Economie Environnement

Mobilisation contre l’externalisation par Veolia de la collecte des déchets industriels en Ile-de-France


Ali Chaligui, délégué CGT (à gauche), prend la parole devant les chauffeurs de Taïs, filiale de Veolia pour la collecte des déchets industriels, le 4 mars 2021 devant le siège de l’entreprise à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis).

« Pour que je vienne jusqu’ici, c’est vraiment que ça va mal ! », glisse André, 52 ans, collecteur de déchets dans le Val-d’Oise mais habitant dans l’Eure. Il a fait presque 100 km ce jeudi 4 mars pour venir manifester, comme une centaine de ses collègues, devant le siège de Veolia, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), contre le projet de l’entreprise de sous-traiter la collecte des déchets industriels en Ile-de-France, jusqu’ici gérée par sa filiale Taïs.

Cela concerne des déchets non dangereux produits par des entreprises ou des administrations, déchets de la grande distribution ou du BTP, emballages, boues ou poussières. Taïs conservera contrats et clients, ainsi que le traitement des déchets (tri, recyclage, valorisation), mais pas la gestion des tournées de camions qui ramassent les bennes et transportent leur contenu jusqu’aux « exutoires » en vue de leur traitement. Et donc pas leurs chauffeurs non plus : 151 postes sont ainsi supprimés.

Déficit structurel

Pour justifier son plan, la direction invoque d’abord « l’enjeu environnemental ». Le lien ne s’imposant pas d’emblée, elle s’explique. « En 2024, les véhicules au gazole seront interdits dans le Grand Paris. Cela nous demanderait de renouveler la totalité de notre flotte de camions, détaille au Monde Eric Garcia, directeur général de Taïs. Or, précise Abdelateff Mansouri, ‎directeur des ressources humaines chez Veolia Recyclage et Valorisation, « ce verdissement de la flotte a déjà été engagé par d’autres sur l’Ile-de-France, des partenaires de confiance », en l’occurrence les entreprises Mauffrey et Cèdre, les prestataires qui récupéreront la collecte. Veolia a donc fait le choix « de donner la priorité de [ses] investissements aux questions du tri, du recyclage et de la valorisation » et d’externaliser la collecte.

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D’autant que cette activité génère un déficit structurel de 10 millions d’euros par an. « Cela va nous permettre de regagner en compétitivité », explique M. Garcia. Un plan de départs volontaires a été mis en place. Et les chauffeurs qui le souhaitent pourront opter pour une « mobilité externe » : dans ce métier en tension, dès le lendemain de la rupture du contrat de travail, les prestataires proposent de les reprendre en CDI sans période d’essai.

Mais sans non plus de prise en compte de leur ancienneté. Et sous une autre convention collective, celle du transport, moins disante socialement que la convention collective du déchet. « Le taux horaire passe de 16 euros de l’heure à 10 euros, de 35 heures par semaine, on passe à 39 heures, on perd le 13e mois, on perd des primes… », liste, entre autres, Ali Chaligui, délégué CGT chez Taïs.

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