en France, un couvre-feu remplace le confinement


A Paris, le 10 décembre.

La France sort, mardi 15 décembre, d’un deuxième confinement qui laissera la place à un couvre-feu de 20 heures à 6 heures. Après un mois et demi de restrictions, les Français pourront à nouveau se déplacer sur tout le territoire national et sans attestation (sauf s’ils se déplacent pendant le couvre-feu pour des raisons impératives, dont le travail).

Seule exception : les déplacements seront autorisés la nuit de Noël, même s’il est recommandé aux Français de ne pas se réunir à « plus de six adultes à la fois ». Il faudra en revanche rester chez soi le 31 décembre, car le réveillon du Nouvel An « concentre tous les ingrédients d’un rebond épidémique », expliquait le premier ministre, Jean Castex, la semaine dernière.

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Colère du monde de la culture

Malgré des airs de déjà-vu, ce déconfinement est très différent de celui de mai dernier. Cette fois, théâtres, salles de spectacle, cinémas, musées, ou encore tribunes de stade, resteront fermés, au moins jusqu’au 7 janvier. Une décision justifiée par le fait « d’éviter d’accroître les flux, les concentrations, les brassages de public », mais qui a provoqué la colère du monde de la culture.

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Les professionnels et syndicats du monde de la culture dénoncent une mise à mort du secteur et réclament la réouverture de tous les lieux culturels : pour se faire entendre, ils organisent plusieurs rassemblements dans toute la France.

A Paris, le rendez-vous a été fixé à midi place de la Bastille par la CGT Spectacle, qui appelle les salariés du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel à dénoncer la « politique du yoyo du gouvernement ». Un autre rassemblement, en fin de journée, est prévu devant le Théâtre de l’Atelier (à Montmartre), à l’initiative des acteurs Jacques Weber, Audrey Bonnet et François Morel.

Un combat qui est aussi mené devant les tribunaux : syndicats et artistes ont annoncé saisir le Conseil d’Etat, via un « référé liberté », une procédure d’urgence, comme ont pu le faire ces dernières semaines les professionnels de la restauration, ou bien le secteur du ski. Un appel à soutenir ce recours a d’ailleurs été relayé par plusieurs centaines de directeurs et directrices de théâtres et compagnies à travers la France.

Les chiffres stagnent

Si les nouveaux cas positifs de Covid-19 sont descendus à 3 063 sur 24 heures selon les chiffres publiés lundi, il faut rappeler que cet indicateur connaît un creux tous les débuts de semaine en raison de la fermeture de labos le dimanche. La veille, le nombre de cas dépassait les 11 000, bien au-delà de l’objectif des 5 000 cas quotidiens fixé par l’exécutif.

Le nombre de patients en réanimation (les cas les plus graves) était lui de 2 896 lundi, contre 2 861 dimanche. Et les hôpitaux comptaient 25 449 patients atteints du Covid-19, soit quelque 200 malades de plus que la veille.

En ce début de semaine, la France s’est lancée dans une stratégie de dépistage massif ciblé sur quatre agglomérations, et qui a débuté avec Le Havre (Seine-Maritime) et Charleville-Mézières (Ardennes). Deux autres territoires suivront en janvier : Roubaix (Nord) et Saint-Etienne (Loire).

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Le Monde avec AFP

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