la communauté internationale d’accord pour mieux coopérer face au Covid-19


Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, le 19 mai à Genève.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, le 19 mai à Genève. CHRISTOPHER BLACK / WORLD HEALTH ORGANIZATION / AFP

Les applaudissements qui ont clos, mardi 19 mai, l’Assemblée mondiale de la santé, qui se tenait virtuellement sur deux jours, étaient convenus. Certes, les 194 Etats membres ont réussi à adopter par consensus une résolution de compromis portée par l’Union européenne (UE) en vue d’améliorer la coopération mondiale face au Covid-19 et l’accès à un traitement et un vaccin − une première pour l’Organisation des Nations unies (ONU) depuis le début de la crise. Mais le soulagement de voir le système multilatéral s’emparer du sujet − après plus de deux mois de débats stériles du conseil de sécurité au G7 − a été éclipsé par le duel sino-américain qui a pris en otage une assemblée sous très haute tension.

Car les nuages commencent sérieusement à s’amonceler au-dessus de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mise en cause par l’administration Trump − un des pays les plus touchés par le Covid-19 − pour sa gestion de la pandémie qu’elle juge trop favorable à Pékin. Elle doit maintenant faire face à la menace d’un retrait définitif des Etats-Unis et de leurs financements − à hauteur de 500 millions d’euros pour la période 2020-2021. Dans une lettre adressée au docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, son directeur général, Donald Trump donne un ultimatum de trente jours à l’OMS pour engager des améliorations substantielles à son action.

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Stratégie illisible

La stratégie du président américain est d’autant plus illisible que la résolution à laquelle Washington s’est ralliée appelle précisément l’OMS à conduire une enquête « impartiale, indépendante et complète » de sa gestion de la pandémie. Le docteur Tedros − accusé, lui aussi, par Washington d’avoir manqué « d’indépendance » vis-à-vis de Pékin − a estimé que cette enquête devrait avoir lieu « au moment approprié » et a rappelé que celle-ci ne se limitait pas à son organisation et pouvait s’étendre aux Etats membres.

Cette demande n’a rien d’étonnant : pour chaque épidémie, l’OMS s’est livrée à cet exercice d’introspection. C’est à la suite de l’épidémie de SRAS en 2003, que l’organisation avait engagé une révision de son règlement sanitaire international en 2005, seul instrument contraignant à sa disposition pour coordonner la riposte internationale aux épidémies. Mais dans le contexte d’affrontements accrus entre les Etats-Unis et la Chine, cette mention d’une « évaluation » a fait l’objet d’une âpre bataille. En demandant à ce que celle-ci démarre « au plus tôt » et sans fixer la moindre échéance, les Etats membres font une concession à Pékin qui avait déjà indiqué qu’aucune enquête n’aurait lieu tant que la pandémie ne serait pas « éradiquée ». Des questions de taille demeurent en suspens : qui constituera le comité d’enquête et quels seront exactement ses termes de référence ?

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