Didier Gailhaguet réclame à la ministre des sports « une indemnisation »


Didier Gailhaguet, à Paris, le 3 février, cinq jours avant qu’il démissionne de la présidence de la Fédération française des sports de glace.
Didier Gailhaguet, à Paris, le 3 février, cinq jours avant qu’il démissionne de la présidence de la Fédération française des sports de glace. BERTRAND GUAY / AFP

Didier Gailhaguet continue d’explorer toutes les voies possibles pour s’accrocher, même les plus inattendues. Le 13 mai au soir, par courrier électronique, il a déjà fait savoir son intention de rester administrateur du Comité national olympique et sportif français (CNOSF). Et ce, malgré sa démission de la présidence de la Fédération française des sports de glace (FFSG), trois mois plus tôt, en plein scandale de violences sexuelles, qu’il assure avoir découvertes par voie de presse.

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Lundi 25 mai, nouvelle étape dans la contre-attaque. Par l’intermédiaire de son avocat parisien William Bourdon, Didier Gailhaguet a cette fois adressé un courrier à la ministre des sports. Cette lettre d’une trentaine de pages, que Le Monde a consultée, reproche à Roxana Maracineanu d’avoir « exercé une pression décisive pour obtenir la démission de M. Didier Gailhaguet ». Tout cela « au mépris de l’indépendance de la fédération et alors que cela ne relevait pas de ses attributions ».

En conséquence, M. Gailhaguet demande au ministère des sports une « indemnisation préalable », avant même « toute action contentieuse » : 302 550 euros au total, selon les calculs du cabinet Bourdon & Associés. Une somme substantielle, et donc d’autant plus sujette à débat. Contacté par Le Monde, le ministère des sports n’a pas encore indiqué quelle suite il entend donner à ce recours.

« Un très lourd préjudice d’image »

D’une part, ce montant recouvre les vingt-sept rémunérations mensuelles que le dirigeant aurait perçues entre mars 2020 et juin 2022, si son mandat s’était étiré jusqu’à la limite autorisée : 152 550 euros, sur une base mensuelle de 5 650 euros brut. Parmi les nombreuses pièces jointes au dossier, la fiche de paie pour décembre 2019 indique plutôt 5 500 euros brut. Mais celle-ci occulte une augmentation de salaire survenue les deux derniers mois, assure le cabinet d’avocats, contacté par Le Monde.

D’autre part, le total des indemnités demandées inclut aussi une somme de 150 000 euros censée réparer un « très lourd préjudice d’image ». Pour justifier un tel montant, le courrier met en cause les prises de position ministérielles dès le début du mois de février : « Le relais des accusations sans enquête a précipité un traitement médiatique extrêmement à charge. » Le cabinet d’avocats évoque aussi diverses menaces à l’encontre de M. Gailhaguet, ainsi que ses difficultés, dorénavant, « à trouver un nouvel emploi ou des fonctions à la hauteur de
celles qu’il occupait ».
Sans préciser que M. Gailhaguet, pourtant, peut déjà faire valoir ses droits à la retraite : il fêtera ses 68 ans au mois d’août.

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