Economie Environnement

Ce Que L’on Sait De Cette Affaire Qui A Irrité Le Sénégal


L’affaire des « jouets alcoolisés » vendus aux enfants devant leurs établissements scolaires est en train de connaitre une suite judiciaire. Et pourrait même faire l’objet d’un projet de loi pour corriger un vide juridique. L’homme présumé être l’importateur et le fournisseur de ce produit prohibé a été arrêté le 15 décembre dernier, confié aux gendarmes, il a été présenté au procureur de la République. Et, avec ces affaires de « jouets homosexuels » cachés dans des bonbons comme avec celle-là des « boissons alcoolisées » caché dans des jouets, c’est toute la législation sénégalaise qu’il va falloir revoir pour mieux contrôler les importations de produits non alimentaires. Enquête.
Après l’annonce de l’existence de ce produit dangereux et vendus aux enfants à leur sortie d’école et la broncha soulevée sur les réseaux sociaux, les services du ministère du commerces s’étaient lancés aux trousses du produit incriminé avec la mission, cette fois-ci, de tracer son origine pour sanctionner son importateur et le retirer du marché. Et, en moins de quarante-huit heures, l’affaire qui a été présentée à l’opinion comme « un complot destiné à dépraver les jeunes sénégalais » a révélé tous ses secrets. A en croire des confidences obtenues par Kewoulo, « ce sont les réseaux sociaux qui ont donné l’alerte. » Et, au même moment, des services de renseignement comme ceux du ministère du commerce sont entrés dans la danse. Quelques heures auparavant, une information faisant état de la présence sur le territoire national de jouets contenant de l’alcool et vendus aux enfants à la sortie des écoles a été entendue à Mbour et à Rufisque. Et elle a vite fait le tour du pays. Après l’affaire des « poupées incitant à l’homosexualité » et les cris d’orfraie lancés par les CSS, jalouse de devoir partager son « business sucré » avec des opérateurs nationaux, cette affaire de « jus alcoolisés » vendus aux écoliers sénégalais ne pouvait que mal tomber pour la direction du commerce intérieur.

« C’est pourquoi, dès que nous avons été informés de cette découverte, la ministre du commerce nous a instruit de mettre fin à cette situation. Et nos laboratoires ont procédé à l’analyse qui a montré, effectivement, l’existence d’un goût fruité et de l’alcool à 6° dans le jus contenant dans ces jouets». Ont fait savoir les services de Mme Assome Diatta. Comme demandé, par leur patronne, dès le 14 décembre, les services du ministre du commerce -qui sont descendus sur le terrain à Mbour et à Rufisque- sont parvenus à identifier un des boutiquiers vendeurs du produit ciblé. A Mbour, les enquêteurs du ministère ont procédé à son interrogatoire sur place. Et, ce dernier, qui a soutenu l’avoir acheté auprès d’un fournisseur, n’a pu produire aucune facture. Néanmoins, les informations qu’il a livrées aux enquêteurs ont permis à ces derniers de se mettre sur les traces d’un certain Thierno Adama Diallo, commerçant établi à la rue Sergent Malamine X rue Grasland. Convoqué le 15 décembre dernier, dans les locaux du ministère du commerce, ce dernier a reconnu les faits et a déclaré avoir cédé 10 cartons de « Juice Fruit Spry« , un produit qu’il a importé et vendu au Sénégal, sans aucune autorisation.

« En poussant plus loin leurs investigations, les services de Mme Aminata Assome Diatta ont découvert que le fournisseur ne dispose pas d’une DIPA pour détenir et vendre des produits alimentaires. Et, circonstance aggravante pour Adama Thierno Diallo, il ne dispose pas de licence pour vente des boissons alcoolisées. Et, pour corser le tout, ils ont découvert qu’il n’avait aucune facture de ces produits qui sont, pourtant, soumis à autorisation. » A confié à Kewoulo une source judiciaire. Forts de toutes ces découvertes, les services de la ministre du commerce ont rendu compte à leur hiérarchie qui a automatiquement fait appel aux services de la gendarmerie qui sont venus cueillir et placer, Adama Thierno Diallo, en garde à vue. S’ils ont pu faire arrêter le commerçant par la gendarmerie, « c’est parce qu’il a dissimulé le produit alimentaire -jus- dans un produit non alimentaire -jouet. Autrement, aucune loi ne permet de sanctionner une personne qui fait entrer des jouets même Haram au Sénégal. Aussi, si les jouets homosexuels n’étaient pas dissimulés dans des bonbons, jamais on n’aurait pu sanctionner l’importateur. »

Contrairement à ce que croit la plupart des Sénégalais, la loi 66-48 du 27 mai 1966 qui régit le contrôle des produits alimentaires et la répression des fraudes ne prévoit pas le contrôle de produits non alimentaires comme les jouets, dont l’entrée sur le territoire national ne nécessite pas l’obtention d’une DIPA comme les produits alimentaires. «Aujourd’hui, avec la recrudescence de cas problématiques comme ceux-là, les législateurs ont une opportunité de faire évoluer la loi. » A soutenu une source judiciaire. Ces affaires tombent, peut-être, au bon moment: la ministre du commerce fera son passage, ce 23 décembre prochain, devant les députés de l’Assemblée nationale pour parler du projet de loi sur les prix et la protection des consommateurs. Les législateurs auront, certainement, toute la latitude de reproduire une nouvelle loi qui va corriger cette lacune qui permet à des commerçants véreux de faire entrer n’importe quel produit au Sénégal.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.