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EXÉCUTIF ET LÉGISLATIF À TERRE, LE POUVOIR JUDICIAIRE RÉTABLI AU MALI


Le 5ème pouvoir prend les commandes !
Au Mali, on a assisté hier vendredi à la prestation de serment du président désigné de la transition. Bah Ndaw, ancien ministre de la Défense et militaire à la retraite, a été nommé président de la transition au Mali le 21 septembre 2020. Le colonel Assimi Goïta, chef des putschistes, assume le poste de vice-président.
L’effritement du pouvoir exécutif par ses propres contradictions avait conduit les militaires à opérer un coup d’État sans effusion de sang, poussant le Président Ibk, légitimement élu en septembre 2018, à la démission. Suite aux assauts répétés du mouvement citoyen de revendication du départ d’Ibk et de l’invalidation des résultats des dernières législatives, le M5-RFP a eu gain de cause grâce aux militaires qui sont venus parachever l’œuvre. Depuis le 18 août, les militaires sont en butte avec les autorités de la Cedeao pour arrêter un calendrier électoral et assurer la continuité de l’État, à travers la nomination d’un civil comme président de la transition et d’un Premier ministre chef du gouvernement.
Après ses plaintes contre le système judiciaire favorisant le départ de la présidente de la Cour constitutionnelle, puis la cessation de ses activités, la rue a réussi à faire partir le président Ibk. Dès lors, le pouvoir était dans la rue, même si les militaires, à travers leur Cnsp et leur acte fondamental se prévalaient héritiers de ce pouvoir. Mais il est plus juste de dire que le cinquième pouvoir aux antipodes des quatre autres pouvoirs légaux reconnus dans une République est né des décombres du défunt régime sans que la République n’ait pris un sacré coup.
C’est ce qui a permis, hier vendredi, de revêtir de légalité la prestation de serment du Président Bah Ndaw et de son vice-président. Espérons que la Cedeao va accepter de baptiser l’enfant né de ce putsch du 18 août. Le 5ème pouvoir étant né dans la rue, il se compose de la société civile malienne et des militaires, qui se sont hissés au sommet pour assurer la continuité de l’État selon les vœux primordiaux des pairs chefs d’États de la Cedeao.
L’ex-ministre de la Défense Bah Ndaw est un ancien colonel-major, officier retraité de l’armée de l’air. À 70 ans, il a 18 mois pour donner satisfaction à tous les acteurs impliqués dans la situation politique et le conflit au nord et au centre du Mali. Il a été aussi l’aide de camp de l’ex-président malien, le général Moussa Traoré, décédé le 15 septembre, et avait assumé les fonctions de chef d’état-major adjoint de l’aviation sous la présidence d’Alpha Oumar Konaré de 1992 à 2002.

Par Khaly Moustapha LEYE

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