A Europe 1, la consternation après la réintégration d’un ex-salarié condamné pour harcèlement


C’est une décision qui indigne la rédaction. La justice a annulé, au début de décembre, le licenciement en juin 2019 d’un ex-salarié et délégué syndical d’Europe 1, condamné en mars pour harcèlement moral et sexuel, poussant la direction de la radio à le réintégrer, au grand dam de ses collègues, outrés, a appris l’Agence France-Presse (AFP) mardi 15 décembre.

En mars, l’ex-responsable des jeux de l’antenne, membre CFTC du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) et secrétaire du comité d’entreprise, Kamel A., avait été condamné à dix mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement moral sur trois collègues et sexuel sur une quatrième. Ce jugement, dont il a fait appel, faisait suite à des plaintes déposées deux ans plus tôt.

En décembre 2018, la direction d’Europe 1 avait soumis une demande de licenciement pour motif disciplinaire à l’inspection du travail, procédure prévue pour les salariés protégés comme Kamel A., délégué, par leurs mandats syndicaux. Face au rejet formulé par l’instance deux mois plus tard, notamment pour vice de forme, elle s’était tournée vers la ministre du travail de l’époque, Muriel Pénicaud, qui avait elle autorisé le renvoi, en juin 2019.

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Indignation des salariés

Mais le tribunal administratif de Paris a décidé d’annuler la décision de la ministre, pointant une « irrégularité » dans la procédure de l’entreprise, selon son jugement du 1er décembre. C’est pour cette raison que la demande de réintégration formulée « vendredi dernier » par M. A. a dû être acceptée, a expliqué un porte-parole de la direction d’Europe 1, qui a fait appel. « Nous mettrons en œuvre tous les moyens juridiques possibles pour protéger les collaborateurs et collaboratrices », a ajouté la même source.

Chez les employés de la radio, l’heure est à l’indignation. « Si c’est son droit de revenir, devons-nous pour autant subir sa présence ? », s’est interrogée l’animatrice Emilie Mazoyer dans une lettre ouverte publiée sur Twitter.

« Le sentiment de choc et d’outrage est unanime », a assuré un journaliste, selon qui un rassemblement est prévu mercredi matin devant les locaux de la radio, où doit être reçu Kamel A.

La direction ne « peut pas faire l’économie d’un premier rendez-vous », explique le porte-parole. Les élus du CSE (comité social et économique) de l’UES (unité économique et sociale) d’Europe 1 ont demandé à la direction de « dispenser » Kamel A. de se rendre physiquement dans leur entreprise.

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Le Monde avec AFP



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