Economie

La Belgique s’enfonce toujours un peu plus dans la crise politique


En Belgique, la crise n’en finit pas. Mardi 18 août, l’interminable saga politique de la constitution d’un gouvernement fédéral a connu un nouveau rebondissement. Le roi Philippe a confié à Egbert Lachaert, président du parti libéral flamand (Open VLD), la mission délicate de trouver des partenaires de majorité.

Il s’agit de la huitième mission de ce genre depuis les élections du 26 mai 2019. Ce faisant, le souverain actait la démission de Bart de Wever, le leader des nationalistes flamands de la NVA, et de Paul Magnette, président du parti socialiste francophone. Deux hommes que tout oppose et qui ont tenté de trouver un terrain d’entente depuis le 20 juillet.

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Après avoir refusé toute discussion pendant plus d’un an, ils ont cherché à résoudre ce casse-tête qu’est la formation d’une majorité dans un pays en proie à l’instabilité chronique. Car la crise dure depuis six cent six jours, si l’on compte comme point de départ la démission de la NVA du gouvernement de Charles Michel, en décembre 2018. Les élections de mai 2019 n’ont pas dégagé de majorité claire. La Belgique bat ainsi son propre record mondial de durée de crise politique.

Alliance déconcertante

L’improbable tandem « Magnette – De Wever » avait réussi l’impensable et trouvé des terrains d’entente autour d’une note posant les bases d’un futur programme de gouvernement. D’un côté, le parti socialiste faisait des concessions à la NVA sur le transfert d’encore plus de compétences vers les entités fédérées (donc de l’Etat Belge vers la Flandre), de l’autre, la NVA acceptait des mesures sociales, comme l’augmentation du niveau des pensions.

« Cela ne sert à rien de s’acharner sur une piste qui n’a pas de chance de réussite », a déploré Paul Magnette

Cette esquisse de programme avait rallié des partenaires potentiels. Les chrétiens-démocrates du nord et du sud du pays ainsi que les socialistes flamands, pour un total de 70 députés sur 150. Paul Magnette et Bart de Wever ont cherché, en vain, un sixième partenaire, qui aurait permis de décrocher cette majorité tant convoitée. Seulement 6 parlementaires auraient suffi.

C’était sans compter sur les familles politiques libérales et écologistes qui ont refusé catégoriquement de participer à cette alliance déconcertante. Trop sociale pour les uns. Pas assez verte pour les autres. « Cela ne sert à rien de s’acharner sur une piste qui n’a pas de chance de réussite », a déploré Paul Magnette sur la radio-télévision belge francophone (RTBF). Bart De Wever a aussi exprimé sa frustration dans une petite vidéo où il attaquait ceux qui « torpillent les solutions ».

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