deux suspects arrêtés en Autriche


Deux hommes soupçonnés d’être impliqués dans l’attentat de Vienne du 2 novembre ayant fait quatre morts ont été interpellés vendredi 18 décembre, selon le Parquet antiterroriste, qui s’est exprimé dimanche.

Des traces d’ADN de l’un d’entre eux, un Autrichien de 26 ans d’origine afghane, ont été trouvées sur les armes du crime, selon une porte-parole contactée par l’Agence France-Presse. Le parquet refuse toutefois de « confirmer la nationalité du second » suspect. Les demandes de détention en attente de jugement doivent être faites dans le courant de la journée.

Le 2 novembre dernier, quatre personnes âgées de 21 à 44 ans ont été tuées à bout portant dans le centre-ville de Vienne, lors de ce qui fut le premier attentat djihadiste de masse à toucher l’Autriche. La police locale avait alors évoqué sur Twitter une série d’attaques dans six rues du centre historique, près d’une importante synagogue et de l’Opéra.

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L’un des assaillants, Kujtim Fejzulai, âgé de 20 ans et d’origine nord-macédonienne, sympathisant de l’organisation Etat islamique, avait été abattu par les forces de l’ordre, neuf minutes après avoir commencé à tirer. Son casier judiciaire mentionnait une condamnation à de la prison en avril 2019, pour avoir essayé de rejoindre les rangs des combattants djihadistes en Syrie.

Carences de la police autrichienne

Il avait été relâché en décembre 2019, de manière anticipée. Il s’était alors mis à fréquenter deux « mosquées radicales » de Vienne, qui depuis ont été fermées sur ordre du gouvernement autrichien, le 6 novembre, tandis qu’il ordonnait également la suspension du chef de la lutte antiterroriste de Vienne, après la révélation d’une série de défaillances. Le même jour, la ministre des cultes et de l’intégration, Susanne Raab, expliquait lors d’une conférence de presse que, « selon les services de renseignement, la visite de ces mosquées a contribué à radicaliser l’assaillant ».

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Depuis, de nombreux éléments se sont accumulés sur les carences de la police autrichienne, qui avait été notamment alertée dès le mois de juillet par la police slovaque sur le profil du terroriste. Le ministre de l’intérieur était sous pression car certains de ses opposants affirmaient que l’attentat islamiste aurait pu être évité. Dans la foulée, la police avait procédé à plusieurs interpellations, en Autriche et en Suisse, d’hommes suspects et pour certains, déjà connus de la justice pour des infractions à caractère terroriste.

L’Autriche, qui compte 8,9 millions d’habitants, avait été jusqu’ici été relativement épargnée par la vague d’attentats islamistes survenue en Europe ces dernières années. En mars 2018, un jeune homme, sympathisant islamiste selon la police, avait attaqué au couteau un membre des forces de l’ordre devant l’ambassade d’Iran à Vienne avant d’être abattu. En juin 2017, un homme né en Tunisie avait tué un couple âgé à Linz. Il avait expliqué avoir voulu faire un exemple, car il se sentait discriminé en tant qu’étranger et musulman.

Les attentats au bilan le plus lourd en Autriche ont fait chaque fois quatre morts : l’attaque du groupe palestinien Abou Nidal contre le comptoir de la compagnie aérienne israélienne El Al à l’aéroport de Vienne (1985), la bombe artisanale posée par le néonazi Franz Fuchs à Oberwart visant la communauté rom (1995), et les lettres piégées envoyées par le même Fuchs (1993-1997).

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Le Monde avec AFP



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