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Serigne Touba face aux Wahhabites… [Par A. Aziz Mbacké Majalis]

Serigne Touba face aux Wahhabites… [Par A. Aziz Mbacké Majalis]

3750cec8aaaa9dff79700a4982c35862_XL Ces quatre documents inédits consistent en une série de correspondances entre Cheikh A. Bamba et les dignitaires de la ville de Médine. Lettres dans lesquelles ces derniers sollicitaient son assistance en 1922, lors de l’attaque de la ville du Prophète (PSL) par les armées wahhabites. C’est-à-dire les pères fondateurs du régime politico-idéologique qui sollicite actuellement l’aide du Sénégal pour sa croisade contre le Yémen…

Une troublante coïncidence est que l’une des causes de la demande d’aide de l’Imam Kourdiyou de Médine à Cheikh A. Bamba fut la « protection d’un Lieu saint de l’Islam ». A savoir le tombeau du Prophète (PSL) dont les Ikhwân, coalisés des Wahhabites, voulaient la destruction. Ceci, après avoir détruit les mausolées des Compagnons du Prophète et ceux de sa sainte famille, tout en persécutant ses descendants etc. Cruelle ironie de l’histoire, n’est-ce pas ? Le régime wahhabite actuel, qui sollicite l’assistance militaire de notre pays pour (soi-disant) « protéger les Lieux Saints » de la menace chiite (obédience leur étant opposée), est le même qui menaçait dans le passé de détruire l’un de ces Lieux saints même, notamment le tombeau de Seydina Muhammad (PSL)…

L’étude de la lettre de requête de l’Imam de Médine, celle des deux poèmes de réponse qui leur fut adressés en retour par Cheikh A. Bamba et celle de l’émouvante ode de remerciement de l’Imam, démontrent que l’option spirituelle du « Jihad non-violent », par les seules « armes » de la science, de la piété, et de la prière (recommandée par le Prophète), que Serigne Touba a depuis toujours choisie, même dans les plus durs moments de sa confrontation avec les colonisateurs, fut préconisée par le Saint homme à ses frères musulmans en de telles circonstances. Une leçon à méditer par nos gouvernants qui préfèrent apparemment les armes de la guerre à celles de la spiritualité et de la conciliation pacifique entre musulmans comme nous y enjoint Serigne Touba…

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DOCUMENT 1

LETTRE DE L’IMAM KOURDIYOU DE MEDINE

Mois de Rabi Thânî de l’an 1343 de l’Hégire

Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Puisse Dieu accorder la Paix et le Salut à notre Maître Muhammad, à sa Famille et à ses Compagnons

Cette présente missive émane des habitants de la ville de Madinnatu-l-Munawwar (la Cité Illuminée) : des Nobles Ashrâf [1], des Imams, des Muezzins, des Aghawât [2] et de tous les serviteurs de l’Enceinte Sacrée (Hurûm) du [Prophète] Choisi Par Excellence – puisse Dieu lui accorder la Paix et le Salut.

Elle est adressée au plus éminent Maître, au Chef de la Qadriya et de toutes les autres Voies menant vers Dieu et vers Son Prophète, au Guide Spirituel des Aspirants au Droit Chemin et à la Sainte Législation (Sharia’) du Plus Excellent des Messagers ; nommément notre Maître Cheikh Ahmadou Bamba.

Que la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction de Dieu soient sur vous.

Nous nous adressons à votre bienveillance pour vous informer que les Wahhabites [3] s’approchent de Madinnatu-l-Munawwarah et que nous sommes, en ces instants mêmes, dans une terrible angoisse. Aussi avons-nous décidé d’envoyer des émissaires, à travers le monde entier, vers toute personne capable de faire accéder spirituellement à Dieu, aux fins de solliciter des prières en notre faveur. Nous faisons, par conséquent, appel à vous, comptant sur les vertus charismatiques de vos prières afin que Dieu nous délivre des périls qui nous guettent.

