La crise sanitaire a causé une baisse d’émissions de CO2 sans précédent depuis la seconde guerre mondiale


Vue de Santiago du Chili, le 2 avril 2020.
Vue de Santiago du Chili, le 2 avril 2020. MARTIN BERNETTI/AFP

La crise du Covid-19 a eu un effet « extrême » sur les émissions mondiales de CO2. Selon la manière dont la relance économique se fera, celles-ci devraient baisser d’environ 4 % à 7 % sur l’année 2020, par rapport à 2019, soit la plus forte diminution annuelle enregistrée depuis la seconde guerre mondiale, d’après une étude publiée dans Nature Climate Change, mardi 19 mai. Reste que pour le Global Carbon Project, un consortium international de scientifiques à l’origine de ces travaux, ce décrochage n’est probablement pas durable dans la mesure où il n’est pas lié à des transformations socio-économiques structurelles.

En réduisant drastiquement l’activité économique mondiale et en entraînant un confinement dans de nombreux pays, le SARS-CoV-2 a provoqué une baisse de 8,6 % des émissions de CO2 d’origine fossile, sur la période allant du 1er janvier au 30 avril, par rapport à la même période en 2019, soit plus d’un milliard de tonnes évitées. Au plus fort du confinement, le 7 avril, les rejets carbonés journaliers ont même baissé de 17 % par rapport à la moyenne de 2019 – corrigée des variables saisonnières.

Infographie Le Monde

L’essentiel de la baisse est enregistré en Chine, premier pollueur mondial, qui a, la première, instauré un confinement : ses émissions ont diminué de 242 millions de tonnes sur les quatre premiers mois de l’année, comparé à 2019, soit une baisse de 7,8 %. Suivent les Etats-Unis (207 millions de tonnes évitées, − 12 %), l’Union européenne et le Royaume-Uni (123 millions de tonnes en moins, − 10 %) et l’Inde (98 millions de tonnes en moins, − 11 %). La France, elle, a vu ses rejets carbonés diminuer de 16 % sur la période par rapport à 2019. La baisse y est plus forte que dans d’autres pays, dans la mesure où les transports, secteur particulièrement touché par le confinement, pèsent lourd dans les émissions de l’Hexagone.

Un gros tiers (39 %) de la chute des émissions mondiales entre janvier et avril provient des transports de surface (routiers, ferroviaires et maritimes), devant l’industrie (29 %) et la production d’énergie (17 %). Si l’aviation est le secteur le plus affecté par le confinement (il enregistre une baisse de 60 % de son activité journalière), il ne compte que pour 3 % des émissions mondiales en temps normal, et n’a donc contribué qu’à hauteur de 10 % à la baisse des émissions pendant le confinement. Les bâtiments publics et de commerce comptent pour 5 % de la baisse totale, tandis que les bâtiments résidentiels ont vu leurs émissions légèrement augmenter.

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