Mentorat, tutorat, parrainage… Quand des étudiants volent au secours d’autres étudiants


Un dispositif qui portera à 50 000 le nombre d’étudiants « seniors » qui aideront les « juniors ».

Pairs, tuteurs, mentors, référents, parrains ou marraines… les mots sont divers et variés mais la cause est la même : parler et s’aider entre étudiants. Rompre le silence, le non-dit, la solitude, l’isolement. Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, en a pris l’engagement : les universités vont créer, en 2021, 20 000 emplois étudiants supplémentaires pour des missions de tutorat de quatre mois.

Ces emplois étudiants seront financés par une dotation de l’Etat aux universités, leur permettant de verser un salaire de 400 euros par mois aux tuteurs, pendant quatre mois. Les centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) mettent également la main à la pâte : ils auront recruté, entre novembre et janvier, 1 600 référents étudiants pour leurs cités universitaires, où résident quelque 174 000 étudiants.

Cette annonce vient donner un coup d’accélérateur à un système déjà en place, en particulier depuis la loi pour l’orientation et la réussite des étudiants (ORE) de 2018. Avec les 20 000 emplois de tuteurs annoncés, ce dispositif portera à 50 000 le nombre d’étudiants « seniors » qui aideront des « juniors » à s’y retrouver dans cette nouvelle vie universitaire.

L’accueil des étudiants isolés

Une vie où, depuis la pandémie, « rien n’est plus comme avant », comme le précise Pierre, 26 ans, en troisième année de licence de géographie et aménagement à Sorbonne Université. En quête d’un job étudiant, lui a postulé cette année pour être « étudiant relais santé » au service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé, au campus des Cordeliers, rue de l’Ecole-de-Médecine, à Paris. Sa petite équipe accueille les étudiants isolés qui viennent chercher un plateau de petit déjeuner gratuit préparé par le Crous de Paris, dans un local mis à disposition par la mairie, à deux pas de la fac, déserte.

« On n’est pas dans l’aide alimentaire. Venir prendre le petit déj, c’est l’occasion de sortir de son isolement. Nous ne sommes que des étudiants, pas des psychologues. Entre nous, on peut désacraliser certains tabous, le décrochage, les difficultés financières… Relâcher la pression, se sentir écouté. »

Outre le petit déjeuner composé de protéines végétales, de fruits, de sucres lents, Pierre présente à chacun les services auxquels on peut faire appel « pour se requinquer ou simplement se distraire » – ateliers bien-être, réflexologie plantaire, cocon à sieste, yoga du rire, etc. –, décrypte pour les nouveaux venus les coulisses de la fac, etc. « Ça m’a fait du bien de trouver un emploi étudiant qui a du sens », conclut le jeune homme.

Il vous reste 63% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Releated