à Angers, le DJ essaie de remplir le stade


Anthony Doéli dans sa cabine-régie.

Dans les travées du stade Raymond-Kopa, à Angers, une banderole déployée lors du match précédent est restée en place. « Gagnez pour vos supporteurs confinés », encourage-t-elle. Ce mercredi 16 décembre, le SCO Angers affronte le RC Strasbourg pour le compte de la 15e journée de Ligue 1. Et, comme depuis le début du deuxième confinement, les noir et blanc jouent dans leur enceinte totalement vidée de leur public. Ajoutez à cela une pluie battante tout le long de la rencontre, une nuit noire et un thermomètre qui ne dépasse pas les six degrés, tout est là pour offrir une ambiance bien morose.

« Plus on s’approche du but, plus je vais monter le volume, comme si l4986/eventses supporteurs poussaient leurs joueurs. » Anthony Doéli, DJ

Alors, le club de football du Maine-et-Loire a pris une drôle d’initiative pour pallier l’absence de chants depuis trois matchs : diffuser une bande sonore qui reproduit l’atmosphère sonore habituelle du stade. Une solution déjà choisie par une poignée de clubs en Ligue 1 (Paris, Marseille, Lille, Lens) et qui attire les autres. Précédent adversaire du SCO Angers, le FC Lorient s’est renseigné auprès des Angevins pour savoir comment ils s’y étaient pris.

Cette question, il faut la poser à Anthony Doéli. Installé dans une petite cabine à côté de la tribune presse, l’homme de 38 ans est responsable de l’animation visuelle et sonore du stade. Depuis neuf ans, il s’occupe de l’affichage sur l’écran géant et des animations d’avant-match à base de musique commerciale diffusée à fond. Avant cela, le natif d’Angers, de son vrai nom Anthony Robert, était DJ et résident de plusieurs discothèques en centre-ville. Autant dire que ce supporteur angevin de toujours est un habitué des platines.

Premières passes au son des roulements de tambours

Dès le coup de sifflet de l’arbitre, Anthony Doéli lance son fichier « bande-son supporteurs Angers SCO ». Les roulements de tambours accompagnent les premières passes des joueurs avant que les chants se lancent eux aussi. « Il faut que je sois concentré sur le match », prévient-il. En fonction des actions de l’équipe à domicile, le DJ gère la puissance sonore de la bande-son. « Plus on s’approche du but, plus je vais monter le volume, comme si les supporteurs poussaient leurs joueurs », explique-t-il.

Dans sa cabine, le régisseur dispose même de deux « samples spéciaux » à déclencher au besoin : un échantillon sonore qui reprend les voix d’un public bouillant lors d’une contre-attaque, un autre qui restitue la déception des supporteurs après une frappe frôlant les cages adverses. Malheureusement, Anthony Doéli n’aura pas utilisé souvent ces deux outils. Le SCO Angers propose un match décevant et s’incline 0-2.

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