Donald Trump rejette le plan de soutien à l’économie du Congrès


Devant la Maison Blanche le 22 décembre, à Washington.

Le président américain Donald Trump a rejeté mardi 22 décembre au soir le plan de relance de quelque 900 milliards de dollars adopté lundi par les représentants et les sénateurs. « Je demande au Congrès d’amender ce projet de loi et d’augmenter les ridiculement faibles 600 dollars à 2 000 dollars ou 4 000 dollars pour un couple. Je demande également au Congrès de se débarrasser des éléments inutiles et coûteux de cette loi », a-t-il exigé dans une vidéo publiée sur Twitter.

« C’est vraiment une honte », a-t-il lâché, alors que la Maison Blanche a été impliquée dans les négociations sur le texte par le biais du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin.

Sans dire explicitement qu’il ne le signerait pas, le milliardaire américain demande que lui soit envoyée une proposition de loi amendée « convenable », sans quoi il pourrait revenir à « la prochaine administration » d’adopter un plan de relance.

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Le plan adopté par les parlementaires américains lundi soir après des mois de blocage ne peut entrer en vigueur sans la signature du président. Mais il a été adopté très largement par les parlementaires (359 contre 53 représentants et 92 contre 6 sénateurs). Une majorité suffisante pour permettre d’outrepasser le veto présidentiel, si Donald Trump décidait formellement de l’utiliser.

En plus de l’envoi de chèques aux familles les plus fragilisées, au montant jugé insuffisant par Donald Trump, le plan adopté lundi par le Congrès prévoit notamment des aides aux petites entreprises et aux écoles, des allocations-chômage supplémentaires de 300 dollars par semaine ou encore une enveloppe pour la distribution équitable de vaccins contre le Covid-19.

« Presque rien à voir avec le Covid »

« Elle s’appelle loi d’aide au Covid mais elle n’a presque rien à voir avec le Covid », a estimé mardi le président, citant pêle-mêle les aides pour le Cambodge ou la Birmanie et les financements destinés à l’armée égyptienne alors que cette dernière, dit-il, « va aller acheter de l’équipement militaire quasi exclusivement russe ». Il déplore aussi que le texte prévoie des millions de dollars pour promouvoir « la démocratie et des programmes sur le genre » au Pakistan, ou pour des institutions culturelles aux Etats-Unis. Ces dispositions sont en réalité contenues dans la loi budgétaire annuelle à laquelle a été raccroché le plan de soutien. Elles ne font pas parties du plan.

La première économie du monde est tombée dans une profonde récession au printemps, la pire depuis celle des années 1930, en raison de l’arrêt de l’activité, destiné à endiguer le nouveau coronavirus et qui a provoqué un chômage massif. La pandémie est repartie de plus belle à l’automne, mettant un coup d’arrêt aux créations d’emplois et à la reprise de l’activité enclenchée à l’été.

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Le premier plan, d’un montant gigantesque de 2 200 milliards de dollars, avait été voté en urgence fin mars, lors de la première vague de la pandémie. Il comprenait des allocations-chômage exceptionnelles de 600 dollars par semaine et l’envoi de chèques de 1 200 dollars par adulte.

Le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, a quant à lui estimé mardi que le plan d’aide de 900 milliards était « un premier pas » mais qu’il ne serait pas suffisant, et a annoncé qu’il demanderait l’an prochain au Congrès de voter un nouveau plan de soutien à l’économie américaine.

« Nous devons travailler en impliquant les deux partis (républicain et démocrate). C’est seulement ainsi que nous nous en sortirons », a ajouté celui qui est un habitué des allées du pouvoir à Washington après plus de trente-cinq ans passés sur les bancs du Sénat et huit ans comme vice-président.

Le Monde avec AFP

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