pas de répit pour l’Amérique latine


Un membre du personnel soignant transporte un patient atteint du Covid-19 en attente d’admission à l’hôpital de Santiago, au Chili, jeudi 28 mai.
Un membre du personnel soignant transporte un patient atteint du Covid-19 en attente d’admission à l’hôpital de Santiago, au Chili, jeudi 28 mai. MARTIN BERNETTI / AFP

La pandémie du nouveau coronavirus qui a contaminé plus de 5,8 millions de personnes dans 196 pays, a fait au moins 359 000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’Agence France-presse (AFP) à partir de sources officielles, jeudi 28 mai soir. Cela représente près de 5 000 décès supplémentaires en une journée et plus de 107 000 nouveaux cas.

Les Etats-Unis ont recensé, jeudi, 1 297 nouveaux décès en 24 heures, selon le comptage quotidien de l’université Johns Hopkins, qui fait référence. Cela porte à 101 573 le nombre total de morts déplorés dans le pays, de loin le plus endeuillé par la pandémie.

Après les Etats-Unis, viennent le Royaume-Uni avec 37 837 morts (pour 269 127 cas), l’Italie avec 33 142 morts (231 732 cas), la France avec 28 662 morts (186 238 cas), et l’Espagne avec 27 119 morts (237 906 cas).

Parmi les pays les plus durement touchés, la Belgique est celui qui déplore le plus grand nombre de morts par rapport à sa population, avec 81 décès pour 100 000 habitants, suivi par l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Italie, et la France.

  • Plusieurs pays d’Amérique latine au bord de la saturation

Au Brésil, l’urgence reste de tenter de contrôler la pandémie. Le pays a dépassé mercredi pour la cinquième fois 1 000 morts en une journée et compte plus de 25 500 décès. Pourtant, l’Etat de Sao Paulo, poumon de l’économie brésilienne, a annoncé « la reprise raisonnée de certaines activités économiques » à partir de lundi. Les hôpitaux de cet Etat sont actuellement dangereusement proches de la saturation, mais ce redémarrage sera affiné selon la situation sanitaire de chaque municipalité.

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Des femmes attendent une distribution de nourriture dans les environs de Lima au Pérou, jeudi 28  mai.
Des femmes attendent une distribution de nourriture dans les environs de Lima au Pérou, jeudi 28  mai. ERNESTO BENAVIDES / AFP

Le Pérou voisin a recensé, jeudi, 4 099 morts avec 116 nouveaux décès en 24 heures, et plus de 141 000 cas enregistrés pour une population de 33 millions d’habitants. Son système de santé est saturé et son économie à moitié paralysée. Le Pérou est le troisième pays comptant le plus grand nombre de morts en Amérique latine, derrière le Brésil et le Mexique (plus de 9 000 décès), pourtant beaucoup plus grands et peuplés. Son gouvernement a décidé en mars un confinement national, un couvre-feu et la fermeture des frontières, sans toutefois parvenir à juguler l’épidémie, mais son premier ministre, Vicente Zeballos, a mis en avant les bénéfices des mesures de restrictions :

« Si nous n’avions pas décidé la quarantaine, nous serions arrivés à 83 000 morts. »

Le Chili a enregistré, jeudi, un total de 890 décès dus au Covid-19, avec 49 morts supplémentaires en 24 heures. A Santiago, où vivent sept des 18 millions habitants du pays, le confinement obligatoire en vigueur depuis le 16 mai va être prolongé d’une semaine. La capitale est le principal foyer de la pandémie au Chili, avec 80 % des infections du pays.

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Dans toute l’Amérique latine, la pandémie se propage notamment dans les bidonvilles où des millions d’habitants sont dans l’impossibilité de respecter les mesures préventives, au risque de mourir de faim.

De plus, l’Unicef et l’ONG Save the children ont alerté, jeudi, sur le risque accru d’appauvrissement des enfants. Selon les deux organisations, seize millions d’enfants supplémentaires vont tomber dans la pauvreté d’ici à fin 2020 en Amérique latine et dans les Caraïbes si les gouvernements ne font rien pour atténuer la grave crise économique causée par la pandémie du Covid-19.

  • Crainte d’une résurgence en Corée du Sud et au Sri Lanka

Jeudi, les nouveaux cas en Corée du Sud et au Sri Lanka ont ravivé les inquiétudes sur la possible « deuxième vague » de contamination, que redoutent tous les pays.

Examen d’embauche en extérieur dans des conditions sanitaires strictes, à Séoul, en Corée du Sud, jeudi 28 mai.
Examen d’embauche en extérieur dans des conditions sanitaires strictes, à Séoul, en Corée du Sud, jeudi 28 mai. Kim Hong-Ji / REUTERS

En Corée, 79 nouveaux cas ont été détectés en une journée, chiffre le plus élevé depuis le 5 avril. Les autorités coréennes, dont la réponse à la pandémie a été érigée en modèle d’efficacité, ont immédiatement rétabli des restrictions qu’elles avaient récemment levées.

Au Sri Lanka, des mesures ciblées de confinement vont être remises en place, après que 252 Sri Lankais d’un groupe de 460 rentrés dans la semaine du Koweït ont été testés positifs. De nouveaux cas ont également été découverts dans une base navale, près de Colombo, où 771 marins et leurs proches ont été testés positifs, soit plus de la moitié des 1 524 cas recensés au niveau national.

  • Etats-Unis : un cas positif passé sous silence chez les Républicains

Des parlementaires démocrates de l’Etat américain de Pennsylvanie appelaient jeudi à la démission de collègues républicains, les qualifiant de « menteurs impitoyables », après la révélation que l’un d’eux avait été testé positif au Covid-19, sans que cela n’ait filtré pendant une semaine. Les républicains ont tu le diagnostic parce qu’ils craignaient que cela ne contredise leur position voulant qu’il soit « sûr d’interagir avec d’autres gens et de retourner au travail », a accusé un élu démocrate, Brian Sims.

« C’est le summum de l’hypocrisie républicaine », a-t-il ajouté, en affirmant que les républicains n’avaient cessé de minimiser les risques de l’épidémie en Pennsylvanie et refusaient pour certains de porter des masques dans l’hémicycle.

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  • En Europe, le déconfinement s’accélère

En Europe, où plus de 175 000 personnes ont déjà succombé à la maladie, le mouvement de déconfinement continue à la faveur d’indicateurs à la baisse dans tous les pays.

L’Espagne poursuivra à partir de lundi le relâchement des mesures, qui permettra à 70 % de la population d’aller au restaurant, à la piscine et de rouvrir plus largement les commerces.

Manifestation de personnels soignants devant Downing Street, au lendemain du dernier jour de la campagne  « Clap for our Carers »  en soutien aux services de santé britanniques, à Londres, jeudi 28 mai.
Manifestation de personnels soignants devant Downing Street, au lendemain du dernier jour de la campagne  « Clap for our Carers »  en soutien aux services de santé britanniques, à Londres, jeudi 28 mai. HANNAH MCKAY / REUTERS

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a également annoncé jeudi un nouvel assouplissement du confinement dès la semaine prochaine en Angleterre. Le championnat de football anglais reprendra avec deux matchs en retard à jouer le 17 juin, dont une belle affiche entre Manchester City et Arsenal. La première des neuf journées pleines restantes se déroulera le week-end suivant. En Italie, le football retrouve également la lumière avec le redémarrage de la Coupe le 13 juin, une semaine avant le retour du championnat.

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Le Monde avec AFP

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