Internationnal Religion

« Professeur Seydi je vous salue, je vous félicite »


Ancien ministre sous Me Abdoulaye, mais médecin vous l’êtes aussi.

Dr Bacar Dia : Oui, je suis médecin

Pas seulement …

(Il coupe) Oui mais, pour l’ heure c’est le plus important.

Vous êtes infectiologue ?

Je suis aujourd’hui dans la médecine-biologiste de la Reproduction. J’ ai commencé par les maladies infectieuses après une thèse sur le traitement du Neuro-paludisme sous la direction du professeur Eva Marie Coll Seck, une grande dame, brillante, ferme, une référence pour ma génération et pour plusieurs autres qui ont travaillé sous sa direction. Cela fait vingt-cinq ans que j’ai soutenu ma thèse de doctorat d’Etat en Médecine

Connaissez-vous le professeur Moussa Seydi des Maladies infectieuses, comment le jugez-vous ?

Je ne juge pas les hommes surtout des collègues. Il est un excellent médecin, un homme calme, serein et bien formé. Je ne doute pas que la machine des maladies infectieuses qui a connu des maitres de la dimension du Professeur Marie Coll Seck, Salif Sow, Cheick Tidiane Ndour, Feu Badiane ou Bernard Diop, je ne peux pas les citer tous, est bien préparée et est excellente. Au Services des Maladies infectieuses, ils ont l’habitude de travailler dans des conditions de stress, sous fortes pressions, et dommage, sans aucun moyen. C’est le cas de tous les médecins et du personnel médical en particulier

Nous parlons du Pr Seydi puisqu’il est impliqué dans le traitement du coronavirus. Que pouvez dire du Coronavirus ?

Je parlerais plutôt des coronavirus, car ils représentent une grande famille de virus qui semblent être dotés de couronne d’où leur nom, qui vient du latin corona. Les coronavirus atteignent les oiseaux les mammifères. Certains coronavirus ont une transmission interhumaine. Les coronavirus donnent des infections respiratoires hautes chez l’homme et souvent des diarrhées. Ils subissent des mutations fréquentes.

Il y a donc le covid-19 et d’autres formes de coronavirus ?
Bien sûr. Je crois que ce débat doit aussi être public pour agir sur les représentations sociales que les populations vont se faire de la maladie. Sinon les fausses représentations vont s’imposer dans la conscience collective, ce qui va engendrer des phénomènes comme la stigmatisation, de fausses représentations qui créent une rupture entre la connaissance scientifique et les connaissances de la maladie par les populations.

En 2003 le virus de SRAS ou syndrome respiratoire aigüe sévère fut identifié dans la pathologie humaine. En 2004, deux nouveaux virus ont été identifiés. Toujours de la famille des coronavirus. Donc des virus respiratoires, NL63 et HKU1

En 2012 le MERS-corona fut identifié, en 2019 en Chine, un coronavirus est aujourd’hui identifié. Donc nous sommes en face d’une grande famille de coronavirus.

Il y a un grand débat en France sur le traitement du covid-19, avec d’un côté le Pr Didier Raoult qui préconise un traitement associant la chloroquine et l’Azythromycine et de l’autre le gouvernement qui parle d’effets secondaires, qu’en pensez-vous ?

De toute évidence la médecine est une science donc un ensemble de connaissances et de recherches comme le définit André Lalande, théorie liée à une pratique susceptible d’amener les hommes qui s’y livrent à des résultats concordants, résultant de découvertes graduelles, confirmées par des méthodes de vérification bien précises. Personne n’est contre l’expérimentation.

Scientifiquement le gouvernement français autorise enfin un essai clinique de grande ampleur pour tester l’effet de la chloroquine, pendant qu’il n’y a pas de médicament mis à part le protocole proposé par le Professeur Didier Raoutl, qu’en pensez-vous ?

Bien sûr que le principe de proportionnalité doit être de mise. Il faut toujours analyser le bénéfice du traitement sous l’angle des effets secondaires des médicaments administrés. Cette analyse doit se faire dans un contexte d’urgence pour une France qui enterre des milliers de morts. En France, en Espagne, l’épidémie est en phase de dépasser les structures sanitaires. Les mesures pour combattre le virus et empêcher les morts sont décalées par rapport à la vitesse de destruction du COVID-19.

C’est dans ce contexte, qu’il est demandé d’attendre les résultats d’une étude qui peut durer des semaines. Nous médecins, devons-nous croiser les bras et enterrer les morts ou agir devant cette pandémie aux conséquences et aux dommages qui mettent en jeu la survie de l’espèce humaine.

Je crois que nous sommes en face d’une pandémie capable si nous ne faisons rien de tuer le dernier individu de l’espèce humaine. L’Equipe du Président de la République française, Monsieur Macron demande d’attendre les résultats d’une étude et recommande que le schéma du professeur Raoul soit réservé pour les cas graves admis réanimation.

Que pensez-vous de cette recommandation du Gouvernement français qui consiste à donner la chloroquine en phase grave de la pathologie ?

La chloroquine est un antiviral efficace, connu et accepté par tous les infectiologues sauf apparemment les conseillers du Président Macron. Le Professeur Didier Raoult, est une référence mondiale en pathologie infectieuse. Il a décidé d’associer la chloroquine et l’azythromycine qui est efficace contre les pneumonies bactériennes. Ce qui est logique. Parce que des études préliminaires ont montré que le coronavirus est sensible à la chloroquine. Il préconise de donner l’hydroxychloroquine pendant dix jours à raison de 600mg par jour plus de l’azythromycine 250 mg deux fois par jours le premier jour et une fois par jour pendant cinq jours. Il se trouve que ces deux produits sont connus. Au lieu de le critiquer il faut que le gouvernement français et tous les gouvernements du monde accompagnent ce professeur.

