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le diocèse de Paris met fin à l’expérience du centre pastoral Saint-Merry


Une expérience emblématique du catholicisme post-concile Vatican II, à Paris, s’achèvera le 1er mars dans une atmosphère de crise aigre. A partir de cette date, l’archevêque de la capitale, Michel Aupetit, aura retiré au centre pastoral Saint-Merry (4e arrondissement) la mission qui lui avait été confiée en 1975 par l’un de ses prédécesseurs, le cardinal François Marty. Dans une lettre datée du 7 février, et rendue publique une semaine plus tard, il reproche aux laïcs de ce centre pastoral « la méchanceté, l’absence de charité et la volonté de détruire » qui se seraient exprimées à l’encontre de prêtres de la paroisse Saint-Merry, à laquelle le centre est rattaché.

Le dernier curé en date, Alexandre Denis, a démissionné le 11 janvier, à bout de force, après une série de conflits avec des acteurs du centre Saint-Merry. « C’est la seconde fois en moins de trois ans que le curé de votre paroisse est contraint de quitter sa mission brutalement devant la violence des attaques dont il fut l’objet », insiste le prélat. A l’été 2019, dans une atmosphère déjà très tendue, son prédécesseur, Daniel Duigou, avait renoncé à poursuivre sa mission au terme d’un premier mandat. Benoist de Sinety, vicaire général du diocèse, avait été dépêché pour tenter d’aplanir les choses, rencontrant à l’époque une soixantaine de participants. Mais le départ du père Denis témoigne de la persistance des tensions.

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La fin du centre pastoral a été confirmée à ses animateurs par Mgr de Sinéty vendredi 19 février. Mercredi 24, dans un communiqué, la communauté s’est dite « prête à se remettre en question » et a appelé à la poursuite du dialogue avec le diocèse.

« Des ayatollahs invivables »

Implanté dans le quartier alors en pleine mutation du centre Beaubourg et des Halles, au cœur de Paris, le centre pastoral Saint-Merry est né il y a quarante-cinq ans comme un lieu d’expérimentation destiné, pour une Eglise catholique en crise, à renouer avec des pans de la société qu’elle voyait s’éloigner chaque jour davantage. Dans ce qui était alors un symbole d’un catholicisme d’ouverture, voire « de gauche », un accent particulier était mis sur le dialogue avec les milieux de l’art contemporain, sur l’aide aux migrants, l’accueil en son sein des personnes marginalisées comme les LGBT ou les divorcés remariés.

Pour son fonctionnement, le centre pariait sur une « coresponsabilité » des laïcs et des clercs. Le rôle des laïcs se manifestait notamment dans leur implication dans la préparation et la liturgie de la messe de 11 h 15, le dimanche, à Saint-Merry, qui attirait des personnes bien au-delà de la paroisse. Cette célébration n’aura plus lieu à partir du 1er mars.

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