Aux Etats-Unis, deuxième soirée de manifestations après la mort de George Floyd aux mains de la police


Les quatre policiers impliqués dans l’arrestation de M. Floyd ont en effet été limogés mardi, mais laissés en liberté alors qu’une enquête a été ouverte. Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, s’est demandé mercredi « pourquoi l’homme qui a tué George Floyd [n’était] pas en prison ». « Si vous ou moi avions fait cela, nous serions en ce moment derrière les barreaux », a-t-il affirmé.
 
Le président Donald Trump a écrit sur Twitter qu’il avait demandé à la police fédérale (FBI) et au ministère de la justice de faire la lumière sur cette mort « triste et tragique ». « Mes pensées vont à la famille et aux amis de George. Justice sera rendue ! » a-t-il promis.
 
« Je ne peux pas respirer »
Filmée par une passante lundi, une vidéo de l’arrestation montre un agent de police plaquer au sol George Floyd en gardant pendant de longues minutes son genou sur son cou. On y voit ce dernier gémir et répéter : « Je ne peux pas respirer. »
 
L’agent, un Blanc, lui répond de rester calme. Un second policier tient à distance les passants qui commencent à s’emporter alors que l’homme appréhendé ne bouge plus et semble inconscient.
 
De nouvelles vidéos semblent écarter la thèse mise en avant par la police, selon laquelle George Floyd, soupçonné d’avoir tenté d’écouler un faux billet de 20 dollars, aurait résisté aux agents venus l’interpeller. Sur des images captées par les caméras du restaurant devant lequel il a été arrêté, il a les mains menottées dans le dos et n’oppose aucune résistance quand un policier le conduit vers une voiture de patrouille.
 
Sans les images diffusées sur les réseaux sociaux, les policiers « auraient donné une fausse version des faits et ils auraient planqué ça sous le tapis », a déclaré Benjamin Crump, avocat de la famille du défunt.
 
Une société marquée par le racisme
De nombreuses personnalités ont dénoncé une violence injustifiée de la part des policiers à l’encontre des Noirs. La sénatrice noire Kamala Harris, ancienne procureure de Californie, a ainsi fustigé « un acte de torture » et une « exécution publique » dans une société marquée par le racisme.
 
« C’est un rappel tragique que ce n’est pas un incident isolé, mais qui fait partie d’un cycle d’injustice systématique qui existe encore dans notre pays », a déclaré l’ancien vice-président américain et candidat démocrate à la présidentielle de novembre, Joe Biden. Cette affaire, a-t-il dit, rappelle les circonstances de la mort d’Eric Garner en 2014 à New York. Cet homme noir était décédé après avoir été asphyxié lors de son arrestation par des policiers blancs qui le soupçonnaient de vendre des cigarettes de contrebande.
 
L’affaire avait notamment contribué à l’émergence du mouvement de protestation Black Lives Matter (La vie des Noirs compte). D’autres morts de Noirs aux mains de la police avaient provoqué des émeutes dans le pays.
 
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La star de la NBA LeBron James a publié sur Instagram une photo de l’ancien joueur de football américain Colin Kaepernick, agenouillé, et une de George Floyd plaqué au sol sous le titre : « Voilà pourquoi ». Le basketteur vedette des Los Angeles Lakers a également écrit :
 
 
Pour protester contre les violences policières visant les Noirs, Colin Kaepernick avait lancé un boycott de l’hymne national en mettant un genou à terre quand il était joué avant les matchs du championnat de football américain.

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