Economie Environnement

Infirmières, soignantes, caissières : « C’est une bande de femmes qui fait tenir la société »


« Infirmières, aides-soignantes, caissières, enseignantes, aides à la personne, personnel de nettoyage : c’est une bande de femmes qui fait tenir la société ! », soulignait l’ancienne ministre de la justice, Christiane Taubira, le 13 avril, sur France Inter.

Il n’est pas vain de le rappeler, les femmes représentent 91 % des aides-soignants, 83 % des enseignants du premier degré, 90 % du personnel des Ehpad, 90 % des caissiers et 97 % des aides à domicile. Des métiers souvent peu reconnus à leur juste valeur, tant sur le plan financier que social, mais plus que jamais apparus comme essentiels aux yeux du public en cette période de crise du Covid-19.

En plus d’être largement majoritaires dans ces métiers peu considérés et peu rémunérés, les femmes sont également celles qui, au sein des foyers, continuent de porter une large part des tâches ménagères et du suivi de la scolarité. De fortes inégalités de genre qui ont été exacerbées par le confinement : selon un sondage de l’institut Harris Interactive, réalisé les 8 et 9 avril pour le secrétariat d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, 58 % des femmes en couple estiment assurer la majorité des tâches ménagères et éducatives.

Durant plusieurs semaines, la photographe Florence Brochoire a suivi une dizaine de femmes dans leur quotidien, en Seine-Maritime, dont Elsa, Isabelle, Kelly, Aude, Manou, Marie et Amélie.

Elsa Rousseau, 22 ans, aide à domicile à Rouen

« Mes parents étaient tous les deux dans le social, je suis tombée dedans quand j’étais toute petite. Au départ, je voulais travailler avec des enfants polyhandicapés. J’ai passé un diplôme d’éducatrice spécialisée. Mais à la fin de ma formation, je ne me suis pas sentie prête tout de suite à travailler avec les enfants. Comme aide à domicile, je gagne le smic (1 500 euros brut). J’ai un contrat de soixante-dix heures sur quinze jours. Je suis sécurisée par ce contrat, d’autres n’ont même pas cela. »

« Ce qui manque le plus, dans cette période, ce sont les petites marques d’affection, la bise, le touché. Avec des gants, ce n’est pas pareil, et avec le masque je transpire, j’ai chaud. Cela complique le travail », regrette Elsa Rousseau.
« Ce qui manque le plus, dans cette période, ce sont les petites marques d’affection, la bise, le touché. Avec des gants, ce n’est pas pareil, et avec le masque je transpire, j’ai chaud. Cela complique le travail », regrette Elsa Rousseau. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
Pour Elsa Rousseau, « ce métier, c’est gratifiant vis-à-vis des personnes dont on s’occupe. Pour moi, le minimum, c’est le bien être des personnes et le respect envers elles. Ça passe par les soins, l’hygiène corporelle, le ménage, la vaisselle… Je fais ce métier avec abnégation parce que je me dis toujours “comment aimerais-je être traitée plus tard ?” Et surtout, “qu’est-ce que je n’aimerais pas qu’on me fasse ?” »
Pour Elsa Rousseau, « ce métier, c’est gratifiant vis-à-vis des personnes dont on s’occupe. Pour moi, le minimum, c’est le bien être des personnes et le respect envers elles. Ça passe par les soins, l’hygiène corporelle, le ménage, la vaisselle… Je fais ce métier avec abnégation parce que je me dis toujours “comment aimerais-je être traitée plus tard ?” Et surtout, “qu’est-ce que je n’aimerais pas qu’on me fasse ?” » FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
« Madeleine, c’est mon rayon de soleil. Elle est douce, elle est gentille. Je sais qu’elle a mal partout, mais elle ne se plaint pas. Elle essaie toujours de voir le bon côté des choses. Il y a certaines bénéficiaires que j’aimerais suivre jusqu’au bout », explique Elsa Rousseau.
« Madeleine, c’est mon rayon de soleil. Elle est douce, elle est gentille. Je sais qu’elle a mal partout, mais elle ne se plaint pas. Elle essaie toujours de voir le bon côté des choses. Il y a certaines bénéficiaires que j’aimerais suivre jusqu’au bout », explique Elsa Rousseau. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
« Je sais que je ne ferai pas ce métier toute ma vie, à cause du salaire, entre autres, parce que ça ne permet pas de vivre correctement. Certaines personnes n’ont pas le choix, elles continuent et elles s’usent et perdent la bienveillance », regrette Elsa Rousseau.
« Je sais que je ne ferai pas ce métier toute ma vie, à cause du salaire, entre autres, parce que ça ne permet pas de vivre correctement. Certaines personnes n’ont pas le choix, elles continuent et elles s’usent et perdent la bienveillance », regrette Elsa Rousseau. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES

