Economie

Menacée de récession, l’Inde entame un déconfinement à pas lents


Des promeneurs portant des masques à New Delhi, le 31 mai.
Des promeneurs portant des masques à New Delhi, le 31 mai. ADNAN ABIDI / REUTERS

Narendra Modi a pris toutes les précautions d’usage pour confirmer, dimanche 31 mai, la fin du confinement de l’Inde, mis en place le 25 mars pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus. A compter de lundi, a déclaré le premier ministre indien, le pays entre dans une phase de déconfinement progressif, qui s’étalera jusqu’au 30 juin.

Intervenant comme tous les mois à la radio sous forme d’un long monologue, il a appelé la population à ne pas céder au « laxisme » et à continuer de respecter les gestes barrières qui s’imposent, notamment le port du masque et le maintien d’une distance de « six pieds » (1,82 m) entre les gens, là où c’est possible.

Samedi, le ministère de l’intérieur avait publié les nouvelles règles à suivre durant les semaines à venir. Sans s’aventurer à donner de date, ni pour la reprise du trafic aérien international (les vols intérieurs ont repris, eux, lundi 25 mai) ni pour la réouverture des bars et des clubs de sport, New Delhi a annoncé la reprise de l’activité « dans les centres commerciaux, les lieux cultuels, les restaurants et les hôtels » à partir du 8 juin. Mais ce sera au bon vouloir des autorités locales.

En images : En Inde, l’interminable tragédie des travailleurs migrants, victimes du confinement

Plusieurs Etats ont déjà prévenu que le confinement continuait chez eux : le Bengale occidental, jusqu’au 15 juin ; le Maharashtra, le Pendjab, le Madhya Pradesh et le Tamil Nadu jusqu’au 30 juin. En outre, dans une bonne dizaine d’agglomérations classées « rouge », les plus frappées par l’épidémie de Covid-19, l’interdiction de déplacement perdure jusqu’à nouvel ordre. C’est le cas de Jaipur, Calcutta, Hyderabad, Madras, et surtout Bombay, capitale du Maharashtra, région qui compte sur son territoire un tiers des contaminations du pays (plus de 62 000 cas sur les 182 990 officiellement recensés).

Plongée du produit intérieur brut

Samedi, M. Modi a fêté le premier anniversaire de son deuxième quinquennat à la tête de l’Inde en adressant une lettre ouverte à tous ses compatriotes. Un autosatisfecit sur l’action menée depuis son accession au pouvoir en 2014, dans lequel le dirigeant nationaliste a tout juste reconnu que les ouvriers, les travailleurs migrants, les artisans et les commerçants « souffrent immensément » de la paralysie du pays. Une manière de faire de la pandémie le bouc émissaire d’une situation économique désastreuse.

Vendredi, la publication des chiffres de la croissance par le National Statistical Office (NSO) pour les trois premiers mois de 2020 a pourtant montré que l’érosion du produit intérieur brut (PIB) s’est poursuivie inexorablement, comme c’était le cas depuis deux ans, avant la mise en place du confinement. De janvier à mars, la croissance indienne est tombée à 3,1 % en rythme annuel, conduisant au plus mauvais résultat de ces onze dernières années (+ 4,2 %) pour l’ensemble de l’année fiscale 2019-2020, qui s’est achevée le 31 mars.

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