Fervente catholique, grande commis de l’Etat, femme de valeur et de principes, tu as su remplir ta vie et de fort belle manière. 

Un symbole tu fus, une icône tu resteras pour l’Institution parlementaire, ta deuxième maison. 

De quoi pourrais-je me consoler ? De rien en réalité. Même le souvenir de ta mémoire vivante ne saurait combler ma peine. 

Je forme le vœu que ton amour de l’Etat, de la République, ton sens du service total et désintéressé soient une encre qui marquera à jamais, tes proches et l’Assemblée nationale que tu as servie avec loyauté et dévouement. 

Maintenant que l’Assemblée des Anges t’accueille, bon et fidèle serviteur de Dieu et des hommes. 

Moïse SARR,
SE-MAESE
Ton cher neveu.



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