Isabelle Privé, 45 ans, institutrice à Bihorel

« Habituellement, l’école accueille 180 enfants. Actuellement, elle continue de scolariser uniquement les enfants de soignants qui travaillent. Aujourd’hui, nous avons sept élèves, mais ça varie, le maximum étant de dix pour deux adultes. La directrice est présente tous les jours, moi, je viens un jour par semaine et j’assure les contenus à distance pour ma classe de CE1 le reste du temps. Toutes les enseignantes de l’école se sont spontanément portées volontaires, quatre ont été retenues. Si on commence à penser à une contagion possible, on s’angoisse et on angoisse son entourage. Je travaille en contact avec des enfants et des adultes, mon mari aussi. Si ça arrive, ça arrive… mais y penser tout le temps, ce serait invivable. »

A gauche : lors de la récréation, à bonne distance, Isabelle et la directrice prennent un café. Les masques sont changés plusieurs fois par jour. A droite : dans la salle de classe, les enfants ont été installés en tenant compte des distances préconisées. Mais il est difficile, sur toute une journée, de faire respecter les règles de distanciation.
A gauche : lors de la récréation, à bonne distance, Isabelle et la directrice prennent un café. Les masques sont changés plusieurs fois par jour. A droite : dans la salle de classe, les enfants ont été installés en tenant compte des distances préconisées. Mais il est difficile, sur toute une journée, de faire respecter les règles de distanciation. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
Comme il n’y a plus de cantine, les parents fournissent les repas. Le déjeuner se fait dans la salle de classe, et l’équipe gère le couvert, la vaisselle et la désinfection des poignées de portes et autres interrupteurs, deux fois par jour.
Comme il n’y a plus de cantine, les parents fournissent les repas. Le déjeuner se fait dans la salle de classe, et l’équipe gère le couvert, la vaisselle et la désinfection des poignées de portes et autres interrupteurs, deux fois par jour. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES

Manou Fondard, 74 ans, bénévole à Amfreville-la-Mivoie

Anciennement institutrice, Manou Fondard s’est engagée dans sa jeunesse à la Confédération syndicale des familles. Depuis, elle n’a jamais cessé de militer pour les droits des familles et l’entraide. Les masques, la banque alimentaire… c’est le prolongement.

« On en a marre d’entendre qu’il faut qu’on reste chez nous, d’être mis au rebut parce que soi-disant on est vieux et à la retraite. Nous, on ne se sent ni vieilles ni à risque. Par contre, on prend toutes les précautions. »

« Je me suis dit qu’il fallait faire des masques pour les habitants et les distribuer à la banque alimentaire. Le maire a donné son accord, mais si nous n’étions pas plus de trois dans le local. Donc on a récupéré du tissu, des élastiques et on est venues quasiment tous les matins. En une semaine, on a fait plus de 300 masques », explique Manou Fondard.
« Je me suis dit qu’il fallait faire des masques pour les habitants et les distribuer à la banque alimentaire. Le maire a donné son accord, mais si nous n’étions pas plus de trois dans le local. Donc on a récupéré du tissu, des élastiques et on est venues quasiment tous les matins. En une semaine, on a fait plus de 300 masques », explique Manou Fondard. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
« Mes filles voulaient que je me fasse remplacer. J’ai dit : “Pas question !” Elles s’inquiétaient pour ma santé. Avec la crise du coronavirus, il y a des gens qui n’ont plus rien du tout, plus un centime, on ne peut pas tout arrêter d’un coup. On ne va pas nous dire de rester à la maison ! », raconte Manou Fondard.
« Mes filles voulaient que je me fasse remplacer. J’ai dit : “Pas question !” Elles s’inquiétaient pour ma santé. Avec la crise du coronavirus, il y a des gens qui n’ont plus rien du tout, plus un centime, on ne peut pas tout arrêter d’un coup. On ne va pas nous dire de rester à la maison ! », raconte Manou Fondard. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
« Ici, 51 familles bénéficient de la banque alimentaire, cela représente environ 160 personnes sur 3 400 habitants. On ne peut pas lâcher les gens comme ça, tout d’un coup ! », justifie Manou Fondard.
« Ici, 51 familles bénéficient de la banque alimentaire, cela représente environ 160 personnes sur 3 400 habitants. On ne peut pas lâcher les gens comme ça, tout d’un coup ! », justifie Manou Fondard. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES

