Economie

Un homme d’affaires critique du pouvoir chinois accusé d’avoir « sali l’image du Parti et du pays »


Ren Zhiqiang, le 3 décembre 2012, à Pékin.

Fin de partie pour Ren Zhiqiang ? Ce membre du Parti communiste chinois (PCC) et promoteur immobilier était devenu l’un des critiques les plus virulents du pouvoir et du président et secrétaire général du PCC, Xi Jinping. Arrêté en mars dernier après avoir vertement critiqué la gestion de l’épidémie de Covid-19 par les autorités chinoises, M. Ren a été exclu du PCC pour « violation grave de la discipline et de la loi » et « collusion avec ses enfants pour accumuler de la richesse sans mesure » et ses actifs ont été saisis, ont annoncé tard jeudi 23 juillet les autorités. Son exclusion ouvre la voie à un procès.

La crise du Covid-19, qui a émergé à Wuhan en décembre 2019, a constitué une épreuve pour le pouvoir qui a réagi en muselant l’information et en jetant au cachot les dissidents. M. Ren avait disparu le 12 mars, avec son fils et son assistant, après avoir publié en ligne un article comparant implicitement Xi Jinping à un « clown assoiffé de pouvoir », à un « empereur nu ». M. Ren est aussi accusé d’avoir « sali l’image du Parti et du pays, déformé l’histoire du Parti et de l’armée » et d’avoir « manqué de loyauté et d’honnêteté à l’égard du Parti ».

Malgré ses attaques, M. Ren avait auparavant bénéficié d’une certaine tolérance grâce à son statut. Comme le président chinois, c’est un « prince rouge » : son père, Ren Quansheng, fut vice-ministre du commerce. Lui avait rejoint le PCC à 23 ans et présidait le groupe immobilier public Hua Yuan Property avant de prendre sa retraite en 2014. « Il s’agit d’une persécution politique évidente », a commenté Wang Ying, entrepreneur à la retraite et ami de M. Ren, sur le réseau social WeChat, rapporte le New York Times. « C’est un homme bon comme on en rencontre rarement, un bon citoyen, prêt à prendre ses responsabilités, un entrepreneur qui jouait son rôle et respectait la loi. Je suis fier d’avoir un ami comme toi », poursuit ce proche.

Premier avertissement en 2015

M. Ren est aussi accusé d’avoir résisté à l’enquête du PCC à son sujet, suggérant qu’il a refusé de plaider coupable. Ces dernières années, les autorités chinoises ont mis en scène les confessions forcées d’une série de militants ou de simples blogueurs, diffusées par la police locale ou à la télévision nationale (CCTV), pour les cas les plus importants. La plupart s’y soumettent pour obtenir une peine plus clémente. Mais Ren Zhiqiang a obtenu le surnom de « canon » pour ses sorties au vitriol contre la politique du PCC. « Tôt ou tard, il faudra que le Parti paie sa dette au peuple », écrit-il par exemple dans la lettre qui lui a valu son arrestation.

Il vous reste 61.68% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.