Economie Environnement

La paix armée entre Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré et Bernard Arnault est en train de se fissurer


L’industriel breton Vincent Bolloré, à Paris, en avril 2018.

Après de longues semaines de silence, la paix armée qui régnait chez Lagardère entre Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré et Bernard Arnault est en train de se fissurer. L’homme d’affaires breton, qui détient 25 % de Vivendi, vient de taper du poing sur la table. Le groupe de médias, jusqu’alors propriétaire de 17 % du capital de Lagardère (qui possède notamment Hachette, les boutiques Relay, Europe 1, le JDD et Paris Match), a annoncé, mercredi 15 juillet, en être devenu le premier actionnaire.

Il possède désormais 21,19 % du capital, 16,01 % des droits de vote, et devance Amber Capital. Le fonds activiste, qui malmène Arnaud Lagardère depuis quatre ans, vient lui aussi de se renforcer, passant de 18 % à 19,8 % du capital et franchissant le seuil de 15 % des droits de vote.

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Vincent Bolloré, qui était resté pacifique en apparence, devient menaçant. Dans sa déclaration d’intention adressée à l’Autorité des marchés financiers (AMF), il évoque l’accord rendu public le 25 mai entre Arnaud Lagardère et Bernard Arnault. L’héritier de Jean-Luc Lagardère, qui faisait face fin 2018 à une dette personnelle de 213 millions d’euros (dont 166 millions dus au Crédit agricole), a fait entrer l’empereur du luxe dans son holding personnel, Lagardère Capital & Management (LCM), où sont logés les 7,3 % qu’il possède dans Lagardère et la commandite, ce statut particulier qui le rend indéboulonnable.

Jusque-là, Vivendi assurait que son investissement était financier et qu’il n’avait aucune intention de prendre le contrôle de Lagardère

Or, selon Vivendi, cet accord pourrait complètement modifier le « contrôle opérationnel » de Lagardère, en faisant de Bernard Arnault un codirigeant du groupe. Dans cette hypothèse, Vivendi ne se sentirait plus tenu par ses engagements. Jusque-là, le géant des médias (Canal+, Universal Music Group, Editis…) assurait que son investissement était financier et qu’il n’avait aucune intention de prendre le contrôle de Lagardère. A ce jour, l’accord n’a pas été finalisé et les détails n’ont pas été rendus publics.

Mettre la main sur les actifs

D’ores et déjà, Vincent Bolloré envisage de demander la nomination d’une ou de plusieurs personnalités au conseil de surveillance. L’homme d’affaires souhaite-t-il convoquer une nouvelle assemblée générale, arguant du fait que la donne a changé au sein du groupe ? Ou espère-t-il faire coopter des administrateurs par l’actuel conseil de surveillance, comme l’ont été en février Nicolas Sarkozy et Guillaume Pepy, choisis par Arnaud Lagardère ?

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