naît-on menteur ou le devient-on ?


Le cycliste américain Lance Armstrong a souvent eu recours au mensonge pour faire face aux accusations de dopage.
Le cycliste américain Lance Armstrong a souvent eu recours au mensonge pour faire face aux accusations de dopage. GETTY IMAGES/ZDF

ARTE – SAMEDI 23 MAI À 22 H 40 – DOCUMENTAIRE

Dans la suite logique d’une première partie de soirée consacrée à l’histoire des gènes, Arte s’interroge, dans un documentaire malin et original, sur les mécanismes du mensonge : mentir est-il inné ou acquis ? Depuis le petit mensonge qui arrondit la vie de couple jusqu’aux fake news et autres scandales d’Etat, les scientifiques décryptent. Les interventions des politologues, docteurs, psychiatres se suivent comme on savoure un interdit : avec gourmandise.

D’autant que mentir est naturel. Même les animaux mentent, comme le montre, entre autres, un reportage très drôle dans une ferme de cochons kunekune. Chez les humains, l’enfant réussit à embobiner ses parents dès 5 ans, alors que l’adulte ment de deux à quatre-vingts fois par jour !

Certains révèlent un talent particulier, et les revoir à l’œuvre prête toujours à sourire

Certains révèlent un talent particulier, et les revoir à l’œuvre prête toujours à sourire. Ainsi Jérôme Cahuzac, ancien ministre délégué au budget, lorsqu’il déclare en 2013 sur BFM-TV au journaliste Jean-Jacques Bourdin : « Je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte à l’étranger. » Le président américain Bill Clinton affirmant : « Je n’ai jamais eu de relations sexuelles… » avec Monica Lewinsky. Le cycliste américain Lance Armstrong, répondant aux accusations de dopage ; le président Donald Trump, champion toutes catégories. Une facilité de traitement – enquêter sur les mensonges de l’Etat chinois aurait été plus délicat – que l’on pardonne, le sujet n’étant pas ici polémique mais scientifique.

Langage corporel

Le téléspectateur est donc invité à « mieux » regarder. Les mains, les mimiques, la posture trahissent inconsciemment le menteur. Or, si chacun est prêt à faire de petits ou grands arrangements avec la vérité, nul en revanche n’a envie d’être berné. Aussi, dès l’Antiquité, philosophes et chercheurs tentent de trouver la parade, depuis le galvanomètre de Carl Gustav Jung jusqu’aux récents capteurs thermiques. En vain. Aucun appareil ne produit à ce jour de preuve irréfutable.

Mais une femme, oui, Monika Matschnig, ancienne athlète allemande, universitaire et psychologue n’a jamais échoué – jusqu’alors – à discerner le vrai du faux. On s’arrache ses conférences sur le langage corporel ; on redoute ses interventions dans les médias. A découvrir comment elle mène ses face-à-face, on comprend pourquoi. Une analyse du genre humain aussi pertinente que sa conclusion sur un éventuel monde sans mensonge est déroutante.

La Vérité sur le mensonge, documentaire de Birgit Tanner (All., 2019, 50 min). Disponible en replay sur Arte.tv jusqu’au 22 mai 2021.

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