Economie

portraits d’un confinement pas toujours respecté à Marseille


« Quand le confinement a débuté, j’ai assisté, sur les réseaux sociaux – y compris parmi mes proches –, à un déchirement entre ceux qui se sont cloîtrés et ceux qui ont continué à sortir », explique Anthony Micallef, photographe établi à Marseille.

« Les vertueux face aux inconscients, ou bien les dociles face aux libertaires, tout dépend d’où l’on regarde. Le dehors étant devenu subitement un territoire de transgression, j’ai eu envie de documenter ces passants, devenus de nouveaux “marginaux” : qui sont-ils au juste et que font-ils dehors ? »

Le 21 mars. A gauche, Monk : « Je vais travailler en bus à l’autre bout de la ville. Je suis obligé, certes, mais j’avoue que je préfère travailler, finalement. J’ai déjà testé l’expérience de rester enfermé pendant trois mois dans un appartement et j’ai pas aimé du tout. » A droite, Monique : « Je suis surtout sortie pour acheter ces oreillers neufs : ils vont m’aider à mieux dormir et à mieux respirer ! »
Le 21 mars. A gauche, Monk : « Je vais travailler en bus à l’autre bout de la ville. Je suis obligé, certes, mais j’avoue que je préfère travailler, finalement. J’ai déjà testé l’expérience de rester enfermé pendant trois mois dans un appartement et j’ai pas aimé du tout. » A droite, Monique : « Je suis surtout sortie pour acheter ces oreillers neufs : ils vont m’aider à mieux dormir et à mieux respirer ! » ANTHONY MICALLEF/HAYTHAM-REA
Le 21 mars. A gauche, Julio : « Je viens nager ici tous les jours, toute l’année. Hier, un policier m’a dit que je pouvais nager un peu, mais pas rester lézarder au soleil. » A droite, Saïd : « Moi, j’ai pas le choix, je n’ai pas de maison pour me confiner… Ce système est un système de merde : à Marseille, il y a plein d’appartements vacants… On demande pas une villa, juste un studio ! On est totalement abandonnés. »
Le 21 mars. A gauche, Julio : « Je viens nager ici tous les jours, toute l’année. Hier, un policier m’a dit que je pouvais nager un peu, mais pas rester lézarder au soleil. » A droite, Saïd : « Moi, j’ai pas le choix, je n’ai pas de maison pour me confiner… Ce système est un système de merde : à Marseille, il y a plein d’appartements vacants… On demande pas une villa, juste un studio ! On est totalement abandonnés. » ANTHONY MICALLEF/HAYTHAM-REA
Le 21 mars. Joëlle : « Tant que je peux travailler et que le gouvernement ne donne pas de contre-ordre, je continue. J’en suis heureuse parce que je ne pourrais pas rester enfermée toute la journée. Et puis si on n’était pas là, ça serait totalement mort. »
Le 21 mars. Joëlle : « Tant que je peux travailler et que le gouvernement ne donne pas de contre-ordre, je continue. J’en suis heureuse parce que je ne pourrais pas rester enfermée toute la journée. Et puis si on n’était pas là, ça serait totalement mort. » ANTHONY MICALLEF/HAYTHAM-REA
Le 30 mars. A gauche, Jean-Guillaume : « Je fais du sport pour ne pas péter un plomb. C’est ma seule pratique de la semaine, j’étais à la limite, là. Le masque, par contre, c’est essentiel, je n’ai pas encore pu faire le test, donc, dans le doute, je protège les autres et moi-même. » A droite, Laetitia : « Je suis sortie pour faire les courses mais aussi pour faire prendre l’air à la petite. Depuis qu’elle est coincée à la maison, elle est un peu ronchon : c’est pas facile pour eux non plus d’être enfermés. »
Le 30 mars. A gauche, Jean-Guillaume : « Je fais du sport pour ne pas péter un plomb. C’est ma seule pratique de la semaine, j’étais à la limite, là. Le masque, par contre, c’est essentiel, je n’ai pas encore pu faire le test, donc, dans le doute, je protège les autres et moi-même. » A droite, Laetitia : « Je suis sortie pour faire les courses mais aussi pour faire prendre l’air à la petite. Depuis qu’elle est coincée à la maison, elle est un peu ronchon : c’est pas facile pour eux non plus d’être enfermés. » ANTHONY MICALLEF/HAYTHAM-REA
Le 31 mars. Fred : « J’ai l'air d’un soignant mais ce n’est pas le cas. Je suis un particulier en train de faire la queue devant l’IHU Méditerranée, le bâtiment du professeur Raoult, pour me faire dépister. Je sais que ma tenue surprend, mais j’essaie juste de sauver ma peau et de protéger les miens. Dans le passé, j’ai travaillé dans des laboratoires sur des pathogènes, et je peux vous dire que c’est très inquiétant ce qui se passe. Le virus survit sur les surfaces, on le sait désormais, donc ma seule solution, c’est de m’habiller comme un cosmonaute. Pour moi, cette situation illustre la faillite de la France. »
Le 31 mars. Fred : « J’ai l’air d’un soignant mais ce n’est pas le cas. Je suis un particulier en train de faire la queue devant l’IHU Méditerranée, le bâtiment du professeur Raoult, pour me faire dépister. Je sais que ma tenue surprend, mais j’essaie juste de sauver ma peau et de protéger les miens. Dans le passé, j’ai travaillé dans des laboratoires sur des pathogènes, et je peux vous dire que c’est très inquiétant ce qui se passe. Le virus survit sur les surfaces, on le sait désormais, donc ma seule solution, c’est de m’habiller comme un cosmonaute. Pour moi, cette situation illustre la faillite de la France. » ANTHONY MICALLEF/HAYTHAM-REA
A gauche, Adel, le 18 avril : « Je vais jusqu’à la poubelle de tri, pour y jeter les cannettes et les boîtes de conserve. Avant, je ne triais pas, c’est ma femme qui m’a converti ! » A droite, Bruce, le 4 avril : « La musique, elle ne s’arrête jamais, elle ne se confine pas. J’ai continué à jouer dehors car ça a un effet bénéfique sur le moral des gens, il y a des petits qui se mettent au balcon, et même, parfois, les policiers écoutent un peu. La musique, ça apaise tout le monde. »
A gauche, Adel, le 18 avril : « Je vais jusqu’à la poubelle de tri, pour y jeter les cannettes et les boîtes de conserve. Avant, je ne triais pas, c’est ma femme qui m’a converti ! » A droite, Bruce, le 4 avril : « La musique, elle ne s’arrête jamais, elle ne se confine pas. J’ai continué à jouer dehors car ça a un effet bénéfique sur le moral des gens, il y a des petits qui se mettent au balcon, et même, parfois, les policiers écoutent un peu. La musique, ça apaise tout le monde. » ANTHONY MICALLEF/HAYTHAM-REA



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