Soirée VIP à la Comédie-Française en compagnie d’Eric Ruf


« Roméo et Juliette », mis en scène par Eric Ruf.
« Roméo et Juliette », mis en scène par Eric Ruf. VINCENT PONTET/COMÉDIE-FRANÇAISE

FRANCE 5 – DIMANCHE 24 MAI À 20 H 50 – SOIRÉE SPÉCIALE

C’est à une soirée VIP que le téléspectateur est convié dans « Au théâtre chez soi » – plutôt devrait-on dire « Ce soir, on sort ». Pour assister, en privilégié, à un programme spécial Comédie-Française de près de quatre heures. Alors, on se met sur son trente-et-un, on se redresse sur son canapé, direction le Palais-Royal, à Paris, où nous attend l’homme-orchestre du lieu, Eric Ruf, comédien, scénariste, décorateur, metteur en scène et, depuis juillet 2014, administrateur général.

La représentation de Roméo et Juliette, enregistrée le 13 octobre 2016 dans la salle Richelieu, est un événement, la Comédie-Française n’ayant pas accueilli la pièce de Shakespeare depuis 1954. Pour l’occasion, le metteur en scène Eric Ruf propose une relecture en douceur de l’histoire. Juliette (dont l’interprétation par Suliane Brahim a été unanimement saluée) y est ainsi éclatante de fraîcheur et de vie, mais semble sacrifiée sur l’autel de la mélancolie de son Roméo, inapte à vivre. Dans le rôle masculin, Jérémy Lopez apparaît par opposition peu solaire. Le public a été séduit par cette vision « intime » et romanesque du bruit et de la fureur shakespeariens.

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Trois ans plus tard, Eric Ruf est passé à un autre grand classique du répertoire, La Vie de Galilée, de Bertolt Brecht. Un projet ambitieux (15 tableaux, une quarantaine de personnages) qui va servir de fil rouge à Derrière le rideau, le documentaire de seconde partie de soirée, qui nous mène – privilège encore – au plus près du quotidien des quelque 400 personnes et 60 comédiens qui travaillent sur les différents sites de la Comédie-Française, dont les immenses ateliers de décors à Sarcelles (Val-d’Oise).

Un dédale de couloirs blancs

Retour au Palais-Royal. Un dédale de couloirs blancs conduit Eric Ruf jusqu’à la salle où il va présenter la maquette des décors de Galilée. Son visage accuse la fatigue, devant une caméra qui semble le mettre mal à l’aise. Le documentaire n’aborde pourtant aucun sujet délicat, comme sa nomination très « politique » en 2014. Mais peut-être la gêne, partagée par le reste du personnel, vient-elle simplement du fait qu’ils sont, tous, peu habitués à l’intrusion d’« étrangers ».

On suit également Eric Ruf dans ses déplacements, au Barbican Centre de Londres où sont montés Les Damnés de Luchino Visconti, et en Grèce, pour la première représentation d’Electre/Orestre, d’Euridipe. Des voyages qui ne l’empêchent pas d’accueillir en personne les 9 stagiaires admis à passer un an à la Comédie-Française, avant de leur faire découvrir les lieux et de rallier le « petit pot » où l’attendent Evelyne Bouix et Pierre Arditi.

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Les répétitions de Galilée prennent une importance croissante. Scandées par l’arrivée solennelle d’une nouvelle pensionnaire, Elissa Alloula ; une visite à Belfort, sa ville natale ; la dernière de Lucrèce Borgia« C’est beau mais c’est fini » ; la présentation de la maquette de la Cité du théâtre, qui regroupera « dans quelques années » le Conservatoire, l’Odéon et la Comédie-Française.

Galilée à J-15. Il y a des retardataires. « Je vous demande d’être à l’heure, j’ai un agenda de dingue. Je n’ai pas la force de gueuler. Je suis trop fatigué. » A J-4. Puis au jour J : les « mierda, mierda » succèdent aux « merde, merde ! » La fatigue est oubliée.

Roméo et Juliette, mise en scène d’Eric Ruf. Avec Suliane Brahim (Juliette), Jérémy Lopez (Roméo), Didier Sandre (Capulet), Christian Banc (Montaigu). Suivi de Comédie-Française, derrière le rideau, de Gérard Lafont (Fr., 2019, 50 min).

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