Mais il se dit aussi que la chloroquine est dangereuse et qu’il faut faire attention par conséquent ?

La chloroquine n’est pas un poison, mais un médicament et comme tout médicament, elle a des effets secondaires qui sont connus depuis des décennies. C’est le cas de tous les médicaments et certains ont plus d’effets secondaires que la chloroquine. Le traitement me semble vrai et simple. Ce simple traitement permet de réduire la charge virale. Il faut juste respecter les conditions d’administration et au Sénégal nous savons le faire. Où est le problème ? Il faut mettre en place des tests diagnostics faciles et un traitement simple. De toute façon, il sera difficile de confiner le virus qui risque de se diffuser partout même si les hommes sont confinés.

C’est vrai qu’il faut des masques, des gels hydroalcooliques, des gants, mais ll faut aussi des tests rapides, un traitement simple et un personnel médical motivé financièrement, moralement et bien équipé. Et le gouvernement français a perdu trop de temps. Des milliers de malades sont morts parce que le traitement, le seul disponible, leur a été refusé.

A mon sens, la plus grande folie est la recommandation faite par le gouvernement français, soit traiter les malades en réanimation avec l’ hydroxychloroquine. Au contraire, il faut appliquer le protocole et je le dis pour nos malades en Afrique dès le début de la maladie, ceci pour réduire et très précocement la charge virale. En phase terminale, ce produit ne sert à rien, le malade va mourir des suites de complications surtout respiratoires. Scientifiquement la recommandation du gouvernement français ne pèse pas et je pense que le professeur Raoult à raison. Je me demande qui conseille ce gouvernement pour cette crise. Le traitement doit être précoce pour abaisser la charge virale

Que faire alors au Sénégal ?
Emprunter la piste du Professeur Raoult parce qu’elle est la meilleure. Il faut dépister, diagnostiquer et traiter, agir sur la charge virale. Le Professeur Raoult a dit : « On teste, on diagnostic et on traite ». Je suis de son avis, il faut augmenter les tests, faire comme la Corée, la Chine. Il faut organiser le dépistage de masse, le diagnostic et le traitement. Il faut prendre en charge précocement la charge virale. Le protocole du Professeur Didier Raoult renvoie à des pistes plus que sérieuses pour notre pays et l’Afrique. Il faut tirer des leçons pour nous éviter la catastrophe que la France est en train de vivre. Quand on sait que les porteurs peuvent porter le virus jusqu’à vingt jours, on met la priorité sur les tests, le diagnostic et des porteurs au Sénégal. Il faut savoir que la charge virale est un élément fondamental à prendre en compte dans le traitement. Et le but justement du protocole du Pr Raoult est de réduire le charge virale pour aller vers la négativation de la charge virale qui est obtenue avec l’ hydroxychloroquine associé à l’érythromycine qui est à la fois efficace sur les pneumonies bactériennes

Encore une fois, le but est de lutter pour baisser la charge virale afin de ne pas attendre les complications respiratoires. Je le répète encore, il faut diagnostiquer et traiter. Car cette piste est la meilleure pour le Sénégal et pour l’Afrique.

Le Sénégal n’a-t-il pas d’autre choix ?
J’insiste, il faut anticiper pour éviter le péril au Sénégal et en Afrique. C’est pourquoi, je salue le courage et la sérénité de la décision prise par le chef de service des maladies infectieuses. Il a choisi la bonne voie. Heureusement qu’il n’est pas aveuglé par la position du gouvernement français. Professeur Seydi je vous salue, je vous félicite, je vous soutiens et je souhaite que votre décision courageuse préserve le Sénégal du drame que vit la France. Un drame causé par un retard dans les prises de décision. Hier c’était trop tôt, mais demain ce sera trop tard. Vous avez raison professeur, la mise en œuvre du protocole du Professeur Didier Raoult c’est aujourd’hui. Et j’en profite pour dire au Président Macky Sall qu’il a une chance de réussir. Il faut non seulement qu’il soutienne sans réserve le professeur Seydi dans son choix comme il le fait parfaitement bien, mais encore trouve les moyens pour des tests massifs et une disponibilité de la chloroquine. Monsieur le Président je vous fais confiance et je sais que vous le ferez.

Le chef de service des Maladies infectieuses et son équipe ont commencé le protocole qu’ils vont généraliser dans toutes les structures qui prennent en charge les malades du coronavirus au Sénégal !

Oui, le professeur Seydi a choisi de commencer avec l’ hydroxychloroquine et déjà les résultats semblent prometteurs. Il anticipe et progressivement, gérant les risques, il va associer la deuxième molécule. Il a raison, il a mille fois raison. Mais attention, mes chers compatriotes, il n’y a pas d’automédication possible pour la prise en charge de cette maladie. Seuls les médecins peuvent prendre en charge cette maladie et ceux du Sénégal le font bien. La chloroquine est utilisée pour traiter d’autres maladies et il faut éviter d’acheter tous les stocks et de mettre ces malades qui ont besoin de ce médicament en difficulté. Monsieur le Président, les milliards qui sont annoncés doivent servir en priorité pour un dépistage de masse, un diagnostic et un traitement. Dépister, diagnostiquer, traiter, le professeur Raoult a raison.

maderpost

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