Politique Texto

On s’aime, mais on ne vote pas pareil


Chez la famille Diop, à quelques jours de la présidentielle, on partage tout sauf les idées politiques. Et cette période de campagne électorale 2019 n’est pas pour arranger les choses. Dans ce jeu de séduction des candidats pour charmer les citoyens à travers des discours électoralistes, chez la famille Diop si l’un lorgne à gauche, l’autre se contente de regarder du côté opposé. Dans cette famille (et certainement dans beaucoup de ménages sénégalais), le couple partage certes le lit, mais n’épouse toujours pas les idées du conjoint. Chez les Diop par exemple, le mari est Makyste et personne d’autre n’a le droit de critiquer les actions du candidat Macky au risque de s’exposer à des représailles et pendant ce temps, l’épouse elle, défend bec et ongles son  « candidat » emprisonné Khalifa Sall et à défaut de pouvoir voter pour lui, elle est allée se ranger derrière le  candidat Idrissa Seck pour déboulonner Macky Sall qui selon elle, n’a rien fait que torpiller la constitution en foulant au pied les règles élémentaires de la démocratie et en emprisonnant de potentiels adversaires politiques. Un dialogue de sourd muet entre époux.
Au même moment, le cœur de la  fille du couple Diop balance pour Me Madicke Niang, alors que son mari le gendre de ses parents partage les valeurs du candidat du PUR Issa Sall. Et le fils cadet de la maison lui, est sensible à la question de l’anti-système avec le candidat Ousmane Sonko. Autant dire que dans cette famille Diop, la vie privée des convictions : politique-affectivité et intimité tire à résonance sur la table de la discorde et du désaccord. Si les uns pestent sur les lourdeurs, failles ou manque de programme d’un tel candidat à la présidentielle, les autres s’exposent à des clashes, surtout quand il s’agit de décrypter les personnalités politiques. Ah la famille, c’est encore plus ennuyeux et douloureux à vivre pour ceux qui n’aiment pas la politique à devoir supporter les vociférations des uns et des autres, surtout lors des déjeuners dominicaux quand la parentèle élargie se retrouve et se met à parler de la gestion des affaires de la cité. Le gendre paie parfois les frais des boutades de ses beaux parents, le fils quand il défend et parle de Sonko, les autres ont l’impression d’avoir un coup dans le nez et ça part parfois en vrille. Et les soirs d’élection sont toujours émaillées de tensions chez la famille Diop. Comme quoi aimer ce n’est pas toujours regarder dans la même direction, comme le pensait Saint Exupéry…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.