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La justice de Hongkong condamne un adolescent qui avait participé aux manifestations de 2019


Plus de 10 000 personnes ont été arrêtées en relation avec les immenses manifestations qui ont secoué la ville pendant plus de six mois en 2018.

Il est devenu, mercredi 3 mars, la plus jeune personne à plaider coupable pour avoir pris part à des émeutes lors des manifestations prodémocratie qui ont secoué Hongkong en 2019.

Un adolescent hongkongais de 16 ans, âgé de 14 ans au moment des faits, a reconnu avoir jeté un cocktail Molotov en direction de la police. L’adolescent, dont l’identité ne peut pas être révélée pour des raisons légales, avait été arrêté en novembre 2019. Il a été reconnu coupable d’incendie criminel et d’avoir pris part à une émeute.

Le juge, qui a suivi les recommandations des services pénitentiaires, a décidé d’envoyer le garçon dans un centre fermé représentant, pour les jeunes délinquants, une alternative à la prison. La durée de sa détention, qui devra être d’un à six mois, sera fixée par l’administration pénitentiaire. « Le tribunal doit trouver un juste équilibre entre [défendre] les intérêts de la société et aider les jeunes délinquants », a déclaré le juge Ernest Lin.

Plus de 10 000 personnes ont été arrêtées en relation avec les immenses manifestations qui ont secoué la ville pendant plus de six mois en 2018. Parmi elles, environ 40 % d’étudiants.

Hongkong au cœur de la session parlementaire

Cette condamnation intervient au moment où 47 prévenus, parmi lesquels plusieurs figures de proue de la contestation hongkongaise, comparaissaient, mercredi, pour le troisième jour d’affilée, devant des magistrats qui devraient les inculper pour subversion, des poursuites condamnées à l’étranger comme une illustration de la répression chinoise.

Ces procès précèdent de peu la session parlementaire qui pourrait resserrer encore l’étreinte de Pékin sur Hongkong. Les près de 3 000 députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP) vont, comme chaque année, ratifier comme un seul homme les décisions du Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir, dans le cadre solennel du Palais du peuple à Pékin.

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La session 2020 – retardée pour la première fois depuis quarante ans, pour cause d’épidémie – avait été, pour lui, l’occasion de proclamer la victoire du pays sur le Covid-19. Hongkong avait été l’an dernier au centre de la session, avec l’adoption d’une loi sur la sécurité nationale qui a largement étouffé la contestation dans l’ancienne colonie britannique. La région autonome pourrait bien, cette année, revenir sur le devant de la scène, avec une réforme du système électoral visant à diluer l’influence des conseillers de districts.

Lors d’un scrutin fin 2019, alors que Hongkong vivait au rythme des manifestations prodémocratie, leurs sièges avaient été très largement remportés par les opposants au gouvernement local pro-Pékin. Ils représentent, désormais, le dernier contre-pouvoir à Hongkong et le régime chinois pourrait chercher à les écarter du processus de désignation du conseil législatif local, qu’il contrôle pourtant déjà très largement.

Un haut responsable chinois a, d’ores et déjà, prévenu que Pékin voulait faire en sorte que seuls « des patriotes » – partisans du régime communiste – puissent être élus à Hongkong. La presse chinoise a annoncé que des « brèches » dans le système électoral allaient être comblées. Les prochaines élections législatives sont prévues en septembre à Hongkong, revenue dans le giron chinois en 1997.

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Le Monde avec AFP

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