Economie Environnement

Face aux variants du Covid-19, l’Europe s’engage vers de nouvelles restrictions aux frontières


Un chercheuse de l’Institut Pasteur montre le séquençage du génome du Covid-19 ainsi que ses variants, le 21 janvier.

C’était il y a presque un an. En mars 2020, les unes après les autres, les frontières intérieures de l’Union européenne (UE) ont commencé à se fermer, tandis que les gouvernements décidaient de confiner leur pays.

Aujourd’hui, alors que de nouveaux variants du virus sont apparus, dont le britannique, extrêmement contagieux, des tensions réapparaissent, qui pourraient, une nouvelle fois, menacer le marché intérieur et paralyser l’économie du Vieux Continent. Dans ce contexte à hauts risques, la réunion en visioconférence, entre les chefs d’Etat et de gouvernement européens, jeudi 21 janvier au soir, n’a pas véritablement permis de les atténuer.

Bien sûr, les Vingt-Sept ont à cœur de tout faire pour éviter que le virus se propage comme une traînée de poudre. Pour cela, ils veulent accélérer, autant que faire se peut, les campagnes de vaccination partout en Europe et limiter au maximum les déplacements d’un pays à l’autre. Mais, sur ce dernier point, tous ne voient pas les choses de la même manière. Et, entre Paris et Berlin, l’heure n’est pas à l’alignement parfait. Loin s’en faut !

Berlin prône une harmonisation entre les Vingt-Sept

Le président français veut à tout prix préserver une certaine fluidité au sein de l’UE afin de ne pas accentuer les ravages économiques de la pandémie, et il milite pour que ceux qui vont d’un pays à l’autre pour des raisons dites « essentielles » – comme les travailleurs transfrontaliers ou les transporteurs routiers – puissent continuer à circuler librement.

Pour les autres en revanche, a annoncé Emmanuel Macron jeudi soir, ils devront, à compter de dimanche 25 janvier, présenter un test PCR négatif réalisé dans les 72 heures précédentes. L’Elysée a précisé que l’approche du chef de l’Etat était également celle de « beaucoup de ses homologues européens ».

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En Allemagne, où la deuxième vague de la pandémie est bien plus meurtrière que la première et où la campagne pour la succession à Angela Merkel a commencé, la chancelière veut aller plus loin. « Nous ne pouvons exclure la fermeture des frontières, mais nous voulons l’empêcher via une coopération au sein de l’UE », a-t-elle dit lors d’une conférence de presse, jeudi.

Elle prône donc une harmonisation des mesures de restriction entre les Vingt-Sept : « Si un pays, où l’incidence [du coronavirus] est deux fois plus élevée que celle de l’Allemagne, ouvre tous ses magasins et que nous les gardons fermés, il y a un problème », a-t-elle expliqué. Berlin n’exclurait pas, dans ces conditions, d’imposer des tests à tous ceux qui seraient amenés à traverser ses frontières, y compris ceux qui le font pour des raisons essentielles. « Quand les magasins allemands étaient ouverts et les autres fermés, ça ne la gênait pas », commente un diplomate.

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