Kelly Quertier, 26 ans, sage-femme à Saint-Aubin-lès-Elbeuf

« Je ne sais pourquoi j’ai voulu être sage-femme, mais c’est ce que j’ai toujours voulu faire. Par contre, je n’imaginais pas qu’il y avait autant de complications possibles. Ça, je l’ai découvert sur le terrain. L’ambiance est quand même particulière, en cette période. C’était surtout tendu au début parce qu’on nous disait que la vague allait arriver. Donc on l’attendait. Et puis, finalement, il n’y a pas vraiment eu de vague. Les protocoles n’arrêtaient pas de changer. A la déclaration du confinement, les papas n’avaient plus le droit de venir, même en salle de naissance. Les premières fois qu’il a fallu interdire l’accès, ça n’a pas du tout été accepté. Cela n’a duré que vingt-quatre heures, heureusement. Après, ils ont de nouveau été autorisés en salle de naissance. Cependant, ils ne peuvent toujours pas rester pendant le temps d’hospitalisation des mamans. »

La naissance de Mya s’est faite par césarienne. Elle fait 2 kg tout juste, c’est le poids limite à atteindre. Mais son cœur bat trop lentement. Elle est donc vite emmenée en salle de soins.
La naissance de Mya s’est faite par césarienne. Elle fait 2 kg tout juste, c’est le poids limite à atteindre. Mais son cœur bat trop lentement. Elle est donc vite emmenée en salle de soins. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
A gauche : après un massage cardiaque, le cœur de Mya est bien reparti. Elle peut être présentée à sa mère, encore engourdie par l’anesthésie. A droite : transmission à l’équipe de nuit.
A gauche : après un massage cardiaque, le cœur de Mya est bien reparti. Elle peut être présentée à sa mère, encore engourdie par l’anesthésie. A droite : transmission à l’équipe de nuit. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
« Nous, ça va, on est relativement protégées parce qu’on travaille à l’hôpital, on est salariées et on a du matériel. Je pense que c’est beaucoup plus dur pour les sages-femmes libérales, parce que toutes les consultations non urgentes ont été annulées et qu’elles ont dû se débrouiller pour les masques et l’équipement »,  explique Kelly Quertier.
« Nous, ça va, on est relativement protégées parce qu’on travaille à l’hôpital, on est salariées et on a du matériel. Je pense que c’est beaucoup plus dur pour les sages-femmes libérales, parce que toutes les consultations non urgentes ont été annulées et qu’elles ont dû se débrouiller pour les masques et l’équipement »,  explique Kelly Quertier. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES

Amélie François, 38 ans, hôtesse de caisse en supermarché

« J’avais commencé un BTS d’assistante de direction, et puis j’ai fait un stage ici quand j’étais en première année. J’ai finalement arrêté le BTS pour continuer à travailler là. Ça fait dix-huit ans. Après l’annonce de la fermeture des écoles, le vendredi et le week-end qui ont suivi, c’était la folie. Les gens se sont rués au supermarché pour faire des caddies jusqu’à 400 euros. Puis ça s’est un peu calmé, mais globalement les clients viennent moins souvent et font plus de courses quand ils viennent. Sauf les retraités, qui n’ont pas vraiment changé leurs habitudes. »

« Certains nous disent : “Heureusement que vous êtes là, comment on ferait pour manger sans vous ?”», raconte Amélie François.
« Certains nous disent : “Heureusement que vous êtes là, comment on ferait pour manger sans vous ?”», raconte Amélie François. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
« On constate un peu de relâchement chez les gens. Alors je crains que le 11 mai, avec le déconfinement, tout le monde ne sorte en même temps », déplore Amélie François.
« On constate un peu de relâchement chez les gens. Alors je crains que le 11 mai, avec le déconfinement, tout le monde ne sorte en même temps », déplore Amélie François. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
« Il faut désinfecter les paniers, les Caddie, le Photomaton et la photocopieuse, trois à quatre fois par jour. Nos caisses aussi, à l’arrivée et au départ », raconte Amélie François.
« Il faut désinfecter les paniers, les Caddie, le Photomaton et la photocopieuse, trois à quatre fois par jour. Nos caisses aussi, à l’arrivée et au départ », raconte Amélie François. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES

Aude Pambou, 40 ans, aide-soignante en Ehpad à Sotteville-lés-Rouen

Originaire du Congo, Aude a eu son diplôme d’infirmière, là-bas, en 2001. Son père, qui travaillait à l’OMS, la voyait puéricultrice. Elle a des jumelles de 12 ans et un garçon de 6 ans, que sa sœur garde pendant qu’elle travaille.

