Le préfet Lallement chahuté au conseil de Paris


Des élus de gauche réclament la démission du préfet Lallement et quittent le conseil de Paris, le 15 décembre 2020.

Pour Didier Lallement, mettre un pied dans l’hémicycle du conseil de Paris, c’est avancer en terrain parfois hostile. Le préfet de police de Paris, présent de droit aux séances du conseil municipal, en a fait une nouvelle fois l’expérience mardi 15 décembre. En fin d’après-midi, le préfet s’est retrouvé sérieusement chahuté par une partie des élus de gauche, très critiques quant à sa gestion du maintien de l’ordre dans la capitale.

Les élus du Parti communiste, d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et de La France insoumise (LFI) ont appelé à sa démission. Des affichettes « Lallement, Darmanin, Démission ! » et « Non aux violences policières » ont été brandies sous son nez. Et lorsqu’il a voulu répondre, les communistes ont préféré sortir. Très réservée à son égard, la maire socialiste Anne Hidalgo l’a néanmoins en partie défendu, en mettant plutôt en cause la responsabilité de son ministre de tutelle.

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Un incident qui confirme les divergences d’approche au sein de la majorité rose-verte qui dirige Paris. Certains élus n’hésitent pas à recourir à des méthodes activistes, jugées plus efficaces, comme lors de la manifestation contre Christophe Girard, en juillet. La maire socialiste et ses proches, eux, préfèrent respecter des formes d’action politique plus classiques.

« Arrestations arbitraires »

Le 7 décembre, 72 élus parisiens, dont plusieurs adjoints d’Anne Hidalgo, avaient déjà signé une lettre ouverte à Emmanuel Macron demandant la démission de Didier Lallement, considéré comme un symbole des accusations de violences policières. A l’approche du débat, mardi, sur la participation de la Ville au budget de la préfecture de police, plusieurs élus ont souhaité accentuer la pression. Certains ont proposé des actions symboliques, par exemple que tous les élus en colère mettent un genou à terre en plein hémicycle. Ce sont finalement des prises de parole plus classiques qui ont été choisies.

Pour les écologistes, Raphaëlle Rémi-Leleu a égrené tous les griefs d’une partie de la gauche à l’égard du préfet : l’évacuation « indigne » du camp de migrants installé place de la République le 23 novembre, l’« utilisation abusive des lacrymogènes » lors des manifestations, les « interventions brutales devant les lycées parisiens », les « arrestations arbitraires »… « Plutôt qu’assurer l’ordre, vous mettez en danger, vous nourrissez les divisions, vous accentuez les tensions dans l’espace public », a accusé la benjamine du conseil de Paris, devant un préfet impassible.

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