Environnement

l’épidémie reste en phase croissante à Mayotte


C’était le premier déplacement en dehors de l’Hexagone de la ministre des outre-mer, Annick Girardin. Elle est arrivée mardi 19 mai dans la matinée à Mayotte, à bord de l’avion présidentiel chargé de 6,5 tonnes de fret, dont 850 000 masques commandés par le département, un automate de tests et neuf respirateurs destinés à renforcer les capacités sanitaires de ce département de l’océan Indien. La ministre était accompagnée de sept personnels de la réserve militaire et de deux professeurs, l’ancien directeur général de la santé William Dab et l’épidémiologiste Jean-Baptiste Brunet, qui vont appuyer l’agence régionale de santé (ARS) dans l’analyse de la situation épidémique.

L’épidémie de Covid-19 reste en phase croissante à Mayotte. Selon le dernier bulletin de l’ARS, publié mardi 19 mai, le département comptait 1 419 cas de contamination par le SARS-CoV-2, soit l’équivalent, rapporté à la population française, de 340 000 cas. Cinquante-deux patients sont hospitalisés, dont 11 en réanimation, alors que le Centre hospitalier de Mayotte (CHM) ne disposait que de 19 lits de réanimation avant la crise, et 19 décès ont été enregistrés, pour une population de 279 000 personnes, selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

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Mme Girardin tient toutefois à souligner l’importante réorganisation du CHM, qui a permis de s’adapter à la multiplication des cas et de doubler le nombre de lits de réanimation.  Parallèlement, les évacuations sanitaires vers La Réunion s’accélèrent, afin de libérer les capacités d’accueil au CHM et d’alléger la charge de travail des soignants en vue du pic épidémique, attendu entre le 20 et le 30 mai. Au cours des deux dernières semaines, 47 évacuations ont été effectuées. Le rythme va s’accélérer en passant de trois vols par semaine à un vol par jour.

Habitat précaire et chaleur accablante

Si le déconfinement à Mayotte a été différé par les autorités, il est de fait. « Le confinement a marché quelques semaines mais, depuis le ramadan, les Mahorais se sont autodéconfinés », constate la ministre, contactée par Le Monde. Les conditions d’habitat précaire, alors que plus de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et que des dizaines de milliers de personnes s’entassent dans des bidonvilles, par une chaleur accablante et, bien souvent, sans accès à l’eau potable, ne rendaient pas supportable le confinement.

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