McDonald’s se retire entièrement de Russie


L’enseigne aux arches dorées va disparaître des paysages urbains russes. McDonald’s a en effet annoncé, lundi 16 mai, sa décision de quitter la Russie. La communication du géant américain a pris la forme d’un courrier envoyé par son PDG, Chris Kempczinski à la « Global McFamily ». L’occasion de rappeler que le leader mondial du fast-food s’était installé dans ce pays il y a trente-deux ans. La première ouverture très médiatisée d’un établissement place Pouchkine, à Moscou, en janvier 1990, dans ce qui était encore l’URSS, avait suscité une forte affluence de clients désireux de s’offrir leur premier hamburger « made in USA ». Tout un symbole de la fin de la guerre froide.

Depuis le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes, le 24 février, McDonald’s, comme de nombreuses entreprises étrangères, était confrontée à la question de l’attitude à adopter. Fin février, l’enseigne de restauration rapide a suspendu ses activités en Ukraine puis le 8 mars, elle a décidé de faire de même en Russie. Elle expliquait alors fermer temporairement les portes des restaurants en place. Une prise de position qui touchait les établissements qu’elle détient en propre.

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Habituellement, la stratégie de développement international de McDonald’s repose en priorité sur un modèle de franchise. Toutefois, en Russie, l’entreprise américaine a déployé à grande échelle ses propres établissements. Sur les 850 restaurants qu’elle revendique dans ce pays, moins de 20 % seraient entre les mains de franchisés. Ces derniers ont donc parfois fait le choix de continuer l’activité malgré la prise de position de la maison mère. Il était donc encore possible de consommer des Big Mac en Russie.

En mars, « nous gardions espoir que la paix revienne vite dans la région », souligne M. Kempzinski, dans son courrier. Las, deux mois plus tard, le géant américain franchit une nouvelle étape. Son intention est maintenant de démonter entièrement l’enseigne aux arches dorées sur l’ensemble du territoire russe, de Saint-Petersbourg à Moscou, en passant par Nijni Novgorod et Vladivostok, et d’arrêter toute commercialisation de menus et de produits siglés McDonald’s. Il gardera toutefois la propriété de la marque. L’entreprise affirme en conséquence mettre en vente l’ensemble de ses restaurants et assurer la rémunération des plus de 60 000 salariés jusqu’à la transaction.

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Charge comprise entre 1,2 et 1,4 milliard de dollars

Ce retrait d’un pays majeur, qualifié de première dans l’histoire de l’entreprise, a un coût. McDonald’s estime qu’il devra inscrire dans ses comptes une charge comprise entre 1,2 et 1,4 milliard de dollars (1,15 à 1,34 milliard d’euros). Dans le communiqué financier publié en avril portant sur l’activité du premier trimestre 2022, le géant américain avait chiffré à 27 millions de dollars (25,9 millions d’euros) le coût des salaires et autres versements dus aux fournisseurs à la suite de la suspension de son activité en Russie et en Ukraine sur cette période. A cela, venait s’ajouter un montant de 100 millions de dollars (95,9 millions d’euros) liés aux pertes dans la chaîne d’approvisionnement.

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