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Ousmane Sonko : « Nous ne dialoguons pas, nous ne sommes pas intéressés… »


Le président de Pastef, Ousmane Sonko, a fait face à la presse ce mercredi au siège de son parti pour se prononcer sur les questions d’actualités. Sur le dialogue national dont le coup d’envoi a été donné, lundi au Palais de la République, Ousmane Sonko dit non et donne les raisons de son refus catégorique de s’asseoir autour d’une table pour dialoguer avec le président de la République Macky Sall.

C’est un Ousmane Sonko très en verve comme à l’accoutumée qui a fait face à la presse au siège de son parti, plein à craquer. Avec un franc parler dont il est le seul à détenir le secret et son sens particulier de tourner en dérision le président Macky Sall, le chef de file des patriotes est revenu sur ce qu’il appelle le « manque de sincérité de Macky Sall ».  Selon Ousmane Sonko,  » pour un homme de dialogue, il avait systématiquement et catégoriquement refusé de nommer une personnalité neutre pour l’organisation d’élections démocratiques libres et transparentes au Sénégal. Nous nous rappelons de son « douma ko def, douma ko def » (Je ne le fais pas, je ne le fais). Alors nous  lui répliquons : « douniou dialoguer, douniou dialoguer » (On ne dialogue pas, on ne dialogue pas). Ce n’est pas la peine d’envoyer tous les émissaires du monde, nous ne sommes pas intéressés par son dialogue ».

« Pour un homme de dialogue, il avait péremptoirement décidé le 1er mai de rompre avec la tradition sociale de concertation en assénant qu’aucune augmentation de salaires ne sera acceptable pour les travailleurs.  Voilà un homme qui se rend à l’élection présidentielle sans présenter dans son programme politique un projet institutionnel. Après le référendum constitutionnel de 2016 sur ses 15 mesures, après avoir imposé  de manière personnelle et unilatérale une réforme de la loi électorale pour instaurer son parrainage et après son passage en force électorale, il  a décidé d’une réforme constitutionnelle qui voit 22 articles de la Constitution être modifiés et avalisés par sa majorité mécanique parlementaire sans concertation et sans que personne n’ait vu venir », dénonce-t-il.

Il a rappelé la promesse de Macky Sall de réduire son mandat de 7 à 5 ans.  « On est au 3ème ou 4e essai après le dialogue mort-né de 2016 et 2018, sa trahison contre les conclusions des Assises de la Commission nationale des réformes institutionnelles (CNRI) », note Ousmane Sonko.

« Sonko ébahi de voir des acteurs qui se disent des Assises nationales se bousculer aux portillons du Palais »

Face à cette situation, le président de Pastef se dit « ébahi de voir des acteurs qui se disent des Assises nationales se bousculer aux portillons du Palais ». Qu’est-ce qu’on dit dans ce dialogue qu’on n’ait pas dit dans les Assises nationales qu’il s’était engagé à appliquer. On est en train de s’amuser avec le peuple sénégalais. On va perdre du temps et dépenser de l’argent pour satisfaire le desidarata et le projet funeste d’un homme », avertit Sonko.

Il rappelle que « la commission nationale de réformes foncières a déposé ses conclusion et Macky Sall a  mis le coude dessus. Les grandes assises de l’éducation, on a mobilisé tous les acteurs à Diamniadio, aujourd’hui rien ».

« Macky Sall dit, s’adressant à l’opposition, si on ne se réunit pas, des étrangers vont venir nous diviser et s’accaparer de nos ressources. Au-delà d’un aveu inquiétant d’un leader extrêmement faible qui n’est fort que lorsqu’il s’agit de mater de l’opposant et qui courbe l’échine devant les intérêts étrangers, je tiens à rappeler que c’est Macky Sall qui a vendangé toutes  nos ressources malgré nos alertes répétées. Il a sciemment signé  des contrats qui étaient extrêmement désavantageux pour le Sénégal et aujourd’hui il vient nous dire qu’il faut qu’on fasse attention sinon les étrangers vont venir prendre nos ressources. Ils ne viennent pas nous retirer nos ressources, il leur a déjà livré nos ressources. On doit lui réclamer et lui rappeler sa promesse de campagne de renégocier tous les contrats pétroliers et gaziers. Nous savons pertinemment qu’il n’ a pas le courage de le faire », accuse Ousmane Sonko.

« Espérons qu’il ne l’attend pas de la commission du Dialogue qu’il a instauré. Je ne vois pas qu’une commission qui n’a pas été élue par les sénégalais puisse aider à renégocier ces contrats. Voilà un homme qui n’a pas le courage de ses responsabilités et qui se défausse, sous prétexte de la nécessité de dialoguer, sur une commission où on retrouve tout et rien et qui est compétente en toute matière », raille-t-il.

Harouna FALL

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