Economie

Premier anniversaire du rappel à Dieu de l’imam Mamadou Pouye : « Fa tabaarakalahou »


Voilà un an, déjà !
Voilà que douze mois viennent de s’écouler, suite au rappel à Dieu de l’homme de Dieu exceptionnel que vous fûtes !
Voilà que cinquante – deux semaines se sont succédé à une vitesse étonnante que nous n’avons pas pu appréhender !
Voilà trois – cent – soixante – cinq jours que nous nous rendons compte que, physiquement, vous vous reposez au cimetière musulman de Yoff !
Voilà que nous ne doutons point de votre éternelle présence parmi nous !
Voilà que nous nous faisons une religion sur votre « immortalité » ! Le mot n’est pas trop fort, vu que la pérennité de votre silhouette emplit et garnit notre environnement.
Oui ! C’était, dans l’après – midi du deuxième dimanche du mois de ramadan de l’année 2018, durant la conférence religieuse annuelle que vous aviez l’habitude de diriger avec maestria, sise à la grande mosquée de Castors. Comme par fidélité à cette cérémonie qui vous était si chère, vous choisissez de rejoindre tranquillement le Seigneur, à cet instant t. Pour cette année 2019, l’anniversaire coïncide avec la date du dimanche 19 mai 2019.
Oui ! Durant le mois béni de Ramadan, vous nous quittiez, de votre lit de l’hôpital de FANN, laissant un vide grandiose, nous privant de vos speechs truffés de « khaala Lahou – khaala Rassoulilahi » dont nous raffolions, toujours débutés par votre tic si significatif « Fa tabaaraka lahou », par une belle voix charriant une courtoisie exquise. Imam Mamadou POUYE,  c’est notre foi qui nous a rassurés que vous avez quitté ce bas – monde. De par nos naturelles imperfections d’êtres humains, nous ne saurions pouvoir nous soustraire aux questions si banales et si frivoles relatives à votre voyage dans l’au – delà, qui est tout de même vrai, mais aussi invraisemblable, car votre imamat fut si atypique et si symbolique.
Oui ! Votre silhouette emmitouflée dans vos habits de lumière avec  le Coran à la poitrine, se perçoit encore, comme en réalité, déambulant d’un pas lent et mesuré, dans les méandres de nos quartiers orphelins de votre disparition, et qui souffrent toujours de l’absence de vos captivants discours, à l’occasion de mariages, de conférences religieuses, de cérémonies autres ou de récitals de coran durant lesquels, votre lecture de la parole divine faisait la différence, à travers cette belle voix plus ou moins nasillarde, qui vous distinguait.
Oui ! Imam, en ce premier anniversaire d’outre-tombe, vous pouvez, comme nous autres, mesurer l’immensité de votre absence tant au niveau de la grande mosquée de Castors que dans les foyers de ces quartiers riverains. La nostalgie de votre sermon si d’aplomb, axée sur le Coran et la Souna du prophète Mohamed (psl) distribuée dans l’éloquence et la générosité inhérentes à votre personnalité intrinsèque, demeure une réalité dès lors que vous fûtes l’un des piliers de beaucoup de ménages, voire de la convivialité de toute notre communauté.  
Oui ! Imam, difficile nous est – il d’oublier les propos empreints de sagesse de l’humble exégète dont le comportement sur terre rappelle celui du soldat de Dieu et que vous aimiez chanter comme une ritournelle, sur la lancée de ces expressions pédagogiques qui faisaient votre marque et auxquelles nous étions si habitués. Nous les entendons encore raisonner dans nos tympans tant la solennité du verbe utilisé, ne laissait personne indifférent.
Oui ! De l’observance de l’entrée dans la mosquée de la délégation des imams pour diriger la prière du vendredi, nous remarquons toujours votre absence et la présence de votre grand – frère, autre que l’imam Ratib, El Hadj Ibrahima POUYE, je parle de l’imam Doudou POUYE, un autre érudit. Oui, car chez vous, l’imamat est une affaire de famille. Toutefois, comme je l’ai évoqué supra et comme d’aucuns l’affirment, votre ombre plane encore majestueusement dans ce temple religieux auquel votre personne fait corps avec.
Oui ! Imam, ce qui est effarant chez vous et qui fait la singularité d’un pan de votre passage sur terre et qui doit nous servir de leçons, c’est que dès l’évocation de votre nom, émanent de la bouche de personnes d’horizons divers et d’âges différents, cette rengaine : « C’était mon ami et confident. ». Tant vous fûtes le confident et l’ami de tous ; ce qui est attesté par les propos des fidèles alignés en rangs serrés, en procédant à la prière mortuaire, devant votre domicile, lors de la cérémonie de levée de votre corps, avant de vous accompagner à votre dernière demeure. Une cérémonie unique dans l’histoire de notre commune.
Oui ! Imam, notre conviction dans l’adage : « Le bienfait n’est jamais perdu. », s’est fortifiée dans la méditation de votre œuvre, de votre comportement, j’allais dire de vos soixante quinze ans d’existence. Allah SWT nous administre encore la preuve de cette maxime depuis votre « disparition », car rien que l’évocation de votre nom engendre le débat dans nos foyers, chaumières, grand’ places et autres. Vous êtes un cas d’école, à moins de n’être une école. Oui, une école, en ce sens que parler de vous, est synonyme de dissertation sur le profil du musulman ; je dis du musulman dans toutes ses facettes.