Nous nous sommes décidés à entamer cette démarche conformément à la Parole de Dieu enjoignant : « Ô vous qui croyez ! Craignez Dieu et cherchez un Wasila (moyen d’accès) auprès de Lui » (5:38). Et également à cause de cette Tradition Prophétique (hadith) tenue de Abu Mûsa et rapportée par les deux Chefs [4] d’après laquelle « un croyant se doit d’être envers un autre croyant tels les briques d’un même édifice ». Pleinement convaincus que vous n’irez point à l’encontre de ce hadith, puisse la Paix, la Miséricorde et la Bénédiction de Dieu soient sur vous.

SIGNATAIRES DE LA LETTRE:

– Khalil Agha, Prédicateur

– Abdallah Jamal, Prédicateur, Chef des Aghawatu-l-Layl

– L’autorité religieuse des Nobles (Ashrâf)

– Arif Barri, Prédicateur, Doyen des prêcheurs.

– Mohammed ben Hamid Saman, Prédicateur, Doyen des Muezzins

– As ad Barri, Prédicateur, Doyen de l’équipe préposée à l’entretien des tapis de prière

– Ar-Ra’is Abdul Malick Khuj, Prédicateur, Muezzin de la Sainte Mosquée

– Ibrahim Khas Qaji, Prédicateur L’émissaire de notre missive se prénomme Hamid Saman, fils de Cheikh Muhammad Saman, Muezzin de la Mosquée du Prophète.

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DOCUMENT 2

RÉPONSES DE CHEIKH A. BAMBA A L’IMAM DE MEDINE

Nous avons pu retrouver, adjointes à certaines éditions imprimées du Noûrou Dârayni (La Lumière des Deux Demeures), les deux poèmes que Cheikh A. Bamba composa à l’intention de ses solliciteurs médinois. Poèmes (dont celui-ci de 13 vers) qui furent, selon la tradition, remis à leur émissaire avec ordre de transmettre à ses mandants. A travers certaines formulations du Cheikh, l’on perçoit non seulement sa parfaite compréhension de la situation politique et de la nature des menaces (dont celles se fondant sur le dogme littéraliste wahhabite et sur les dissensions inter-musulmanes), mais aussi son assurance spirituelle que rien au monde ne saurait entamer la dignité et le Haut Rang de son Maître, le Prophète Muhammad, car garantis par le Seigneur en personne…

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Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.

Ô Seigneur ! En vertu de Ta Face Honorable et par un effet de Ta Sublime Toute-Puissance, daigne accorder, de ma part, la Paix, le Salut et la Bénédiction à la Noble Quintessence de notre Maître Muhammad, élue d’entre toutes les essences, à son Entité corporelle parmi tous les corps, à son Cœur parmi tous les cœurs, à son MAUSOLÉE parmi tous les tombeaux.

Paix, Salut et Bénédiction par la grâce desquels Tu gratifieras également Ton Agrément à notre Maître Abû Bakr Siddîq (Dieu Très-Haut soit Satisfait de lui), à notre Maître ‘Umar ibn Khatâb (DSSL), à notre Maître ‘Uthmân ibn ‘Afân (DSSL), à notre Maître ‘Alî ibn Abî Tâlib (puisse Dieu Très-Haut être Satisfait de lui et honorer sa face) et à l’ensemble des Compagnons du Prophète en général et aux Gens de Badr en particulier.

Par la grâce de ces Saluts, puisses-Tu aussi Te complaire de l’ensemble de Tes Vertueux Saints et de tous les Pieux ‘Ulémas de l’Islam puis consentir à exaucer la dévotion de l’auteur de ces mots que voici.

Ainsi soit-il, Ô SEIGNEUR des Mondes !