« Pour moi, s’occuper de personnes âgées, c’est une vocation. J’ai été élevée dans une famille nombreuse et religieuse, donc s’occuper des autres, et en particulier des aînés, c’est important. En ce moment, les résidents sont perturbés parce que les visites sont interdites depuis le 17 mars et qu’ils ne vont plus manger au restaurant, ils mangent seuls en chambre. C’est difficile pour eux. »

« Le métier est difficile et on n’a pas la reconnaissance. On gagne environ 1 300 euros net. Il faudrait revaloriser le smic. Quand on dit qu’on travaille en maison de retraite, on est un peu méprisé. Moi, j’essaie de prendre le temps avec les résidents, ce sont des humains. Ce matin, une résidente a dit : “Que je l’attrape ce virus et qu’on en finisse. Qu’il vienne me chercher, j’ai plus envie d’être là ” », raconte Aude Pambou.
« Le métier est difficile et on n’a pas la reconnaissance. On gagne environ 1 300 euros net. Il faudrait revaloriser le smic. Quand on dit qu’on travaille en maison de retraite, on est un peu méprisé. Moi, j’essaie de prendre le temps avec les résidents, ce sont des humains. Ce matin, une résidente a dit : “Que je l’attrape ce virus et qu’on en finisse. Qu’il vienne me chercher, j’ai plus envie d’être là ” », raconte Aude Pambou. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
« Il y a beaucoup de résidentes qui restent coquettes (il n’y a que des femmes à cet étage). Certaines se maquillent tous les jours ! Le maquillage et la coiffure, pour moi ça fait partie du soin », raconte Aude Pambou.
« Il y a beaucoup de résidentes qui restent coquettes (il n’y a que des femmes à cet étage). Certaines se maquillent tous les jours ! Le maquillage et la coiffure, pour moi ça fait partie du soin », raconte Aude Pambou. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
En salle de pause le midi, Aude Pambou préfère souvent dormir que déjeuner. C’est le seul moment où elle peut quitter son masque.
En salle de pause le midi, Aude Pambou préfère souvent dormir que déjeuner. C’est le seul moment où elle peut quitter son masque. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES

Marie Delafontaine, 39 ans, responsable de la vie étudiante de l’université Rouen, en télétravail à Montville

« J’ai deux enfants, Louise, 7 ans, et William, 3 ans. Je suis en télétravail depuis le début, dès la fermeture des écoles et des universités. L’université de Rouen-Normandie, ça représente 2 500 personnes. Donc l’organisation à distance est très lourde à mettre en place. En ce moment, j’ai encore plus de travail qu’avant. Comme je m’occupe des étudiants et que plus de 50 % sont bloqués en résidence universitaire, notamment les étudiants étrangers qui n’ont pas pu rentrer chez eux, les difficultés sont nombreuses. Les petits boulots qui les faisaient vivre sont arrêtés et certains se retrouvent sans job et sans argent. Parfois je reçois des e-mails d’étudiants qui me disent qu’ils n’ont pas mangé depuis trois jours ou qu’ils sont désespérés. Du coup, fermer mon ordinateur à 17 h 30 et passer à autre chose, je ne peux pas. Là, aujourd’hui, j’ai encore 360 e-mails en attente. »

« Au début du confinement, je m’en voulais de ne pas passer plus de temps avec mes enfants. J’avais des copines au chômage partiel qui me racontaient : “Moi, j’ai fait telle et telle activité avec mes enfants.” Je culpabilisais. Et puis, j’ai fini par lâcher prise. Ils font plus d’écran que d’habitude, mais je fais ce que je peux », raconte Marie Delafontaine.
« Au début du confinement, je m’en voulais de ne pas passer plus de temps avec mes enfants. J’avais des copines au chômage partiel qui me racontaient : “Moi, j’ai fait telle et telle activité avec mes enfants.” Je culpabilisais. Et puis, j’ai fini par lâcher prise. Ils font plus d’écran que d’habitude, mais je fais ce que je peux », raconte Marie Delafontaine. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
Marie Delafontaine demande à ses enfants de faire moins de bruit alors qu’elle est en vidéoconférence.
Marie Delafontaine demande à ses enfants de faire moins de bruit alors qu’elle est en vidéoconférence. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES
« Heureusement, on se relaie avec mon compagnon. Souvent, c’est lui qui fait à manger le midi. Mais il n’est pas là tout le temps et j’appréhende le déconfinement. Il ira de nouveau travailler à l’extérieur et je serai seule à la maison avec les enfants. Moi, je sais déjà que je resterai en télétravail jusqu’à début juin, au moins », s’inquiète Marie Delafontaine.
« Heureusement, on se relaie avec mon compagnon. Souvent, c’est lui qui fait à manger le midi. Mais il n’est pas là tout le temps et j’appréhende le déconfinement. Il ira de nouveau travailler à l’extérieur et je serai seule à la maison avec les enfants. Moi, je sais déjà que je resterai en télétravail jusqu’à début juin, au moins », s’inquiète Marie Delafontaine. FLORENCE BROCHOIRE / SIGNATURES

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