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Près de Cherbourg, des baies coulissantes sur la Manche


Une surface de 12 mètres carrés… mais avec vue sur la mer, dans le cabanon de Guillaume Aubry près de Cherbourg.

C’est à cet endroit précis, en bord de Manche, à côté de Cherbourg, que des Vikings auraient débarqué au IXe siècle. Il n’en fallait pas plus pour stimuler l’imaginaire de l’architecte et artiste Guillaume Aubry, membre de l’agence parisienne Freaks Architecture, lorsqu’il découvre cette cabane sur Leboncoin en 2013. Depuis, cette échappée sur la mer, ce refuge personnel a pris dans sa vie une importance quasi vitale.

« Le simple fait de savoir que notre “petite maison” existe a fait du bien au moral de tous mes proches durant ces récents mois d’immobilisme et d’enfermement », confie Guillaume Aubry, qui s’y est confiné au printemps 2020. Acquise pour 25 000 euros, cette petite construction isolée sur un rocher de Fermanville était au départ un cabanon de style « marseillais » servant de refuge aux pêcheurs.

« Dormir dans ma “cabane” c’est comme dormir sur un bateau. On entend la mer, les oiseaux, le vent. » Guillaume Aubry

Sa surface de 3 mètres sur 4 mètres, soit 12 mètres carrés, correspond à peu de chose près aux dimensions de la cabane mythique où l’écrivain américain Henry David Thoreau s’isola de 1845 à 1847. « Plus jeune, j’avais justement dévoré Walden ou la Vie dans les bois, ce livre dans lequel Thoreau raconte son expérience de vie minimaliste », raconte Guillaume Aubry. Plus habitué aux grands chantiers, l’architecte parisien a mis ici les mains dans le cambouis pendant les trois ans que lui a pris la rénovation.

Dans sa petite habitation recouverte désormais d’une tôle ondulée, tout tourne autour des deux grandes baies coulissantes qui permettent de contempler un horizon sans fin. « Ce sont 12 mètres carrés avec un extérieur », sourit Guillaume Aubry. L’espace nuit a été imaginé en mezzanine pour gagner de la surface au ­rez-de-chaussée qui réunit, lui, cuisine, douche-toilettes et séjour.

« Dormir dans ma “cabane” c’est comme dormir sur un bateau. On entend la mer, les oiseaux, le vent. Les soirs de tempête, on se sent comme dans la maison des Trois Petits Cochons en espérant juste être dans celle qui résiste à la fin de l’histoire… » L’architecte a ­pourtant, depuis le début, intégré le caractère fragile et éphémère de sa construction qui, à la montée des eaux, pourrait un jour disparaître. « Je pense souvent à ce coup de téléphone d’un voisin qui me dira que ma petite maison s’en est allée au large… »

Retrouvez tous les épisodes de la série « Une cabane, un architecte »

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