– Au Prophète-Envoyé qui nous advint avec la Bonne Guidée et qui, s’étant bien dirigé grâce au Livre qu’il apporta, guida [les Musulmans] vers le Droit Chemin –

…S’adresse la Plus Excellente des Salutations, dépouillée de toute altération ou équivoque, émanant du Serviteur du Prophète, Celui-là dont le voisinage est affranchi des impies

– Aux membres de sa Noble Famille et à l’ensemble de ses Compagnons, j’adresse également un Salut pérennisant Sécurité et Prospérité

– Ô Maître ! Ô Messager de Dieu ! Ô Objet de mes aspirations ! Puisse t’être gratifiée la Paix du Seigneur qui se charge d’appréhender tout impudent adversaire [de l’Islam]

– Ô toi le Sélectionné ! Ô Imam de l’ensemble des Messagers ! Puisse t’être accordé le Salut du Seigneur qui, par ta grâce, purifie quiconque réside avec toi

– Que la Paix et le Salut te soient assurés indéfiniment par le Seigneur qui ne fut nullement enfanté et qui point n’a engendré

– Puissent la Paix et le Salut de l’Eternel qui n’a point d’associé être répandus sur ta Personne et sur les Tiens, ô toi qui annihila l’erreur !

– Puisses-tu recevoir la Paix et le Salut du Seigneur Subsistant qui ne connaît point de fin, au même titre que tes Compagnons, ô toi qui mène vers la Droiture !

– Ô Gens de Médine ! Daignez recevoir de ma part une Excellente Salutation apaisant aussi bien l’âme que le corps

– Sachez que vous ne vous départirez jamais de la Pureté et de l’Honorabilité et que Dieu vous a préservés, dans les Deux Demeures, du danger des ennemis implacables – Réjouissez-vous du fait que le [Messager] fils d’Abdallah soit votre Voisin et du fait que vous résidiez dans ses alentours ; rendez-en donc grâce au seigneur Absolu !

– Puisse-t-il [le Prophète] recevoir la Prière du Seigneur qui a écarté à jamais les ennemis loin de sa personne et qui se charge de proscrire les impies de son voisinage

– Il s’est réjoui de mon existence entièrement dévolue à son Service ; Service intégralement agréé par la Grâce du Seigneur qui mène, à travers lui, vers le Chemin Droit de façon qu’il y dirigea…

Combien Glorieux est ton Seigneur ! Seigneur de la Toute-Puissance, Bien au-dessus de ce qu’ils Lui associent ! Paix sur les Envoyés ! Louange à Dieu, Maître des Mondes !

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DOCUMENT 3

Dans ce second poème de 14 vers (correspondants à l’acrostiche des 14 lettres de « Muhammadu Rassûlu Lâh »), le Cheikh objecte en filigrane, par l’arme de la « science » et de la « persuasion » pacifique, à l’extrémisme wahhabite interprétant de façon littérale l’injonction faite au Prophète (PSL) « Dis: « Je ne suis qu’un humain comme vous » » (Coran 18:110). En effet, l’interprétation littérale de ce type de versets et d’autres erreurs du genre, dues au refus d’intégrer d’autres sources complémentaires de l’Islam, ont mené vers des aberrations telles que le projet fou de démanteler son mausolée, sous prétexte de ne pas accorder une précellence au Prophète (PSL) susceptible de mener les musulmans vers le « shirk » ! Pas de meilleure plaidoirie, sommes-nous tentés de dire, que celle que Khadimou Rassoul, revêtant ici sa robe d’avocat du Prophète (PSL), nous expose à travers ce poème qui rappelle à l’ensemble des créatures la Place Éminente que Seydinâ Muhammad, la Meilleure Créature, occupe auprès de son Seigneur Bien-Aimé…

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Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Ô Seigneur ! Accorde Paix, Salut et Bénédiction à la Noble Quintessence de notre Maître Muhammad élue d’entre toutes les essences, à son Entité corporelle parmi tous les corps, à son Cœur parmi tous les cœurs et à son Mausolée parmi tous les tombeaux ; au même titre qu’à sa Famille et à ses Compagnons.

Paix, Salut et Bénédiction par la grâce desquels Tu sécuriseras les habitants de Madinatu-l-Munawwarah de tout mal ou préjudice à même de les affecter en ce monde-ci comme dans l’Autre. Salut par lequel Tu réjouiras également [l’Envoyé] – Dieu Très-Haut lui accorde Paix et Salut – au moment de la Résurrection, à celui du Désarroi, du Grand Rassemblement, de l’Attente, lors de la Traversée de Sirât, au moment de l’Entrée dans l’Eden et éternellement après celle-ci…

Combien Glorieux est ton Seigneur ! Seigneur de la Toute-Puissance, Bien au-dessus de ce qu’ils Lui associent ! Paix sur les Envoyés ! Louange à Dieu, Maitre des Mondes !

