A Perpignan, une colistière du candidat LRM soutient Louis Aliot, du Rassemblement national


Louis Aliot (RN), le 27 mai, à Paris.
Louis Aliot (RN), le 27 mai, à Paris. LUDOVIC MARIN / AFP

Romain Grau oscille entre consternation et fatalisme. « Un peu étonné, mais pas complètement surpris », l’ancien prétendant macroniste à la mairie de Perpignan vient d’apprendre qu’une de ses colistières voterait pour le candidat du Rassemblement national (RN), Louis Aliot, au second tour des élections municipales, le 28 juin. « Il y a un électorat pour qui les digues ont déjà sauté. Même dans le mien », constate le député LRM, avant de décrire le « panorama hallucinant » de Perpignan. Entre « la cristallisation du vote RN » et l’exemple voisin de Béziers, qui « donne les coudées franches au RN pour ratisser à droite », Romain Grau en vient même à craindre que le barrage républicain « ne suffise plus ».

Dans un message publié sur Facebook vendredi 29 mai, la numéro 10 de sa propre liste, Josianne Cabanas, résume ainsi sa nouvelle position : « Pour moi, c’est non au front républicain. Oui à Louis Aliot. » Et la conseillère municipale venue de la majorité LR en place dans la ville d’ajouter, après avoir remercié Romain Grau, que, « si certains ont eu la tentation de Venise, [elle a] celle de Béziers ».

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Jeudi 28 mai, Romain Grau avait annoncé qu’il se retirait de la course, « afin d’éviter l’accession de M. Aliot et du populisme à la mairie ». Un choix guidé par « l’arithmétique » et le risque de voir s’installer, pour la première fois, l’ex-FN à la tête d’une municipalité de plus de 120 000 habitants.

Dangereuse quadrangulaire

D’autant qu’une dangereuse quadrangulaire s’était dessinée au soir du premier tour, le 15 mars. Largement en tête, Louis Aliot y dépassait les 35 %, alors que le maire LR, Jean-Marc Pujol, avait péniblement réuni 18,44 %, dans un scrutin qui a pourtant largement favorisé les sortants. De quoi enorgueillir le parti de Marine Le Pen, tant Perpignan fait office de gros lot du second tour pour l’ex-Front national.

Romain Grau, lui, s’était placé quatrième, avec 13,17 % des voix, non loin derrière les 14,51 % d’Agnès Langevine, la candidate Europe Ecologie-Les Verts. Cette dernière doit annoncer dans les heures qui viennent sa décision de maintien ou de retrait au second tour.

« Dans une triangulaire, Louis Aliot part très largement favori. Mais dans un duel avec un maire sortant aussi affaibli, le pronostic est compliqué… », analyse l’historien spécialiste de l’extrême droite et de la cartographie électorale perpignanaise Nicolas Lebourg. D’autant que si une abstention massive est à craindre lors de ce second tour, qui se tiendra dans une situation sanitaire exceptionnelle trois mois après le premier, et à la veille des grandes vacances d’été, l’électorat RN a pour habitude de se surmobiliser, lorsque l’extrême droite peut l’emporter. « Une chose est sûre, conclut Nicolas Lebourg, l’électorat d’En Marche est beaucoup plus à droite ici qu’au niveau national. Alors, Aliot peut lui aussi y trouver une réserve. »

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