Hidalgo et Baroin critiquent les lourdeurs de l’Etat


Le premier ministre Jean Castex et la maire de Paris Anne Hidalgo, lors de leur rencontre, à l’Hôtel de Ville de Paris, le 22 juillet.

Quelles leçons tirer de la crise sanitaire alors qu’une deuxième vague pourrait se profiler ? Juste avant de suspendre ses travaux pour la pause estivale, mercredi 29 juillet, la commission d’enquête parlementaire du Sénat a recueilli les « retours d’expérience » de trois élus locaux de premier plan : la maire socialiste (PS) de Paris Anne Hidalgo, le maire (Les Républicains, LR) de Troyes et président de l’association des maires de France (AMF) François Baroin, et le président du conseil départemental du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, qui représentait l’Assemblée des départements de France.

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Alors qu’Anne Hidalgo et François Baroin sont jugés présidentiables au sein de leurs familles politiques, le président de la commission d’enquête, le sénateur (LR) de Vaucluse Alain Milon, a tenté un trait d’humour en leur demandant de livrer leurs propositions, tout en évitant de dérouler un « programme présidentiel sur la santé ».

Discours erratique des autorités

C’est sans sourire que ces deux opposants à Emmanuel Macron – qui ont précisé ne pas vouloir accabler l’exécutif – ont regretté la pénurie de masques et de tests, ainsi que le discours erratique des autorités sur le sujet. « J’ai compris assez vite que les masques et les tests nous permettraient de reprendre une vie à peu près normale, y compris dans le déconfinement », a fait valoir Anne Hidalgo, qui s’est agacée contre la « doctrine » de l’Etat en la matière. « On nous répondait qu’il ne fallait pas donner les masques à nos personnels, a-t-elle ajouté. Au bout d’un moment, je suis passée outre. »

La maire de Paris a raconté que ses services avaient puisé dans des stocks municipaux qui, contrairement à ceux de l’Etat, n’avaient pas été détruits au cours des dernières années. « J’ai pu fournir 2,5 millions de masques à l’AP-HP [Assistance publique-Hôpitaux de Paris] », a-t-elle indiqué. Mais aussi 500 000 aux soignants du secteur libéral ou aux associations de lutte contre la précarité.

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Même discours chez François Baroin, pour qui « la tension sur les masques a été le premier sujet de préoccupation des maires ». Lui aussi a jugé la doctrine de l’Etat en la matière « variable, évolutive, avec des crêtes et des creux ». Il a regretté que la médecine de ville, « qui prodigue 98 % des soins », n’ait pas été destinataire de masques, réservés à l’hôpital.

S’il a, lui aussi, critiqué la pénurie, c’est sur les tests que le patron du département du Bas-Rhin s’est montré le plus sévère. Pour Frédéric Bierry, l’absence de tests au début de la crise a coûté des vies. « Si nous avions pu faire des tests immédiatement (…), nous aurions pu réduire de moitié les décès dans les Ehpad [établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes] », a-t-il affirmé, en expliquant que les professionnels de santé, quand ils ne pouvaient être testés, avaient « involontairement contribué à communiquer la maladie dans les Ehpad ».

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