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Retrait des passeports diplomatiques: Un cadeau empoisonné pour Amadou Ba


C’est la mesure la plus mise en exergue dans les comptes rendus de presse du Conseil des ministres de ce mercredi 17 avril 2019: Le président de la République, Macky Sall, a «instruit le Ministre des Affaires étrangères à mettre en place de nouveaux passeports diplomatiques, en vue d’une plus grande rationalité dans leur octroi», précise le communiqué, qui met ainsi un terme à la validité de ces titres de voyage privilégiés, souvent objet de moult convoitises.
Il est de notoriété publique que, hormis les ayants-droits, connus de tous, pour avoir comme point commun d’être encore en exercice dans de hautes fonctions gouvernementales, diplomatiques, parlementaires et militaires, la prorogation ou le renouvellement dudit passeport, délivré à des citoyens en raison de leurs fonctions officielles antérieures, est régi par le décret n°78-021 du janvier 1978 (modifié par la loi n° 90-934 du 27 août 1990). Ce décret énumère expressément ces personnalités pouvant (si tant est qu’elles en formulent la demande) prétendre audit passeport : les anciens chefs d’Etat; les anciens chefs de gouvernement; les anciens ministres des Affaires étrangères.
Le chef de l’état en exercice ayant toujours le dernier mot, après avis du ministre chargé des Affaires étrangères. Sinon, AUCUNE autre personnalité ayant précédemment occupé des fonctions étatiques n’est prévue par le décret. Même les anciens président d’institutions (Assemblée nationale, Sénat, etc.,) et les anciens ministres ne sont pas des ayants-droits. Ils ne peuvent obtenir un passeport diplomatique que sur DÉROGATION SPÉCIALE accordée par le président de la République, seul habillé à cet effet.
Une œuvre humaine n’étant jamais parfaite, ce décret peut bien être amélioré. Mais, il n’empêche que dans un pays aussi «turbulent» que le nôtre, il n’est pas inutile, de temps à autre, de donner un énergique coup-de-pied dans la fourmilière, pour remettre les compteurs à zéro. Car, c’est révéler un secret de Polichinelle que de dire que ce précieux document de voyage fait souvent l’objet d’un trafic honteux, sous nos cieux. Où il peut se monnayer sous le manteau (même à des non-Sénégalais) entre 2 et 6 millions de francs cfa.
Et le drame est que les «récipiendaires» n’en font pas souvent un usage catholique. Tout le monde se souvient de cette scandaleuse découverte du cadavre d’une Chinoise de 32 ans, repêché sur les berges de la Seine, en France, le 31 juillet 1998, et qui portait curieusement par devers elle un passeport diplomatique sénégalais (délivré à Dakar le 24 décembre 1997). L’autopsie révéla qu’elle avait reçue 9 coups de poignard !
Cette rocambolesque histoire de passeport diplomatique sénégalais retrouvé sur un cadavre chinois, et qui faisait les choix-gras de la presse française – qui n’hésitait pas à parler de «collusions entre mafia chinoise et hauts dignitaires du Sénégal» – avait indigné de nombreux compatriotes.
C’est pour cela que des mesures inopinées, à l’instar de celles que vient de prendre le chef de l’État, ne sont pas tout-à-fait inutiles, pour couper l’herbe sous les pieds à d’éventuelles manœuvres indélicates, qui pourraient encore ternir l’image de notre pays à l’étranger. Par contre, la dérogation présidentielle pourrait bien inclure les maires, les présidents de conseils départementaux, les khalifes généraux, et le chef de l’Église catholique. Mais surtout ces patrons des élus locaux, qui se verront conférés plus d’efficacité dans leurs déplacements internationaux, dans le cadre de la «coopération décentralisée»

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