[Ce poème est composé en acrostiche à la profession de foi] « Muhammadu Rassûlu Lâh » (Muhammad est le Messager de Dieu)

– Quiconque conteste que Muhammad fils d’Abdallah soit la Lumière Substantielle des créatures est assurément un inintelligent

– Le Messager de Dieu détient des Faveurs dont n’est Informé que le Seigneur qui s’entretint avec lui de vive voix [lors de l’Ascension] – Muhammad est Unique, point n’est-il séant d’imaginer son pair ; il surpasse tout le monde et demeure richissime en Dons

– Quiconque pense que le Prophète Choisi est assimilable aux autres créatures est stupide et doté d’un cœur dépourvu de toute lumière – Le Rang du Prophète Choisi par Excellence est le fondement de ceux des autres Messagers ; car c’est de par le sien qu’on élève les leurs

– Notre cher Prophète Ahmad n’a assurément pas de pareil et un équivalent capable de le suppléer n’existe point [dans l’univers]

– C’est lui notre Maître, notre Guide vers les Paradis ; c’est avec lui que se dessécha la Plume de [Dieu], le Détenteur des Bienfaits – Dieu l’a préservé de [Satan] le Damné en chassant ce dernier vers d’autres que lui ; obtiendra ainsi le Salut quiconque s’attache fortement à lui

– Le fait qu’il soit le Chef de tous les chefs est assurément notoire et Satan s’est à jamais désespéré de lui porter atteinte

– Le Propriétaire du Trône Sublime jeta à jamais l’opprobre sur [Iblîs] et le chassa ignominieusement lorsqu’il refusa de L’adorer

– Aussi point ne se dirige-t-il en direction du Prophète Elu et Dieu s’engage de même à l’éconduire loin de quiconque s’attache fermement au Prophète

– De la même façon, aucun mal ne se dirigera vers Madinatu-l-Munawwarah car le Seigneur Subsistant qui Façonne [les créatures] l’a placée sous Sa Sauvegarde

– Le Possesseur du Trône a honoré, jusqu’en Son Paradis, le Maître de Médine et se charge Lui-même de veiller sur Sa Religion

– [Dieu], qui fit du Prophète Choisi Par Excellence son Serviteur Privilégié, se chargera de mettre à bas tout ce qu’échafauderont les insensés Puisse, à jamais, Dieu Très-Haut lui accorder Paix, Salut et Bénédiction [pour l’Eternité]…

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DOCUMENT 4

LETTRE DE REMERCIEMENT DE L’IMAM DE MEDINE

Ceci constitue la dernière correspondance rédigée par Cheikh ‘Umar Kurdiyu, l’Imam de Médine, lorsque la situation ayant poussé ses concitoyens à s’adresser au Serviteur du Prophète évolua. Il lui adressa, au nom de l’ensemble de ses coreligionnaires, ce poème émouvant composé, à l’instar de ceux du Cheikh, de 13 vers fort admirables…

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L’auteur de ces vers est le Cheikh ‘Umar Kurdiyu, parlant au nom des habitants de la ville de Médine, qui expriment ici leur reconnaissance au Cheikh Ahmadu-l-Khadîm, eux qui, jadis, se plaignaient auprès de lui de leurs infortunes…

– Une Lumière de la Sainteté a jailli, confirmant l’Intangible Vérité, et dont furent favorisés les esprits éclairés – Contemple [cette auréole] sur la face de l’homme qui dissipa sur la terre d’Afrique les ténèbres de l’ignorance

– Cet Imam-là se prénomme Cheikh Ahmadou [Bamba], celui dont toute l’existence n’est que Louanges et Remerciements au Seigneur

– C’est assurément le Maître de la Haqiqah (ésotérisme), de la Tarîqah (Voie) et de la Droiture qui mène les hommes vers la Vérité et la Foi

– Ô Toi, Lune de la Connaissance Vraie dans les cycles de laquelle on se repaît ! Ô Océan de Ma’rifa (gnose) au perpétuel ressac de Bienfaits ! – Ô Serviteur du Prophète Choisi Par Excellence !