Oui ! Imam, comme l’enseigne le Coran dans la sourate 67 : « Al Moulk » ou « La Royauté », verset 2  –  « Alezii khalakhal mawta wal hayaata liyablouwakoum ahssanou hamalane wa houwal haziizoul hafourou. », c’est-à-dire, « Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver ( et de savoir) qui de vous est le meilleur en œuvre, et c’est Lui, Le Puissant, Le Pardonneur » –  , la mort a emporté votre âme, en ce jour de deuxième dimanche du mois de ramadan, le 27 mai 2018, dont nous commémorons l’anniversaire, ce dimanche 19 mai 2019, par ce rituel, traduisant le décret divin. Nous avons retenu qu’elle vous a transporté, dans la force de la sagesse, au moment où, ici – bas, nous avions, vraiment, encore besoin de vous, au vu de cette foultitude de raisons relatées ci – dessus. Hélas, nous avions oublié que ce sont toujours les meilleurs qui partent les premiers ; alors que vous en fûtes.  
Oui ! Imam, nous devinons, à juste raison d’ailleurs, le vide que vous avez laissé dans votre famille, à l’image de celui constaté à la mosquée, voire dans la Ummah. Et c’est logique, que de votre progéniture, il est fréquent d’entendre une voix dire sans ambages qu’elle n’arrive pas à faire votre deuil, énumérant tout un chapelet d’actions à votre actif comme pour rappeler, à présent que vous n’êtes plus là, la voie que vous leur avez tracée, cette boussole qui indique le droit chemin ; je dis la pédagogie par l’exemple.
Oui ! Imam, nous vivons et voyons votre œuvre, présente dans notre quotidien tel un bloc de basalte. Votre démarche sous – tendue par les désidératas des populations de tout bord, si peu qu’elles éprouvent le besoin d’user de votre savoir ou de vos conseils avisés, au regard du livre saint ou de la « Souna », augure de toutes ces marques de sympathie exprimées par les associations de toutes obédiences via les cérémonies religieuses, faisant de vous, imam Mamadou POUYE, leur Parrain attitré. Votre famille peut témoigner de l’important nombre de parrainages à vous dédiés, comme toutes ces cartes d’invitation portant votre effigie.
Oui ! Imam, c’est votre labeur qui s’est symbolisé à une vie de sacrifices, au profit de l’autre. Oui, nous comprenons, aujourd’hui, que vous vous êtes mis en retrait, que ce sont vos redevables qui sont en train de payer à votre descendance – Diop, Lamine, Ndeye Anta, Babacar, Tabara, Mohamed et j’en passe  – et à vos proches cette dette de gratitude et de reconnaissance eu égard aux multiples services que vous leur avez rendus, de gaieté de cœur, dès lors qu’il s’agissait de choses inhérentes à l’islam.
Oui ! Imam, à l’heure du bilan de votre vie, nous croyons dur comme fer, qu’on ne récolte que ce que l’on a semé. Or donc, votre famille, pour n’en citer que votre première épouse madame Salimata NDIAYE, est en train de récolter les graines de vos semailles, parce que vous avez été debout pour porter l’étendard de l’islam, partout où le besoin s’est fait jour, et « fii sabiili lahi », s’il vous plait, n’en attendant que la rétribution du Tout – Puissant.
Oui ! Imam, vous avez vécu en vous abandonnant à Dieu, ce qui s’est traduit par la démultiplication d’actes posés, parcimonieusement, dans la voie tracée pour ses Élus, ceux dont il est dit dans le livre  saint, qu’ils sont les futurs bénéficiaires des délices des jardins du paradis. Ceux qui, d’outre- tombe, aimeraient  bien en parler aux gens d’ici – bas.
Oui ! Imam, de votre disparition, nous avons appris la véracité de cette maxime wolof : « ku déé wééru » ; bien vouloir comprendre : « Qui meurt, s’expose. ». Le nombre astronomique de vos exemplaires du coran et de livres autres afférents à la science religieuse, qui ont fait l’objet de partage et de dons entre les membres de votre famille et de vos proches – j’en suis – , prouve la passion de la recherche qui anime les hommes assoiffés de savoir, les érudits.
Oui ! Imam, ce propos n’est que le modeste hommage d’un obligé qui vous a pratiqué, à bas âge, qui vous a vu évoluer, de la trentaine à l’âge de la sagesse. Quelqu’un qui vous doit fidélité et reconnaissance, comme tant d’autres, et qui souhaite partager ce témoignage avec vos familles biologique, religieuse, géographique, voire avec toute la Ummah.
Au demeurant, il y a des disparus qui par leur exemplarité, s’inscrivent dans l’émulation. Ce sont les références. Je parle des grands hommes. Vous en fûtes ; à fortiori homme de Dieu.
« Innalilahi wa inna ileyhi radj’un »
Que la terre vous soit légère !          
                                                            « Fa tabaarakalahou »
Mame Abdoulaye TOUNKARA
Citoyen de la commune de Dieuppeul – Derklé
 

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