Des milliers de personnes manifestent à Maubeuge contre le plan d’économies de Renault


Quelques milliers de personnes étaient rassemblées, samedi 30 mai dans la matinée, devant l’usine Renault de Maubeuge (Nord), pour manifester contre la décision du constructeur automobile de supprimer 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France.

Les manifestants ont entamé peu après 10 heures, à l’appel de l’intersyndicale de l’usine (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, SUD), une marche partant du site pour rejoindre l’hôtel de ville de Maubeuge, à environ six kilomètres de là.

Le site, qui emploie environ 2 100 personnes, tous statuts confondus, est à l’arrêt depuis vendredi matin. La direction du constructeur, en difficulté, envisage le transfert de production des utilitaires électriques Kangoo – environ 2 900 employés – sur le site de Douai, à 70 kilomètres de là, qui hériterait d’une nouvelle plate-forme. Pour Jérôme Delvaux, secrétaire du syndicat CGT-MCA, « c’est un séisme qui est en train de se passer » :

« Nous voulons garder notre entreprise ici. Aujourd’hui, cette manifestation est très importante, même si ce n’est qu’une première étape, pour montrer au gouvernement et à Renault que les salariés et les habitants de cet arrondissement sont attachés à cette entreprise et qu’on est soutenus. On a besoin de ces emplois, sinon, c’est un territoire complet qui va mourir ! »

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« Le combat ne fait que commencer »

« On nous a annoncé qu’on était la meilleure usine d’Europe, qu’on n’avait rien à craindre et, aujourd’hui, on nous dit qu’on va fermer pour tout mettre à Douai ? On ne peut pas laisser ça partir… », s’indignait de son côté Jean-Marc Pelleriaux, 61 ans, formateur en zone retouche, membre de la CGT.

« Le Kangoo doit rester à MCA » ; « Défendons nos emplois, non au transfert de l’usine de Maubeuge à Douai » ; « Senard : trahison, Macron : tiens ta parole ! », pouvait-on lire sur les banderoles. « C’est pas le patronat qui fera la loi, la vraie démocratie, elle est ici ! », scandaient aussi les manifestants, dont la quasi-totalité portait un masque. De nombreux élus avec écharpe tricolore défilaient également.

Mardi, quelque 250 personnes – élus, syndicalistes et salariés de l’usine MCA (Maubeuge construction automobile) –, dont le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s’étaient déjà mobilisées. « Le combat ne fait que commencer », estime le maire de Maubeuge, Arnaud Decagny.

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Le Monde avec AFP



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