Internationnal Religion

La polygamie n’est pas qu’une question de nombre


En 2019, la population du Sénégal est de 16 209 125 habitants selon les prévisions de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), répartie en 8 140 343 femmes et 8 068 782 hommes. Soit seulement 71561 Femmes de plus que d’hommes, contrairement à la pensée ancrée que le nombre de femmes est le double celui des hommes.

Plus loin, on peut même s’apercevoir que la tranche d’âge masculine en âge de procréer dépasse celle féminine; précisément en ce qui concerne les femmes entre 15 et 49 ans qui sont au nombre de 3 798 868 contre 4 192 317 pour les hommes dans cette catégorie, âgés entre 15 et 65 ans  (il existe des hommes qui se marient au-delà de cet âge).

Au regard de ces statistiques, l’argument du nombre pléthorique de femmes s’affaisse et laisse place aux véritables raisons qui encouragent la contraction de plusieurs unions par les hommes. Parmi ces motifs, on note de prime abord, la possibilité qu’ont les hommes d’être polygame, des possibilités qu’autorisent aussi bien la religion musulmane (majoritaire au Sénégal) que la loi, notamment le Code de la famille sénégalais en son article 133, qui stipule: « Le mariage peut être conclu: – Soit sous le régime de la polygamie, auquel cas l’homme ne peut avoir simultanément plus de quatre épouses; – soit sous le régime de la limitation de polygamie; – soit sous le régime de la monogamie. Faute par l’homme de souscrire l’une des options prévues à l’article 134, le mariage est placé sous le régime de la polygamie ».

Ensuite, vient l’argument physiologique qui fait que la femmes entre en ménopause au plus tard à l’âge de 49 ans (sauf exception), alors que l’homme arrive à procréer jusqu’à très tard. La liste des vecteurs qui encouragent la polygamie n’est pas exhaustive.

En 2013, 35,2 % des ménages sénégalais se déclaraient polygames d’après l’ANSD contre 38,1 % en 2002 . Une baisse qui pourrait être liée aux cas répétitifs de scandales que provoque la polygamie (disputes, agressions et meurtres entre conjoints ou coépouses).
Cependant, des enquêtes plus récentes pourraient renseigner sur l’évolution de la pratique au Sénégal.

Sokhna Anta Ndiaye Leral

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.