le rebond épidémique fait craindre « une période à haut risque »


Un patient atteint du Covid-19 transféré depuis Lyon, pris en charge par le personnel du CHU de Strasbourg-Hautepierre, le 12 novembre.

Doit-on parler de rebond épidémique ou de début de troisième vague ? Ce débat de spécialistes symbolise la situation épidémiologique dégradée dans laquelle s’engage la France à la veille des vacances de fin d’année. Alors que l’on observait une décrue très forte, fin novembre, du nombre de personnes hospitalisées et du nombre de nouveaux malades du Covid-19, l’évolution de l’épidémie est aujourd’hui « préoccupante avec une tendance à l’augmentation de la circulation du virus à partir d’un plateau haut », a confirmé le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, jeudi 17 décembre.

Quand le président Emmanuel Macron conditionnait le déconfinement à un seuil de 5 000 nouveaux cas par jour, on en détectait environ 11 400 la semaine du 7 au 13 décembre, soit une augmentation de 10 % en sept jours. Jeudi, on comptait 18 254 nouveaux cas en une journée. Des chiffres à expliquer par une augmentation du taux de dépistage dans toutes les classes d’âge sauf pour les plus de 75 ans, ainsi que par la nouvelle prise en compte des tests antigéniques directement dans Sidep, mais pas seulement. La positivité reste stable, à 6,1 % et surtout, le taux de reproduction continue sa hausse et dépasse le seuil critique de 1 pour atteindre 1,03. Cela signifie que le virus infecte plus d’une personne en moyenne par cas, augmentant ainsi la vitesse de sa diffusion dans la population.

« Le confinement n’a pas empêché les gens de sortir et de se croiser, mais a seulement fermé le nombre de destinations possibles », notamment en fermant les bars, restaurants, commerces non essentiels et lieux de culture, analyse Yves Buisson, président de la cellule Covid de l’Académie nationale de médecine, pour qui « le recours au couvre-feu a sûrement plus d’efficacité que le semi-confinement peu contraignant qu’on a vécu ». Le pic de la deuxième vague a en effet été franchi après les premières mesures de couvre-feu, avec un décalage habituel de deux semaines entre les restrictions et la situation hospitalière. « Ce deuxième confinement a été différent du premier, pour des raisons sociales, culturelles (liées à l’école) et économiques. Nous sommes constamment dans une balance bénéfice/risque, avec une réévaluation des actions à partir des nouvelles informations dont on dispose », nuance Simone Mathoulin-Pelissier, directrice de l’Institut de santé publique, d’épidémiologie et de développement de l’université de Bordeaux.

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