Vincent Bolloré soupçonné de « manipulation de cours » en Italie


En Italie, les nuages s’amoncellent de nouveau au-dessus de Vincent Bolloré qui croise le fer depuis 2016 avec son ancien allié, Silvio Berlusconi. Le parquet de Milan a rendu le 11 décembre son enquête préliminaire dans le litige qui oppose l’homme d’affaires breton, qui détient 25 % de Vivendi, au premier actionnaire de Mediaset. Vincent Bolloré et Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi, sont soupçonnés de « manipulation de cours » (un délit passible de 1 à 6 ans de prison) et d’« obstruction à l’exercice de fonction de contrôle » (2 à 8 ans) pour communication défaillante à la Consob, l’autorité de marché italienne, équivalente de l’autorité des marchés financiers (AMF), d’après les conclusions consultées par Le Monde.

Selon la procédure italienne, les deux hommes mis en cause peuvent maintenant demander à être entendus par le parquet. Ce dernier décidera ensuite s’il requiert des poursuites ou s’il classe l’affaire. Samedi 12 décembre, Vivendi a réfuté « avoir commis la moindre faute » et a fait savoir qu’il apporterait les « éclaircissements nécessaires », convaincu que le ministère public demanderait « un classement sans suite ».

Pour le parquet, dès le départ, le projet de Vivendi ne consistait pas à signer un véritable partenariat avec l’italien

Le parquet s’est penché sur les circonstances de l’accord signé en avril 2016, qui prévoyait le rachat à Mediaset de la plate-forme de télévision payante Mediaset Premium par Vivendi, et un échange réciproque de participation entre les deux groupes de 3,5 % du capital. Car, en juillet, Vivendi rompait son engagement avec pertes et fracas et Mediaset portait plainte en décembre 2016 contre son ancien partenaire, demandant 3 milliards d’euros de dédommagement.

Pour le parquet, dès le départ, le projet de Vivendi ne consistait pas à signer un véritable partenariat avec l’Italien mais à mettre la main sur le capital de Mediaset à bon prix. Ainsi, « l’intention réelle (de Vivendi) n’était pas l’acquisition (de Mediaset Premium) mais la réalisation d’une participation significative » du capital de Mediaset, indique l’avis. Le parquet en tient pour preuve qu’Arnaud de Puyfontaine, avait « à partir de février 2016 » – soit deux mois avant la signature de l’accord avec Mediaset – « autorisé la direction de Vivendi à procéder à l’achat d’actions Mediaset jusqu’à atteindre à 24,99 % » du capital.

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