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Covid-19: quand des patients se font contaminer en milieu hospitalier


XALIMANEWS- Des failles relatives aux règles d’éloignement des centres de traitement du covid19 ont provoqué plusieurs cas d’infections nosocomiales c’est-à-dire des patients ayant chopé des maladies lors d’un séjour dans un hôpital. Un autre front sur lequel les personnels soignants des centres de traitement covid de Thiès, Diamniadio, Dantec, Fann, Touba etc. sont appelés à lutter. « Le Témoin » a enquêté.

Créés dans le cadre du plan de riposte au Covid-19, la plupart des Centres de traitement des épidémies (Cte) sont implantés dans les hôpitaux. Il s’agit entre autres de ceux de Fann, Le Dantec, Principal, Idrissa Pouye de Grand Yoff (ex-Cto), Dalal Jamm, Matlaboul Fawzayni, Diamnidadio et El Hadj Amadou Sakhir Ndiéguène. 

Des hôpitaux qui reçoivent tous les jours des patients souffrant d’autres pathologies, notamment des affections chroniques telles que les maladies cardiaques graves, les insuffisances respiratoires, l’asthme, le diabète, les accidents vasculaires cérébraux etc… De nombreux médecins et infirmiers déplorent le fait que ces patients vulnérables cohabitent dans une même structure hospitalière avec des malades du covid. « Avec cette proximité, ces patients souffrant de maladies chroniques en séjour dans des hôpitaux abritant des centres de traitement épidémiologiques(Cte) sont les plus exposés aux risques liés au coronavirus. 

Malgré tous les efforts déployés par les autorités sanitaires et les mesures de protection prises par les personnels soignants, il y aura toujours des cas d’infections nosocomiales liées au Covid-19»expliquecemédecin-réanimateuren service dans un centre de traitement des épidémies (Cte). Selon lui, toutefois, tout en soulignant que la situation des cas d’infections nosocomiales, bien que paradoxale, n’est pas alarmante. « Parce que c’est le système sénégalais de gestion et de riposte au covid-19 qui est défaillant, faute de structures sanitaires dédiées pour la prise en charge des patients. Par exemple, dans nos Urgences, on a constaté qu’il y a des malades qui ont chopé le virus alors qu’ils étaient admis pour d’autres pathologies. C’est tout à fait normal puisqu’ils ont eu à partager la salle des Urgences avec d’autres malades dont la positivité au coronavirus a été révélée 48 heures après les tests. 

Entretemps, ces malades ont pu en contaminer d’autres, ce qui explique certains cas d’infections nosocomiales liées au coronavirus que nous avons enregistrés au niveau de notre Unité Covid» déplore notre interlocuteur. 

Des médecins trop sollicités 

Au moment où le Sénégal est confronté à une deuxième vague fulgurante de contaminations, la bataille contre les infections nosocomiales n’est pas gagnée d’avance. Pis, le débordement des centres de traitement du covid des hôpitaux de Fann, Le Dantec, Matlaboul Fawzayni, Diamniadio, ElHadj Amadou Sakhir Ndiéguène etc. ainsi que le déficit de médecins-réanimateurs et le manque de lits de réanimation ne facilitent pas les choses. Selon un médecin spécialiste des maladies infectieuses, chaque médecin-réanimateur doit gérer dans les normes six (06) à dix (10)malades en Urgences-Covid pour un traitement de qualité et un suivi efficace. « Malheureusement, dans certaines Unité-Covid, on voit un médecin-anesthésiste ou un médecin-réanimateur très sollicité au point de faire la navette entre l’Unité-covid, le bloc opératoire de l’hôpital, les Urgences et la salle de consultations. Ce avec les mêmes équipements de protection individuelle ! 

Pire, il porte la même blouse et le même stéthoscope. Dans ce cas, aussi bien les médecins que les malades en consultation ou en urgence, personne ne peut être à l’abri d’une infection nosocomiale liée aux germes des patients du coronavirus. Surtout quand ces derniers sont en observation le temps que les résultats des tests-covid soient connus » regrette notre spécialiste. 

Dans ce monde des contaminés en milieu hospitalier, les accompagnants des patients ne sont pas exempts de tout reproche. Car, il arrive souvent de voir un accompagnant de malade faire les courses pour d’autres malades en situation de détresse sociale (restauration, retrait argent, achat de cartes téléphoniques voire de médicaments à la pharmacie etc.) « Vous voyez !

 Et comme certains accompagnants de malades ont l’accès « facile » aux structures d’urgence avec la compréhension du personnel médical, ils peuvent faire circuler ou transmettre certains virus ou germes à d’autres malades à travers les sachets de médicaments, les vêtements, les aliments, les fruits etc. En tout cas, la lutte contre les infections nosocomiales liées au Covid-19 est très loin d’être gagnée dans un système de riposte et de gestion comme le notre. Même dans certains pays développés, il est difficile de lutter contre ces infections à plus forte raison chez nous… » soupire notre médecin-réanimateur. 

Le Temoin

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