– [ce Messager] aux Mystères Indénombrables et Infinis,

– Tes vertus bienfaisantes ont atteint la terre de Taybah (Médine) et ainsi fut-elle revivifiée par tes Dons s’y déversant en sublimes ondées

– Aussi témoigne-t-elle, par ma voix, sa profonde gratitude à votre haute bienveillance imbue des vertus éminentes

– Nous sollicitons également auprès de toi, pour toute notre existence, une honorabilité qui affligera tout ennemi malfaisant

– Car tu demeuras pour nous le Protecteur qui, en dissipant notre objet d’affliction, a réjoui aussi bien les proches que les lointains – Tourne donc vers nous ton regard béni ; ce regard qui, de façon manifeste ou secrète, protège du malheur – Aie donc pitié des habitants de Médine ! De cette noble compassion qui ravit l’Envoyé, l’Elu Descendant d’Adnan – Puisse Dieu lui accorder Son Meilleur Salut et puisse-t-Il également te rétribuer tant que daigneront être les deux sphères …

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Notes [1]

Ashrâf : Il s’agit des Hassanides et des Husseinides, respectivement descendants de Hassan et de Hussein (tous deux fils de Ali et de Fatima) qui ne cessèrent de réclamer le califat. Les trois Imams des trois grands mouvements chiites sont issus de leur dynastie. Ces Alides vivaient à Bagdad au cours du Xème siècle et y disposaient de représentants alors qu’ils étaient juste comptés parmi les Hachimites auparavant. C’est ainsi qu’ils reçurent depuis ce temps le titre de Sharîf (noble) qui, jusqu’à nos jours, continue de s’appliquer aux descendants du Prophète (PSL)

[2] Aghawât : pluriel de Aghâ signifiant ici « Officier Turc ». On sait que, après la conquête de l’Egypte (en 1517), les Ottomans étendirent leur domination sur l’Arabie où les sultans reçurent le titre de « Serviteurs des Deux Saintes Cités ». C’est seulement en 1932 que la dynastie wahhabite des Saoûd réussit à fonder officiellement le Royaume d’Arabie Saoudite en mettant fin à l’occupation turque et britannique.

[3] Wahhâbiyûn : La doctrine wahhabite apparut au milieu du 18ème siècle et tire son nom de Muhammad ibn Abd Wahhab, né dans le Nedj (province de la région centrale de l’Arabie Saoudite actuellement). Lorsqu’il revint de son pèlerinage, il s’érigea à l’encontre de la vénération vouée aux grands Maîtres, constituant un des principes de l’enseignement spirituel dispensé par un cheikh afin de parvenir à Dieu. Il dénigrait véhément, dans ses sermons, les Saints, les présentant comme des hérétiques afin que les Musulmans les rejettent ; il prêchait un retour littéral au texte du Coran, contestant et décriant toute vocation intérieure envers les aspects ésotériques de l’Islam (Taçawwûf ou Soufisme). C’est sa doctrine qu’adoptèrent officiellement ses alliés politiques saoudiens qui entreprirent plus tard, à travers la puissance de leurs pétrodollars, de l’exporter aux quatre coins du monde, avec toutes les conséquences désastreuses vécues aujourd’hui au niveau de l’unité des musulmans et de l’expansion du terrorisme qu’il leur est arrivé de financer.

[4] Bukhari et Muslim, deux célèbres traditionalistes et auteurs des principaux recueils de référence en cette matière qui portent leurs noms (Sahih-Al Bukhari et Sahih Al-Muslim).

[5] Le Prophète (PSL) a en effet dit : « Le Croyant se doit d’être envers son frère Croyant tel les briques d’un édifice qui se soutiennent » et que « les Croyants doivent entrelacer leurs doigts ». (Al Bukhari)

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