les étranges fluctuations du nombre de morts en Ehpad


Résidents d’un Ehpad, à Paris, le 18 mai.
Résidents d’un Ehpad, à Paris, le 18 mai. PHILIPPE LOPEZ / AFP

Léger froncement de sourcils, dimanche 17 mai, à la lecture du bilan quotidien de la direction générale de la santé (DGS). En vingt-quatre heures, apprenait-on ce jour-là, 483 décès liés au Covid-19 étaient venus gonfler le funèbre total de l’épidémie pour le porter à 28 108. Voilà un mois que l’on n’avait pas déploré si lourd bilan journalier.

Sur ces 483 décès supplémentaires, 429 avaient été enregistrés dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées (Ehpad). La redoutée deuxième vague était-elle en train d’arriver, frappant de plein fouet nos aînés ? Nouveau froncement de sourcils deux jours plus tard : mardi 19 mai, le nombre de morts en Ehpad passait de 10 650 à 10 308. Soit 342 « résurrections » en vingt-quatre heures.

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« Il s’agit certainement d’un ajustement des données précédemment fournies par les établissements », suppose la DGS, qui renvoie vers Santé publique France (SPF), puisque c’est SPF qui reçoit, avant de les transmettre à la DGS, les données des Ehpad du pays, lesquels signalent chaque jour avec un formulaire en ligne les décès liés au Covid-19 survenus chez eux.

« Le − 342 de mardi est lié au + 429 du dimanche précédent, ces fluctuations sont dues à une erreur de saisie de la part d’un groupe d’Ehpad en Ile-de-France », explique-t-on à SPF, qui renvoie à son tour vers l’agence régionale de santé d’Ile-de-France (ARS-IDF), puisque cette dernière, cas unique, possède son propre système de suivi des décès en Ehpad et transmet à SPF les données qu’elle reçoit des 702 établissements franciliens.

Le mauvais champ du formulaire

Il arrive parfois qu’un établissement se trompe, ajoute involontairement un zéro ou renseigne le mauvais champ du formulaire. « Un très gros groupe d’Ehpad nous a annoncé beaucoup trop de morts dimanche », confirme l’ARS-IDF. Le plus gros, en l’occurrence, Korian, chez qui six personnes sont mobilisées pour centraliser les données de quelque 300 établissements et les envoyer à SPF (pour le national) ou à l’ARS-IDF (pour l’Ile-de-France).

Samedi 16 mai, le préposé au formulaire a entré le même nombre (425) dans deux cases différentes du portail de l’ARS-IDF. Une première fois dans la case qui correspond au nombre de salariés présentant les symptômes du Covid-19 dans les établissements Korian d’Ile-de-France depuis le début de l’épidémie – ils sont bien 425. Une seconde fois, par erreur, dans la case « décès à domicile » qu’il n’y avait pas lieu de remplir. Il a bien été indiqué, dans la case adéquate, que deux décès supplémentaires, et non 425, étaient à déplorer en vingt-quatre heures. C’est le mauvais nombre, inscrit dans la mauvaise case, qui a été transmis par l’ARS-IDF à SPF puis à la DGS.

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